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Est-ce que vous pourriez vous passer de votre voiture?
Selon Transports Canada (TC), c’est environ un tiers des ménages montréalais qui ne sont pas motorisés alors pour eux, c’est apparemment possible de vivre sans voiture — il va de soi que la majorité de ces ménages sont constitués d’individus qui peuvent compter, en cas de besoin, sur des parents ou amis qui, eux, ont un véhicule mais ça, le gouvernement n’en parle pas.
Enfin bref, un mouvement mondial appelé « En ville sans ma voiture » (débuté en France, en 1998) est repris par l’Agence métropolitaine de transports (AMT) du 20 au 24 septembre, 2010, afin de sensibiliser les montréalais aux problématiques liées à l’automobile.

Bien qu’une certaine sensibilisation ait sa place, cet évènement —payé à même les fonds publics— ne donne préséance qu’aux arguments contre la motorisation des citoyens alors pour rétablir, un tant soit peu, l’ordre actuel des choses, voici quelques éléments dont il faut tenir compte lorsqu’on tente de faire le procès des automobiles et par extension, de ceux qui les utilisent.
En fait, il y aurait tellement de choses à dire EN FAVEUR des automobiles que ce billet ne sera pas assez long pour tout accommoder mais il est tout aussi vrai que l’état actuel des technologies utilisées dans nos véhicules doit évoluer pour refléter les préoccupations des gens, incluant les automobilistes eux-mêmes, en regard de la pollution et du bruit.
Il importe aussi de noter que le transport en commun tire l’essentiel de son financement des poches des automobilistes qui, par leur contribution, font diminuer le coût « perçu » des transports collectifs par un facteur de 3 ou 4. Actuellement, les billets unitaires de l’AMT coûtent entre 4$ et 5,50$, selon la zone desservie. Ouch!
Idéalement, il faudrait optimiser l’actuelle cohabitation des modes de transports privés et collectifs.
Pour ce faire, nous pourrions penser à un modèle où la simple présentation d’un permis de conduire valable, du Québec, donne un accès sans frais aux transports en commun (quitte à augmenter le coût du permis de conduire de quelques dizaines de dollars, par année).
Aussi, il faudrait penser à un modèle où les autobus des banlieues sont plus petits et pour lesquels le parcours peut être mieux adapté à la réalité de chaque quartier (aller dans les rues où les usagers se trouvent, par exemple).
Pour bien servir les citoyens, il faudrait aménager des parcs de véhicules électriques pour les très courtes distances… soit avec des voiturettes de golf ou des Segway.
Il n’y a pas que le vélo qui puisse contribuer à améliorer notre qualité de vie. Il n’y a pas non-plus que les transports en commun. Il nous faut penser aux automobiles en tant que solution et non pas en tant que problème.
En changeant notre perspective concernant l’automobile, nous nous donnons la latitude morale pour améliorer quelque chose qui fonctionne déjà bien et qui, avec un peu d’imagination, pourrait fonctionner encore mieux.
Sous prétexte de vouloir « vivre en ville sans sa voiture », il ne faudrait pas perdre de vue l’apport incroyable de l’automobile, dans nos vies, directement ou indirectement.
Tags: voiture, automobile, automobilistes, montréal, québec, amt, transports canada, vivre en ville, sans ma voiture, 2010, 20 au 24 septembre 2010, activités, sensibilisation, lobby, intérêts privés
La mort de Claude Béchard, à l’âge de 41 ans, a secoué le Québec.
Décédé des suites d’un cancer du pancréas, il laisse sa famille et des amis dans le deuil. C’est d’ailleurs l’aspect humain de son départ qui ne laisse aucun Québécois indifférent à la perte de ce politicien provincial réputé pour son entêtement, sa fougue et sa passion pour la politique.

Comme il a passé ses 13 dernières années de vie à servir dans l’équipe libérale de Jean Charest, il peut être intéressant de publier sa dernière bataille, à l’Assemblée nationale.
Il affrontait Pauline Marois qui réclamait —et réclame toujours— une enquête publique sur les scandales qui auraient cours dans le domaine de la construction, au Québec.
Voici ce qui s’est dit, à l’Assemblée nationale, au moment de la 39e législature, 1re session, le vendredi 11 juin 2010:
[...]
Mme Marois: Merci, Mme la Présidente. Alors, Mme la Présidente, le geste que nous posons aujourd’hui, il est très lourd de sens. Une motion de censure présentée au dernier jour de la session, est-ce qu’on a déjà vu ça dans cette Assemblée? Une situation exceptionnelle qui commande des moyens exceptionnels. Et la situation que nous vivons, malheureusement elle est exceptionnelle, et pas dans le bon sens.
** (12 h 20) **
Ça a été une session parlementaire très difficile, difficile pour le gouvernement, qui, au-delà des questions d’éthique, s’est retrouvé incapable de bouger dans le sens attendu des Québécoises et des Québécois. Donc, en conséquence, ça a été une session difficile pour les Québécois. Et, je peux bien le dire, elle fut difficile pour nous, à l’opposition, parce que nous partageons la colère des Québécois. Nous n’aimons pas ce qui arrive actuellement au Québec, nous ne sommes pas venus en politique pour ça. Nous sommes venus en politique pour faire respecter la démocratie.
Les Québécois nous ont confié un mandat, c’est celui de surveiller le gouvernement, de lui demander des comptes sur ce qu’il fait, mais de lui demander des comptes aussi sur ce qu’il ne fait pas. Et, aujourd’hui, comme opposition officielle, nous n’avions pas d’autre choix: nous relayons ici même le message des Québécoises et des Québécois qui, de façon presque unanime, ont perdu toute confiance envers ce gouvernement. Et il y a plusieurs raisons à cette méfiance qui s’est instaurée.
Le premier ministre, les membres du gouvernement libéral en font parfois le reproche à l’opposition, le roi est nu, et nous devrions le cacher. Que souhaitent-ils? Que nous nous fassions complices de leur incurie? On a dit, on a écrit beaucoup sur le climat qui a prévalu en Chambre, ces derniers mois. Les chroniqueurs, les analystes ont distribué les blâmes, se sont assurés d’ailleurs de les répartir. Nous, de l’opposition, et contrairement au gouvernement, nous sommes capables de reconnaître les conséquences de notre action.
Mais il y a une chose sur laquelle tous les chroniqueurs, analystes, éditorialistes se sont entendus: le climat politique actuel malsain est causé par le refus du premier ministre de tenir une commission d’enquête publique sur l’industrie de la construction, et ce, en raison des révélations des derniers mois. Dans tous les médias regroupant l’ensemble du spectre politique, c’est le constat que chacun est forcé de poser parce que les raisons évoquées par le gouvernement pour refuser cette enquête, elles ne tiennent pas, Mme la Présidente. Les enquêtes policières, nous les appuyons. Elles ne suffisent pas, les policiers eux-mêmes sont venus le dire devant cette Assemblée. Les lois adoptées? Je le disais au premier ministre ce matin, on ne peut pas administrer un remède sans avoir identifié d’abord la maladie.
Or, ce gouvernement a agi dans la précipitation. D’ailleurs, c’est souvent comme ça, avec le gouvernement. Son action n’est jamais motivée par une vision à long terme mais par son besoin de survivre à la journée. Ce n’est même pas un gouvernement à la petite semaine, Mme la Présidente.
Vous le savez, le climat actuel porte ombrage à l’ensemble d’une industrie majeure, importante, mais porte ombrage aussi à nos institutions. Pensez aux élections municipales qui se sont tenues dans un climat malsain, ce qui a donné lieu à une désaffection record. Des allégations, des menaces de violence sur les chantiers, on se croirait revenus aux années soixante-dix. Encore hier, l’annonce de l’attentat sur la voiture du directeur général de la FTQ-Construction a de quoi inquiéter. Dans un tel contexte d’ailleurs, Robert Bourassa avait appelé la commission Cliche. Et les révélations continuent actuellement, se poursuivent, notamment quant à la Commission de la construction du Québec, parce que les soupçons atteignent maintenant le gouvernement libéral, sa gestion et le mode de financement de son parti politique.
Le nombre de contrats octroyés sans appel d’offres a explosé au ministère des Transports. Des ministres ont dit qu’il était tout à fait normal que des entreprises puissent donner à leur parti politique. L’un d’entre eux a admis que chaque ministre se voyait fixer un quota de financement de 100 000 $, se mettant à risque, on en conviendra, Mme la Présidente.
Un ancien Procureur général du Québec est venu dire que certaines nominations de juges étaient décidées par de grands donateurs du Parti libéral. L’un d’entre eux a répondu que c’était tout à fait normal, qu’il était même déjà intervenu au sujet d’autres nominations. Au même moment, nous avons découvert que le montant annuel des contributions reçues par le gouvernement, par le parti gouvernemental doublent selon qu’il soit au pouvoir ou dans l’opposition.
En parallèle, nous questionnions le gouvernement sur un tout autre sujet: l’octroi de places en garderie. Ici, on a eu droit à du grand vaudeville. D’abord, je veux saluer le travail remarquable effectué par le député de Gouin. Ce n’était pas facile. Lorsqu’il a questionné le ministre sur le fait que des gens siégeant sur son association de comté, contributeurs du Parti libéral, avaient reçu des places en garderie, il a déclaré, et je cite: Nous avions le racisme dans notre parti. Ça, c’est le ministre de la Famille, député de LaFontaine, qui a dit cela. Aucune explication par ailleurs sur les évaluations négatives que ces projets de garderie, que ces demandes avaient reçues. Aucune explication sur le fait que presque tous les gens qui recevaient des places devenaient spontanément contributeurs libéraux. Nous avons continué à soulever des questions.
Les révélations sur les garderies à vocation religieuse sont un autre exemple d’un gouvernement qui dit une chose, fait son contraire. Le ministre nous traite encore une fois de racistes, trouve que tout est normal, mais change son fusil d’épaule le lendemain. Ce n’est pas le seul changement auquel on a eu droit. Le ministre, qui disait que tout allait bien avec le système un jour a décidé de revenir à l’ancien système qui prévalait sous le gouvernement du Parti québécois et qui convenait à tout le monde le lendemain. Il y a sacrifié ce qui lui restait de crédibilité. Rendu là , ce n’était qu’une question de temps. Pourtant, tous les députés libéraux ici présents se levaient encore en Chambre pour l’applaudir à tout rompre. Voyez où il se trouve maintenant.
On a fini par trouver un moyen de l’évacuer en brandissant une carte de crédit pour acheter la paix, une carte de crédit de la firme BCIA, une firme qui a beaucoup de liens, d’ailleurs, avec le gouvernement libéral, une firme qui a bénéficié des fameux FIER du gouvernement libéral alors qu’elle était au bord de la faillite, une firme qui bénéficie d’un accès au ministre de la Sécurité publique qui fait l’envie même des policiers et des procureurs de la couronne.
La rétrogradation du député de LaFontaine n’a rien changé. La ministre continue de refuser de publier les évaluations, continue de ne pas répondre aux questions. Dans le dossier des garderies, que ce soit le député de LaFontaine ou la députée de Nelligan qui soit aux commandes, la situation est la même. Pourquoi j’insiste sur ce dossier, Mme la Présidente? Parce qu’il illustre parfaitement le comportement systématique de ce gouvernement quant à tous les autres dossiers.
Et, dans le cas de la commission d’enquête sur l’industrie de la construction, ces liens avec l’octroi de contrats et le financement des partis politiques, le premier ministre, le gouvernement, les membres de ce gouvernement refusent de répondre aux questions, tentent de discréditer l’opposition pour faire diversion. Nier, nier tant que l’on peut encore le faire, annoncer un geste insignifiant pour faire diversion encore une fois puis recommencer encore et encore, mais surtout ne jamais répondre franchement, ne jamais faire la lumière, ce comportement, de la part du gouvernement, il est récurrent, il est systématique. Et c’est une autre raison qui nous amène à exprimer le retrait de la confiance des Québécois à l’égard du gouvernement, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Houda-Pepin): Alors, merci, Mme la chef de l’opposition officielle. Je reconnais maintenant M. le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Réforme des institutions démocratiques. M. le ministre, vous avez huit minutes.
M. Claude Béchard
M.  Béchard  : Oui, merci, Mme la Présidente. C’est avec beaucoup de plaisir qu’au nom du gouvernement je vais répondre à cette motion de censure. Mes premiers commentaires, c’est: Que de boue lancée en si peu de temps par quelqu’un qui veut prétendre au poste de premier ministre du Québec! Je vous dis, Mme la Présidente, tout ce qu’on a eu droit pendant huit minutes, c’est des accusations, du lancement de choses d’un bord et de l’autre. Moi, je suis en train de penser qu’elle était en train de secouer son foulard blanc puis qu’elle enlevait tout ce qui était tombé dessus depuis qu’elle l’a sorti, il y a deux semaines, tellement il y avait de la boue dessus puis qu’elle essayait d’arroser tout le monde.
Mais, Mme la Présidente, les gens, les Québécois voient clair aussi, là . Quand elle disait, en commençant son discours: En qui les gens ont-ils perdu confiance?, est-ce qu’ils ont confiance, les gens, en un gouvernement qui veut faire le ménage, qui prend les mesures pour faire le ménage et qui fait le ménage ou encore en une opposition qui, à chaque fois qu’ils dénoncent quelque chose, ils se retournent de bord puis ils se rendent compte, ils disent: Aïe!, c’est vrai, c’est nous autres qui avons fait ça ou ça a un lien avec nous autres?
** (12 h 30) **
Elle est en train d’accuser, Mme la Présidente, la chef de l’opposition, l’ensemble du secteur de la construction au Québec en disant qu’à peu près tout le monde et leurs cousins sont pourris, sont croches et sont dans des magouilles. C’est à peu près ça qu’elle nous dit ici aujourd’hui. À la FTQ, elle disait: C’est quelques individus seulement. Quand les portes sont closes, c’est drôle, ce n’est pas le même niveau de langage qui est là . Et, en plus, elle vient nous dire que le niveau de langage ici, à l’Assemblée, le comportement n’est pas digne, ou quoi que ce soit. Pour plusieurs collègues, là , depuis 2003. On a vu passer des gens comme M. Landry, M. Boisclair, Mme Harel, M. Gendron, on n’a jamais atteint le niveau qu’on a aujourd’hui. Probablement que c’est l’engagement qu’elle-même avait fait, le 14 avril 2003, qu’elle en brasserait. Bien là , elle en brasse, et ça donne le résultat qu’on a aujourd’hui ici, à l’Assemblée nationale.
Mais, plus que ça, pour revenir dans les mesures qui ont été prises, comme telles, par notre gouvernement, sur la construction, sur les autres secteurs, je veux juste en prendre quelques-unes, que ce soit au niveau du Conseil du trésor, où on a amélioré les mesures pour s’assurer de l’intégrité des entreprises avec lesquelles on travaille, on a une nouvelle politique pour donner aux ministères et organismes gouvernementaux des lignes de conduite à suivre dans le cadre de processus d’appel d’offres, Revenu Québec, qui augmente les contrôles fiscaux relatifs au secteur de la construction, les Affaires municipales, qui ont déposé un projet de loi, le projet de loi n° 76, qui a été déposé le 1er mars 2010, le ministre du Travail, le projet de loi n° 73, qui a été déposé, la ministre des Transports a annoncé une série de mesures aussi, et, moi, j’ai eu l’occasion de déposer le projet de loi… un projet de loi, à l’époque, qui a été rescindé en deux projets de loi, dont le projet de loi n° 93 pour améliorer le financement des partis politiques, toutes des choses qui ont été faites ou qui sont en cours. Alors, au lieu d’attendre d’avoir une commission, un spectacle, un show qui va donner des résultats dans un an, dans deux ans, on est déjà à l’action, on est déjà sur le terrain.
Alors, c’est à croire… Qu’est-ce que veulent les gens d’en face? Que les comportements continuent, qu’il y ait des comportements illégaux, qu’il y ait des choses qui ne sont pas correctes qui continuent de se faire? Si c’est ça qu’ils veulent, c’est sûr que le meilleur moyen, c’est de tout arrêter, puis faire une seule commission d’enquête, puis dire: Tout est là , puis les autres vont continuer de courir puis avoir des comportements qui sont illégaux. Puis ce n’est pas ça qu’on veut, nous. Et ça, mes collègues l’ont mentionné à plusieurs reprises dans les dernières semaines, dans les derniers mois. On l’a dit et on le redit, nous voulons de l’action maintenant, on veut passer à l’action maintenant.
Mais, le plus drôle, Mme la Présidente, à deux ou trois niveaux qu’on a relevés, entre autres quand on parle de garderies… Souvenons-nous, à l’époque, en 2001… 2000, 2001, 2002, 2003, notre collègue de Notre-Dame-de-Grâce, à l’époque, qui se levait à chaque fois en demandant au gouvernement péquiste, à l’époque, de dire: Ça prend des places. Ça prend des places pour les enfants. Arrêtez d’être dogmatiques, d’être contre le privé, d’être contre tous ceux qui ne sont pas dans votre dogme, de dire que c’est des CPE que ça prend, point. Et ce qu’on se faisait dire, c’était non. Ils sont même allés jusqu’à couper les allocations familiales, ce qui faisait qu’il y avait deux sortes de familles au Québec, ceux qui gagnaient à la loterie d’avoir une place en CPE, en garderie subventionnée, puis toutes les autres, qui n’avaient plus rien. C’était ça, votre régime. C’était exactement ça, votre régime. Vous avez beau lever les bras en l’air, c’était exactement ça que vous faisiez.
La Vice-Présidente (Mme Houda-Pepin): M. le ministre, s’il vous plaît, vous vous adressez à la présidence.
M.  Béchard  : …et, Mme la Présidente, c’est exactement ça qui se passait. Qu’est-ce qu’on a fait quand on est revenus? Oui, on a ouvert au privé. Oui, on a ouvert davantage au familial. Mais en plus on est arrivés avec un retour de Soutien aux enfants, d’aide pour toutes les familles du Québec, ce qui a fait en sorte qu’on a été proclamés le paradis des familles, au Québec.
Alors, je ne comprends pas qu’aujourd’hui, si ce n’est que parce qu’ils sont encore philosophiquement contre le secteur privé… cet acharnement-là sans arrêt pour essayer de trouver une bibitte quelque part puis un problème quelque part. Mais ça, c’est devenu plus philosophique et dogmatique que réel. Tant mieux! C’est leur problème. Ils en répondront aux parents. Ils choisissent le salissage plutôt que les places pour les familles, et ça, c’est leur choix.
Mais le plus drôle de tout, le plus drôle de tout, Mme la Présidente, c’est quand, en face, là , on s’en vient avec des foulards blancs nous parler de financement et de financement de parti politique, et là de supposés complots, d’organisation entre le Parti libéral… puis tout ça. Je vais vous dire une chose, votre foulard, il en a mangé une dans les dernières semaines, là .
Moi… Écoutez, ce n’est pas un ministère de la souveraineté que ça vous prendrait, c’est presque un ministère de la parenté. Ce serait le seul ministère… D’après moi, il rentrerait plus d’argent qu’il en sortirait. Parce que ce qu’on a découvert dans les dernières semaines… Puis je ne porte pas d’accusation, là , le DGE est en train de vérifier tout ça. Mais le système qu’on est en train de découvrir ou ce qu’on est en train de voir, c’est que c’est une organisation où la parenté prend beaucoup de place.
Et ce n’est pas plus logique de dire que quelqu’un a le droit de donner de gros montants quand il travaille dans un club vidéo puis il donne 2 000 $, 3 000 $, 1 700 $, 1 725 $. J’aimerais ça… J’ai presque envie de… En tout cas, je vais le dire à mes enfants, si, à un moment donné, s’ils ont envie d’aller travailler dans un club vidéo, avoir l’adresse, ils vont aller porter leurs CV. Ça a l’air à être un bon club vidéo, où ça fonctionne bien. Mais là on va vérifier tout ça, le DGE va vérifier tout ça.
Mais c’est la bonne vieille théorie de l’arroseur arrosé. On essaie de blâmer tout le monde, puis, à un moment donné, woup! c’est sur ton foulard que ça tombe. Bien là , qu’est-ce que tu fais avec ton foulard? Bien, tu fais comme aujourd’hui, tu essaies de le nettoyer, là , la dernière journée de l’Assemblée nationale, puis d’envoyer ça sur tout le monde, puis de friser ça sur tout le monde, alors qu’on sait, en bout de ligne, que finalement c’est une façon qui a été probablement trouvée pour financer la famille. Moi, ma famille m’aime beaucoup aussi, mais, au party de Noël, là , même quand on se dit: Cette année, là , le party de Noël, pour ne pas se casser la tête, là , on va se donner ça en argent; je n’ai jamais eu de gros montant de même!
Des voix: Ha, ha, ha!
M.  Béchard  : Je n’en ai jamais eu. Peut-être, c’est pour ça que, cette année, j’ai dit: Donnez-moi pas ça en argent, essayez de trouver quelque chose, là . J’aime mieux trouver ça, quelque chose comme ça, parce que, sinon, j’aimerais ça, moi, être invité à ces partys de Noël là et pouvoir profiter de ces cadeaux-là .
Mais ce qu’il y a de plus ironique dans tout ce qui est sur la table présentement, pour parler de cette enquête-là qui est demandée sans arrêt, c’est qu’on dirait que les gens d’en face ne veulent pas que la vérité sorte, ne veulent pas que les comportements illégaux prennent fin, que, s’il y a des gens qui font des choses illégales, on les arrête. Ils n’en veulent pas de ça. Ce qu’ils veulent, c’est créer un climat où la méfiance… où on va faire croire que tout le monde est croche, que tout le monde est de travers, que le milieu de la construction est tout de travers… puisse se continuer.
Mais la meilleure façon, je vous dirais, de conclure cette session-ci: les gens d’en face, depuis des mois demandent une commission d’enquête, demandent qu’on fasse des vérifications, demandent au DGE de vérifier, bien, ils sont en train d’en avoir une, puis ça porte sur la chef de l’opposition. Alors, je ne suis pas sûr que c’est ce qu’ils souhaitaient en commençant à demander des enquêtes, mais le résultat actuel, c’est que, oui, il y en a, des enquêtes, puis ça porte sur la chef de l’opposition. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Houda-Pepin): Alors, compte tenu…
Des voix: …
La Vice-Présidente (Mme Houda-Pepin): À l’ordre, s’il vous plaît! Compte tenu qu’il n’y a pas d’autres interventions des autres oppositions, je vous propose, pour le temps qu’il reste, de prendre deux minutes de chaque côté, ou on passe directement à l’intervention de la réplique.
Une voix: …
La Vice-Présidente (Mme Houda-Pepin): À la réplique. Très bien. Est-ce que c’est… O.K. Mme la chef de l’opposition, pour votre temps de parole de 10 minutes, pour la réplique.
Mme Pauline Marois (réplique)
Mme Marois: Alors, merci, Mme la Présidente. Rapidement, pour revenir sur les propos du député de Kamouraska-Témiscouata, je préfère que ma famille participe au financement de ma campagne au leadership plutôt que ce soient des contracteurs d’asphalte qui reçoivent des permis, des permis parce qu’ils… des permis et des contrats parce qu’ils financent le Parti libéral ou financent les garderies, financent les… le ministre qui donne des permis de garderie. Je crois que, là , c’est aller très bas, Mme la Présidente.
On peut bien parler de M. Schreiber qui a…
La Vice-Présidente (Mme Houda-Pepin): Un instant, Mme la chef de l’opposition. Il y a une personne… il y a une seule personne qui a la parole. J’apprécierais… j’apprécierais votre collaboration pour qu’on puisse entendre sa réplique, dans l’ordre, s’il vous plaît. Mme la chef de l’opposition officielle.
Mme Marois: Quand 80 personnes d’une même entreprise contribuent à hauteur d’entre 1 000 $ et 3 000 $ à la campagne du chef du gouvernement, du premier ministre du Québec, il me semble qu’on devrait être capables de soulever quelques questions. D’ailleurs, nous sommes… nous trouvons que c’est tellement indécent que nous demandons justement qu’il y ait une enquête pour qu’on puisse faire le lien, s’il y a lieu – et c’est ça, l’objet de notre présentation aujourd’hui, de notre motion – entre le financement des partis politiques et l’octroi de contrats, et en particulier dans le domaine de la construction.
Non, Mme la Présidente, ce n’est pas toute l’industrie de la construction qui est corrompue. Cependant, ce que l’on sait, c’est qu’il y en a qui le sont, Mme la Présidente. Il y en aurait un seul, et il faudrait intervenir. Or, nous savons que tous les faits qui nous sont apportés font référence à des systèmes, Mme la Présidente, et ce n’est pas l’intervention d’un policier qui peut porter une plainte au criminel qui va démolir ces systèmes-là , seule une commission d’enquête… qui n’est pas un show – qui n’est pas un show, M. le ministre – une commission d’enquête sérieuse présidée par des gens sérieux qui vont être capables de faire la lumière sur ce qui est inacceptable.
**(12 h 40)**
Jour après jour, des faits apparaissent: collusion, corruption, malversation, appels d’offres truqués, factures gonflées, travail au noir, infiltration du crime organisé et violence, M. le Président… Mme la Présidente. Jusqu’où va-t-on attendre avant de poser des gestes responsables?
En fait, actuellement, la population québécoise est absolument outrée du comportement du gouvernement. Les Québécois et les Québécoises refusent ce que ce gouvernement est en train de faire au Québec. Ils constatent en fait que le gouvernement n’est pas prêt de s’amender et ne veut surtout pas s’amender. Ce gouvernement, il est actuellement en rupture de légitimité. Il a rompu avec son mandat demandé et obtenu en élection, il a rompu avec ses responsabilités historiques, il a rompu avec sa propre tradition politique et, sur le dossier de l’éthique, il a rompu avec la morale la plus élémentaire.
Rarement n’a-t-on vu, dans toute l’histoire du Québec, une telle unanimité. En fait, c’est quasiment un exploit, entre vous et moi, en politique, que de faire l’unanimité, sauf lorsque c’est contre soi-même, et c’est ce qui arrive exactement au gouvernement libéral. Les citoyennes et citoyens du Québec sont en colère. De sondage en sondage, ils sont plus de 80 % à souhaiter, désirer et demander la tenue de cette commission d’enquête. Aucun des gestes poussifs du gouvernement n’a fait fléchir ce mouvement, et ils le savent mieux que nous encore. Aux quatre coins du Québec, différentes formes de protestations s’expriment. On a eu, entre autres, cette manifestation. Elle était contre le budget, vous allez me dire, 50 000 personnes dans la rue, mais aussi on s’inquiétait de la commission d’enquête. Ça démontre comment les Québécois sont à fleur de peau, comment chaque action de leur gouvernement leur apparaît soupçonnable. C’est compréhensible quand on sait que ce gouvernement paie 30 % trop cher pour des travaux routiers, des travaux d’infrastructures alors qu’on est en train d’investir 40 milliards dans nos routes. Il y a de quoi être en colère de voir nos taxes monter.
Mme la Présidente, plusieurs ont trouvé l’opposition dure pendant cette session parlementaire. Juste cette motion que nous débattons, nous sommes conscients qu’elle est inusitée. Eh bien, vous devriez voir les messages que nous recevons de nos concitoyens, des appels téléphoniques, des courriels, des citoyens qui nous interpellent sur la rue, dans nos circonscriptions. Tout au long de la session, nous avons eu à gérer nos propres émotions pour éviter de nous laisser emporter. Ce que vous avez vu en Chambre, c’est l’expression la plus modérée, la plus rationnelle et la plus contenue possible du dépit que nous sentons monter autour de nous.
Les chroniqueurs, les analystes, les éditorialistes, tour à tour, ont demandé au gouvernement de tenir cette enquête. Ils sont témoins, eux aussi, de l’inquiétude et du mécontentement de la population. Même eux avouent qu’ils se font régulièrement interpeller pour savoir si ce premier ministre, manifestement blasé de ses responsabilités, va s’accrocher au pouvoir. Il suffit de lire les pages forums dans les journaux, écouter les lignes ouvertes, suivre les réseaux sociaux. La grogne, elle ne s’étendra pas… elle ne s’éteindra pas d’elle-même, Mme la Présidente. Si le premier ministre répète, comme il l’a fait à la dernière session, qu’il faisait le choix politique d’attendre que cette population se fatigue d’elle-même, cela revient ouvertement à dire qu’il s’en remet à l’apathie des électeurs pour sauver sa peau.
René Lévesque parlait du devoir, pour les hommes et les femmes politiques, d’agir dans le but d’éviter qu’une société ne connaisse les secousses de l’écoeurement. Avant même de craindre d’en venir là , le premier ministre pourrait-il enfin se décider à agir? Tous les moyens pour le rappeler à l’ordre ont été tentés: les moyens parlementaires traditionnels, la réunion unanime des voix de tous les députés de l’opposition, dont les partis, d’ailleurs, ont recueilli plus de 55 % des votes à la dernière élection. Ce gouvernement, son premier ministre ont refusé les demandes de la société civile, celles des gens qui ne se font pas souvent entendre et qui sont venus jusqu’ici pour nous exprimer leur point de vue. Oui, des représentants des syndicats, d’associations professionnelles, des policiers, des représentants des policiers, des coroners. Il faut le faire, Mme la Présidente. Pas des coroners, pardon, des procureurs de la couronne, excusez-moi. Il faut le faire, Mme la Présidente. Des associations d’ingénieurs, d’architectes, coalition Corruption Zéro, des groupes de jeunes et, Mme la Présidente, si vous le permettez, des municipalités aussi, et, si vous le permettez, je vais vous demander de déposer des résolutions adoptées par plus de 119 municipalités, des MRC, des conseils d’arrondissement. Est-ce que vous permettez, Mme la Présidente, que nous déposions ces documents?
La Vice-Présidente (Mme Houda-Pepin): Est-ce que j’ai le consentement pour le dépôt? Consentement, Mme la chef de l’opposition.
Mme Marois: Merci, Mme la Présidente. 119 municipalités, des MRC et des conseils d’arrondissement représentant plus de 3,5 millions de personnes. 3,5 millions de personnes. Qu’est-ce que ça va prendre de plus, Mme la Présidente, pour convaincre ce gouvernement? On a même fait appel, demandé aux députés libéraux de faire preuve de dignité, de courage en rejoignant la population québécoise dans ce consensus. En fait, Mme la Présidente, l’histoire va les juger. Elle les a déjà en partie jugés. C’est un gouvernement de fin de régime. Ça s’entend, ça se voit, ça se sent: aucun dossier ne se réalise, aucun dossier ne respecte les échéances qu’ils se sont eux-mêmes données. On devait avoir un code d’éthique à cette session, le gouvernement s’est traîné les pieds.
[...]
Ce fut donc le dernier échange de Claude Béchard, en tant que parlementaire.
A-t-il fait du bon travail?
Si on le demande à Jean Charest, la réponse sera assurément positive mais il est probable que chaque Québécois ait sa propre réponse, à ce sujet.
C’est avec beaucoup de respect pour ses proches et tout spécialement pour sa femme et ses quatre (4) enfants que plusieurs québécois offrent leur plus sincères condoléances en cette journée où un politicien provincial nous a quitté.
Tags: claude béchard, mort, politicien, libéral, échanges, assemblée nationale, construction, pauline marois, péquiste, libéral, débats, politique, québec
Des Québécois pleurent, en ce moment, la mort de Claude Béchard.
C’est mardi, le 7 septembre 2010 que le ministre libéral et député de Kamouraska-Témiscouata a annoncé mardi son retrait de la vie politique québécoise.
L’ironie du sort aura voulu qu’il décède quelques minutes plus tard, en tant qu’ex-ministre, vers 16h, le mardi 7 septembre 2010 — atteint d’un cancer du pancréas, il est mort entouré de sa femme et de membres de sa famille. On présume que ses quatre (4) enfants étaient près de lui lors de son passage vers l’autre monde.
Il n’avait que 41 ans.
De nombreux Québécois y voient un départ beaucoup trop hâtif qui aurait pu être précipité par sa carrière, peut-être trop exigeante, en politique provinciale, pour le compte du Parti libéral du Québec.


Si l’on se fie au Journal des débats de l’Assemblée nationale – 39e législature, 1re session – daté du 11 juin 2010, on constate que la toute dernière intervention de Claude Béchard se sera terminée vers 12h30 alors qu’il affrontait Pauline Marois. Il défendait le bilan libéral dans le dossier des scandales de la construction et refusait-net de tenir une enquête publique sur les allégations de corruption dans cet important secteur de l’économie québécoise.
Fidèle à lui-même, il ne voulait rien entendre malgré l’appui populaire massif pour une enquête publique sur la construction.
Alors que son chef, Jean Charest, a multiplié les gestes de sympathie et d’amitié à son endroit, ce dernier lui a refilé des dossiers chauds comme ceux de la vente du centre de ski et du golf du parc du Mont-Orford mais aussi et surtout, la construction du port méthanier Rabaska à Lévis pour lequel il a obtenu le feu vert.
On peut se demander si le stress lié à ces dossiers n’aurait pas eu un impact sur la santé de Claude Béchard mais bon, il n’y a que lui qui aurait pu répondre avec justesse à cette interrogation.
Dans son allocution de départ, il a déclaré « Les femmes et les hommes qui vivent dans ce magnifique coin de pays [en parlant de Kamouraska-Témiscouata] sont des gens de coeur, et ce fut pour moi un grand privilège de les représenter pendant ces 13 dernières années » — il s’agit d’un commentaire qui a fait sursauter de nombreux opposants au controversé projet Rabaska qui pouvaient y lire un double discours passablement cynique parce que « son » projet de port méthanier, à deux pas de Québec, va transformer le superbe secteur de La Martinière, à Lévis, en poubelle toxique à ciel ouvert.
Il ne sera jamais possible de savoir pourquoi il a tant insisté pour livrer les citoyens de Lévis aux transnationales gazières étrangères mais bon, ça fera partie des mystères liés à son action politique.
Ceci dit, en ce jour de deuil pour sa famille et ses proches, il importe de souligner la détermination de Claude Béchard à combattre son cancer.
En fin de compte, la médecine moderne l’aura laissé tomber en soulageant certains des symptômes de son cancer mais en négligeant de le guérir, véritablement. Aucun « grand média » québécois (ou étranger) n’a d’ailleurs encore eu le courage de remettre en question l’approche actuelle des traitements contre le cancer qui, comme on le constate, ne se terminent pas toujours par des succès (à peu près jamais, en fait).
Sa mort envoie des signaux quelque peu décourageants pour ceux qui tentent d’en finir avec un cancer du pancréas parce que si lui, dans la force de l’âge et sans soucis financiers n’est pas parvenu à s’en sortir, quel espoir un simple citoyen a-t-il?
Il a eu beau recevoir les meilleurs soins, rien n’y a fait.
Il n’y a pas beaucoup de détails sur sa fin de vie mais les médecins ont assurément atténué ses souffrances (probablement avec de la morphine). Au plan humain, si l’on oublie l’aspect politique pour un instant, ça se révèle être une épouvantable tragédie familiale et il faudra envoyer de belles ondes positives à ses proches pour qu’ils puissent surmonter cette épreuve.
Bon nombre de Québécois ont beau avoir des opinion partagées à propos de Claude Béchard, les gens s’entendent pour pleurer la mort d’un jeune père de famille qui de toute évidence, ne voulait quitter ce monde aussi vite.
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Vous connaissez l’expression « filer à l’anglaise » où la personne cherche à quitter, au plus vite, sans se faire remarquer?
Et bien, cette expression s’applique très bien à Shell qui veut laisser son gigantesque terrain contaminé, situé sous sa raffinerie de Montréal-Est, aux contribuables québécois, d’une façon ou d’une autre.
Voici les deux scénarios les plus plausibles:
On peut comprendre Shell de ne pas vouloir payer les quelques 100M$ nécessaires (selon les experts du domaine) pour remettre son site toxique en état mais le problème, dans les deux cas, c’est que le gouvernement du Québec devra mettre la main à la poche pour payer la note de ce coûteux nettoyage.
Ouch!
Pour Shell, une compagnie sans morale et sans honneur, quitter le Québec en douce sans éveiller les consciences des gens aux dommages environnementaux qu’ils ont causé tombe sous le sens. Si vous étiez le diable, vous n’hésiteriez pas, vous non-plus, à multiplier les secrets tout en sollicitant de généreux subsides gouvernementaux pour faire saigner « les locaux » encore un peu plus.
Avec le ministre Raymond Bachand qui lance quelques phrases floues en marge du Grand Prix du Canada, on voit bien que le dossier de « la reprise » ne mène nulle part. Selon M. Bachand, le fait que Shell n’avait pas démontré clairement qu’elle n’avait pas devant elle des repreneurs « solides aux poches profondes » forcera Shell et le gouvernement à discuter à nouveau pour comprendre pourquoi les acheteurs n’arrivent pas à s’approprier cette raffinerie qui, dans les faits, génère d’énormes profits (des centaines de millions de dollars, par année).
Dans l’éventualité ou la famille Desmarais et sa puissante compagnie Power Corporation (actionnaire de Total, en France) devaient se montrer intéressés, on devra s’attendre à voir Jean Charest sortir —avec enthousiasme et empressement— le chéquier public pour endetter notre province de quelques autres milliards, question de « venir en aide » à ses vrais patrons, soit les membres du Clan Desmarais (le pouvoir de l’ombre, au Québec).
Personne ne comprend trop pourquoi Shell veut absolument quitter Montréal maintenant mais des personnes bien informées au dossier indiquent que c’est le niveau inédit de toxicité des sols qui pourrait motiver la transnationale étrangère à vouloir se laver les mains du dégât qu’elle a causé. On se doute que BP, dans le Golfe du Mexique, aimerait bien pouvoir se défiler, elle aussi, de ses responsabilités.
Mais justement, si Shell réussit à vendre sa raffinerie —grâce aux nouvelles dispositions de la loi, votées par la gang à Jean Charest— les nouveaux propriétaires ne pourront PAS poursuivre l’ancien propriétaire pour l’épouvantable gâchis environnemental qu’il aura causé.
Vous avez bien lu: les Libéraux ont fait en sorte qu’un ancien propriétaire de lieu toxique qui réussit à refiler son terrain empoisonné à un nouveau propriétaire ne pourra plus jamais être poursuivi!
Elle est pas belle, la loi?
Alors, vous comprenez mieux pourquoi Shell fait durer son mélodrame en vue d’identifier l’acheteur potentiel le plus naïf (afin de le laisser avec sa raffinerie empoisonnée et les responsabilités qui viennent avec.
Cette grosse mise-en-scène peut se jouer sur quelques mois ou quelques années mais au final, il faut s’attendre à ce que les contribuables québécois aient à payer, en tout ou en partie, pour le nettoyage de cet immense site hautement toxique.
Saviez-vous, par exemple, qu’il faut brûler les vêtements (ainsi que les bottes de travail) à la fin de la journée, tellement ils sont toxiques? C’est ça, le merveilleux monde de Shell, dans Montréal-Est.
Les emplois.
Ah! Les fameux emplois à 80k$ / année…
Qu’est-ce qu’on va faire avec les centaines d’employés forcés d’aller se réaliser ailleurs, au plan professionnel? Et bien, on pourrait les embaucher en tant qu’inspecteurs, au gouvernement, pour surveiller le grand chantier de nettoyage qu’on pourrait FORCER Shell à faire s’ils décident de fermer la raffinerie.
Ce serait génial pour les ex-employés et pour les Québécois. Les seuls perdants seraient des étrangers, anonymes et sans scrupules, qui nous prouvent actuellement qu’ils ne lèveraient pas le petit doigt pour nettoyer leur bouette toxique, préférant nous la refiler, en douce.
Shell est un bel exemple de transnationale étrangère qui appauvrit le Québec.
Elle a beau avoir payé de gros salaires à des centaines d’employés pendant des décennies, elle nous laissera vraisemblablement avec une facture si énorme pour le nettoyage de son site toxique que tout gain obtenu pour la société québécois, au fil du temps, sera annulé.
Un pas en avant, deux pas en arrière.
Voilà le crédo des transnationales étrangères qui viennent voler les Québécois de leur souveraineté industrielle et de l’opportunité qu’ils auraient pu avoir de faire les choses autrement, de manière plus durable et respectueuse de l’environnement… et les citoyens.
Évidemment, nous avons tous des véhicules et nous avons presque tous, à un moment ou à un autre, encouragé Shell.
Dans un contexte oligopolistique (on peut aussi parler de cartel), c’est inévitable.
Si le lobby pétro-chimique étranger n’était pas si étouffant, nous aurions assurément des véhicules électriques ou propulsés par autre chose, sans devoir brûler des combustibles fossiles.
Pour Shell, le Québec n’est rien mais il faut saisir cette occasion pour leur faire comprendre que le « party » est fini, au Québec: qu’ils vont devoir payer, rubis sur l’ongle, les dizaines ou centaines de millions de dollars rendu nécessaires pour décontaminer LEUR site.
Si nous laissons Shell filer à l’anglaise, le monde entier saura que le Québec a fermé les yeux sur un épouvantable viol environnemental de son territoire.
En laissant Shell faire tout ce qu’elle veut, en expédiant ses profits à l’étranger et en refusant de prendre ses « responsabilités locales », nous n’agissons pas en propriétaires souverains du Québec, nous agissons en esclaves soumis.
Les cinq plus importantes pétrolières intégrées au monde se valent en ce qui a trait à la médiocrité relative de leur fibre morale, inexistante dans certains cas. Exxon Mobil, Royal Dutch Shell, BP Amoco, Chevron Texaco et Conoco Phillips se classent toutes parmi les dix plus grandes entreprises au monde, tous secteurs d’activités confondus.
Pourtant, Shell et les autres n’hésitent pas un instant à rivaliser d’ingéniosité pour entuber le plus efficacement possible les populations habitant aux endroits qu’elle détruit, partout sur Terre.
Au Québec comme en Afrique, tant que les citoyens ne se tiennent pas debout devant des transnationales étrangères, elles font la pluie et le beau temps et font autant de mal que possible aux « populations locales » lorsque ça signifie qu’ils pourront extorquer encore quelques dollars.
Non, les syndicats comme la FTQ ne sont pas des enfants de chÅ“ur et ils font leur propre « spin » avec le potentiel malheur qui attend « leurs » membres mais en comparaison, Shell respire le vice, la malveillance et la mauvaise-foi.
Comme des rats, les « responsables » de Shell vont faire l’impossible pour se faire oublier des Québécois.
Reste à savoir si les Québécois, eux, vont laisser les rats s’en retourner à l’étranger, sans contrainte, avec des sacs remplis de centaines de millions de dollars (à raison de 240M$ de PROFIT NET, par année) alors qu’ils laissent un proverbial apocalypse environnemental et social, derrière eux.
C’est triste mais c’est ça, une fuite à l’anglaise, en 2010…
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Au moment de publier ce billet, quelques 20% de la population mondiale détient environ 80% des richesses.
En fait, si les riches étaient plus généreux avec les pauvres, il n’y aurait éventuellement plus de riches mais il n’y aurait plus de pauvres, non-plus!
Ce n’est pas l’absence de richesse, sur Terre, qui pose problème mais plutôt, sa distribution plus équitable.
Et l’on ne parle pas simplement d’argent.
Oh, que non!
On parle aussi des terres que les riches acquièrent via des fondations (pour ensuite en faire ce qu’ils veulent) et qui, incidemment, demeurent hors-de-prix pour les classes moyennes et pauvres. On parle des pouvoirs économiques et politiques qui sont presque nuls au niveau de la base citoyenne mais qui prennent des proportions gigantesques pour quiconque a les moyens d’alimenter un lobby d’intérêt privé. En fait, on parle de tout ce qui fait naître des inégalités, l’argent demeurant un facteur parmi d’autres.
Il ne faut pas être contre l’enrichissement individuel, loin de là .
Si le travail est acquis pour du travail de bras ou de tête, il mérite une juste rétribution. Là où ça devient moins légitime et plus problématique, c’est lorsque l’argent, à lui seul, créé la richesse. À ce moment là , on touche au problème fondamental qui mène à des dérapages avaricieux aux proportions inédites.
Comme en 2006 où les six (6) grandes banques canadiennes ont fait plus de 19MM$ de PROFITS NETS pour ensuite procéder à des mises-à -pieds massives qui ont contribué à faire augmenter leur profitabilité à des niveaux records, encore en 2009 — pour ces banquiers qui, à l’évidence, font leur argent sur le dos des autres, la fibre morale n’existe plus à l’heure où les actionnaires, ces propriétaires de l’ombre, ne tolèrent pas la baisse de « rentabilité ».
Il n’y a évidemment pas que les banques qui s’enrichissent sur le dos des autres mais comme cet oligopole fermé empêche activement toute alternative d’offrir une alternative à son coûteux racquet (avec la Banque du Canada, sur laquelle ils exercent leur contrôle), ils représentent l’exemple qui frappe le plus l’imaginaire.
Mais qu’y a-t-il de mal à faire de l’argent sur le dos des autres?
N’est-il pas normal, pour un banquier, de faire fructifier son argent?
Et bien, justement. Jusqu’au milieu des années 1950, les banquiers canadiens n’avaient pas le droit de charger plus de 6% sur les prêts qu’ils consentaient. Aujourd’hui, ils peuvent poussez les taux d’intérêts jusqu’à 60% sans être embêtés par le gouvernement fédéral qui, au-delà de ce pourcentage, considère le prêt comme usuraire.
Puisque l’argent vient du peuple, à la base (via la Banque du Canada) et que les banquiers canadiens ont un monopole sur l’argent, qu’ils prêtent invariablement taxé d’un taux d’intérêt plus élevé que celui de la Banque du Canada (qui vient de hausser le taux directeur à 0,5%), c’est clair que la richesse des banques, au Canada, se fait sur le dos des autres. De leurs « clients », en l’occurrence.
En basant l’expansion de leur empire financier sur le dos des autres, les banquiers canadiens contribuent à établir un capitalisme tellement sauvage qu’il engendre une tyrannie inédite qui appauvrit tout le monde sauf ceux qui ont un accès illimité à la création d’argent (toujours via la Banque du Canada).
En tant que société, il faut apprendre à dire non, aux banquiers.
Leur propension à nous faire payer les pertes de leur insouciance (notamment lorsqu’ils jouent nos épargnes au proverbial casino des « sub-primes », ce qui a surtout été le cas, aux États-Unis) comme dans le cas de la Caisse de dépôt et de placement du Québec qui a perdu 40MM$ sur les 160MM$ (en 2008) qu’elle avait sous gestion sans même avoir encore expliqué, en détails, où est allé cet argent « perdu », a de quoi nous mettre sur la défensive mais il faut aller plus loin et leur remettre leur cupidité extrême sur le nez.
Il est temps que le peuple reprenne le contrôle de ses institutions publiques pour que ces dernières cessent de n’être que des « fronts » pour l’élite domestique et les transnationales étrangère qui, grâce à l’établissement graduel d’un ultra-libéralisme anti-humaniste (qui donne plus de pouvoir à une corporation qu’à un être humain), viennent au Canada pour y faire d’énormes profits sans toutefois contribuer à la croissance de notre économie.
À chaque fois que vous voyez des gens qui font de l’argent sur le dos des autres, notamment via le jeu des intérêts qui créé la misère et la pauvreté durable partout où il a lieu, dites-vous qu’il vaut mieux ne pas aider ces gens puisqu’ils sont des destructeurs de vie humaine ainsi que tout ce qu’il y a de beau, dans la vie.
En aidant son prochain, il y a moyen de faire beaucoup d’argent, de manière légitime.
Ne pas faire de l’argent sur le dos des autres assure que les deux parties y trouvent réellement leur compte. Il n’y a pas de « dominant » et de « soumis », dans ce scénario. Il n’y a que des gens qui partagent et qui se donnent à leur travail et qui demandent rétribution pour leur authentique labeur. Voilà les fondations d’une société où l’enrichissement individuel continue de se produire (à grande échelle) mais où la pauvreté n’existerait plus que pour ceux qui veulent absolument en faire l’expérience.
Tout le monde travaille.
Le problème, c’est que les PDG gagnent des centaines et des milliers de fois plus que les « petits salariés » qui, doit-on le préciser, travaillent autant mais n’ont pas, eux, les deux mains dans le coffre-fort que protège jalousement la « classe dirigeante ».
Si l’argent était distribué également entre tous les travailleurs, personne ne serait riche mais personne ne serait pauvre, non-plus — il est temps pour nous de décider dans quel genre de société nous voulons vivre, au Canada.
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