Rares sont les utilisateurs d’un téléphone intelligent qui n’ont pas rejoint la communauté Facebook et qui en ont profité pour installer Messenger, la populaire app de communication entre les membres du réseau social américain.

Puisqu’à peu près tous vos contacts dans Facebook ont installé Messenger, c’est devenu un moyen rapide et gratuit de communiquer.

Pour un grand nombre d’utilisateurs de Facebook, échanger via Messenger s’avère plus simple qu’avec des textos ou une autre app, comme WhatsApp (qui appartient à Facebook), Telegram Messenger, Facetime (par Apple), Viber Messenger, Signal (messagerie privée), Hangouts (de Google mais vraiment pas populaire), WeChat, Line ou Skype (qui a été acheté par Microsoft).

Il y a même une app “Messenger Kids” pour les (jeunes) enfants!

Ainsi, via Facebook Messenger, c’est une grande part de vos contacts qui sont disponibles pour des échanges de messages en format texte (avec des images, si utile), via une conversation vocale (de type téléphonique… mais via Messenger, pas “le téléphone”) ou alors, une conversation vidéo.

À deux ou à plusieurs.

Gratuitement.

Il y a de quoi maintenir l’intérêt des utilisateurs puisqu’au fond, au moment de communiquer, Messenger offre un pont vraiment rapide entre les utilisateurs.

Et ça fonctionne sur tous les appareils où Facebook (le site web) ou Facebook Messenger (typiquement sur le téléphone intelligent et la tablette) sont installés.

Un utilisateur de Facebook Messenger pourra donc typiquement commencer un échange textuel sur son ordinateur et continuer celui-ci avec son téléphone intelligent, s’il change de pièce.

Vraiment pratique.

L’échange peut d’ailleurs se poursuivre n’importe où dans la maison via le réseau local (souvent via le service Wi-Fi) pour continuer, hors de la maison, via le service cellulaire 4G. Pour quiconque doit communiquer et se déplacer, c’est pratique.

Les télécoms inexistants dans ce créneau

On aurait pu croire que Bell, Rogers, Shaw, Videotron et les autres fournisseurs de connectivité auraient vu l’opportunité pour une app à leur nom mais non, aucun de ceux-ci n’a choisi d’y être présent.

Autrement dit, même si vos services d’accès à l’internet et de téléphonie sont avec Bell et que votre service cellulaire est avec Bell Mobilité (une distinction encore curieuse, d’ailleurs), un grand nombre d’utilisateurs sont davantage intéressés à “chatter” via Messenger ou appeler (via Messenger, toujours) que de… décrocher le téléphone!

Ainsi, Bell et les autres fournisseurs se concentrent exclusivement sur le lien entre vos appareils et “le réseau”.

Ces fournisseurs laissent donc toute la place aux développeurs de solutions logicielles qui, au fil du temps, tricotent des relations sans cesse plus serrées avec les clients. Au point où l’on peut imaginer le jour où ceux-ci offriront des services d’accès au réseau, passant outre les “Bell” de ce monde.

Et là, Bell réalisera peut-être l’immense gaffe de ne pas s’intéresser à l’aspect logiciel des nouvelles tendances en matière de communications, entre les gens.

La domination de Facebook

Impossible de parler de Messenger sans souligner sa position dominante, que dis-je, écrasante, dans son créneau de réseautage social, couplé de puissantes fonctions de messagerie… le tout, offert gratuitement.

Ça signifie que tout concurrent qui voudrait prendre sa place de meneur dans son créneau devra offrir autant de fonctionnalité, au sens large et idéalement, le faire gratuitement. C’est toute une commande! Pas impossible, évidemment mais quand même.

Alors à moins d’une gaffe majeure, Facebook Messenger canalise un part sans cesse plus importante des échanges entre les Québécois… des de centaines de millions d’autres usagers, ailleurs dans le monde.

On aurait pensé que LinkedIn (de Microsoft) aurait développé une app de messagerie instantanée pour concurrencer Messenger mais non. Microsoft se contente d’une banale boîte aux lettres internes, dans LinkedIn (un réseau plus ou moins utile pour les professionnels). Skype pourrait être modernisé mais Microsoft semble peu motivé à le rendre vraiment fluide et intégré (à “autre chose”) comme Messenger à Facebook.

Parce que la force du réseau social derrière l’app de messagerie fait une grosse différence, dans le cas de Messenger. Pourquoi? Parce qu’en plus de pouvoir communiquer, les contacts de Facebook s’y trouvent déjà! C’est un mariage naturel et apprécié par les utilisateurs.

Attention à trop dépendre de Facebook

Ceci dit, même si Messenger offre une messagerie pratique et gratuite, il serait prudent de ne pas mettre tous vos oeufs dans ce panier.

Pourquoi?

Parce qu’au hasard d’une opinion exprimée en contradiction des “standards de la communauté de Facebook”, votre compte pourrait être limité, fermé (ou “banni de tout droit d’utilisation”, pour toujours… sans réel droit de contestation).

Ça pourrait être aussi banal que votre soutien à un mouvement populaire (comme celui qui dénonce les liens quasi-filiaux entre Justin Trudeau et George Soros qui a valu à imtl.com d’être banni de Facebook… sans réel droit de contester cette décision arbitraire et visiblement injuste).

Ou n’importe quoi d’autre qui ne plaît pas à Facebook, selon l’air du temps et sans prévenir.

Autrement dit, Facebook demande votre confiance et si vous lui accordez, sachez qu’il peut vous retirer TOUS vos privilèges en un seul instant et vous n’y pourrez absolument rien.

Vous aurez beau leur écrire, via des formulaires semi-dirigés (qui retournent des réponses automatisées) ou tenter de leur écrire, via leurs “communautés pour le support”, rien ne changera. Vous devrez vivre avec la conséquence d’avoir (au fond) refusé de vous auto-censurer.

Drôle d’époque puisqu’on a les “outils” pour communiquer entre nous mais Facebook agit désormais comme censeur-en-chef, entre nous. Via “ses” outils.

Et gare à quiconque ne flatterait pas Facebook (et ses “règles de la communauté”, complexes, arbitraires et contradictoires) car d’une seconde à l’autre, votre écosystème Facebook peut “mourir” devant vos yeux… et ce sera fini, probablement pour toujours.

Évidemment, vous pourrez “partir avec un nouveau courriel” et passer des semaines à “rebâtir votre réseau” mais vous aurez compris que désormais, Facebook a pris votre liberté d’expression en otage avec ses outils de communications et vous êtes un “numéro” de plus qui peut être supprimé, à tout moment.

Advenant qu’un des “modérateur” de Facebook vous cible, il ne vous dira jamais “exactement” pourquoi il aura, par exemple, mis fin à votre compte (en tout ou en partie, temporairement ou de façon permanente).

Ainsi, vous aurez compris que vous avez intérêt à vous organiser pour avoir bâti des liens avec vos contacts ailleurs que dans Facebook.

C’est là que vos comptes dans les autres réseaux sociaux et conséquemment dans les autres apps de messagerie sont si importants. Même si vous ne vous en servez pas tout de suite, vous ne savez jamais quand ils deviendront votre seul lien avec tous ces gens dont vous ne connaissez même plus le numéro de téléphone!

Certains considéreront peut-être que c’est un peu alarmiste de penser ainsi mais avec la tendance générale à la censure dans Facebook, c’est un simple constat de l’état des lieux. Et de la “direction (au sens large)” que prend le géant californien qui se déclare ouvertement pour et contre une longue liste de sujets qui sont loin de faire consensus mais qui, pour Facebook, semblent trop importants pour permettre toute dissension… ou même une simple discussion.

Oui, la censure n’est pas vivante qu’en Chine.

Elle a cours dans Facebook, à chaque seconde de chaque jour. Peut-être pas pour vous mais la censure a cours, via les plus de 30,000 modérateurs (admis, par Facebook) qui sont menacés de perdre leur emploi s’ils ne censurent pas ce qui doit l’être. Si vous trouvez que c’est orwélien comme mécanique, vous voyez juste.

Alors même si Messenger est pratique et gratuit, il faut comprendre que c’est en quelque sorte le fromage sur la trappe à souris. On peut grignoter prudemment le fromage mais au risque que le piège se referme et “tue nos privilèges (dans Facebook)”, à tout moment.

Au moment de publier ce billet, je continue de communiquer via Messenger mais je garde à l’esprit la nature de l’opérateur derrière le service. Et vous, qu’en pensez-vous?

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