C’est Pauline Marois qui a lancé la campagne électorale, en début d’après-midi, aujourd’hui le 5 mars 2014 mais ça faisait déjà quelques semaines que tous les partis étaient sur la touche.

Même les déclarations —ou l’absence de celles-ci— par de nombreux élus du PQ depuis quelques semaines pointaient vers des élections et là, on sait que la campagne électorale durera 33 jours pour se terminer le jour du scrutin, le lundi 7 avril 2014.

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Au moment de publier ce billet, rien n’est encore joué même si le Parti québécois espère obtenir un mandat majoritaire, pour les 4 prochaines années. Les sondages leurs accordent une légère avance mais une campagne électorale peut faire la différence puisque les partis d’opposition aussi déclarent vouloir le pouvoir. Alors, on va assister à une campagne qui pourrait se transformer en guerre électorale tant les trois grands partis courtisent l’électorat sur des thèmes bien connus et généralement communs, à tous les partis.

Justement, parlons-en, de ces thèmes.

D’abord l’économie avec la gestion de la richesse, la stimulation de l’économie et la génération d’emplois payants (pas les emplois au salaire minimum, véritables insultes économiques) et aussi durables que possibles. C’est un thème central qui devrait permettre aussi d’aborder le sujet brûlant de la dette publique qui semble hors-de-contrôle, au grand plaisir des banquiers de Wall Street mais ça nous retombe sur les épaules, un peu plus lourdement, à chaque année alors c’est important de trouver une façon de mettre fin à ce racket d’endettement systémique et justement, en réglant ça, nous aurons les moyens de développer davantage notre économie.

N’oublions pas l’endettement sans précédent des ménages qui n’arrivent plus à tenir tête aux dettes, notamment celles contractées via des cartes de crédit plus voraces que jamais. Si nos gouvernements ne fixent pas des règles favorables aux consommateurs, les abus actuels vont se poursuivre, avec les terribles conséquences individuelles et collectives qui s’y rattachent.

La santé reviendra sur les lèvres de tous les candidats sur une base quasi-quotidienne alors que les listes d’attentes continuent d’inquiéter les patients qui demandent à être opérés et que dire des urgences qui n’arrivent pas à prendre le dessus et ce, même quand les salles d’attente ne sont pas si pleines que ça… imaginez le drame logistique lorsque ça se remplit. Et ça se remplit beaucoup trop souvent, dans presque tous les hôpitaux. Serait-il temps de penser à de plus petits hôpitaux de proximité ou encore, à un réseau de téléconsultation jouxté de services gratuits de télémédecine?  Et que dire de l’accès à nos dossiers de santé? Est-ce qu’on va enfin profiter pleinement du Dossier de santé Québec, après les élections? Espérons que les candidats nous offriront des idées plus engageantes que l’usuel “pitch” qui ressemble à “on va faire notre possible”!

Bon, pour ces deux thèmes, les Québécois ont une certaine résignation et c’est compréhensible parce que les élus du passé, incluant ceux du PQ qui viennent de voir dissoute la législature dont ils faisaient partie, nous ont passablement laissés sur notre faim de solutions réelles… et durables.

Alors, ça nous emmène sur les thèmes plus spécifiques à cette élection.

Oui, je vous entends déjà feindre l’indifférence à l’aide d’un “Ah! Non, pas encore la Charte!” mais un peu plus de mots en faveur ou non de la laïcité de l’État ne changera à peu près rien à la quantité de soupe qui déborde déjà de cette proverbiale marmite alors voici venir…

La Charte!

Vous étiez prévenus, le thème de la Charte de la laïcité va passionner les uns et endormir les autres. Sur un fond de stratégie de division soigneusement calculée pour être payante, politiquement, pour le PQ en raison de la sensibilité d’un très grand nombre d’électeurs à la présence de signes religieux arborés par des employés de l’État, la Charte va être déclinée sous toutes ses facettes.

Ça va être l’élection de la Charte, pour ainsi dire!

L’identité québécoise n’aura jamais été autant exploré, dans un contexte de campagne électorale que lors de celle-ci. Que ce soit avec Fatima Houda-Pépin qui vient de se séparer en mauvais termes avec son ancien chef libéral Philippe Couillard ou via la CAQ ou ils n’arrivent pas à édicter clairement leur position en regard du projet de loi péquiste (qui reviendra formellement à la vie après une victoire majoritaire péquiste, si elle devait s’avérer), les Québécois vont manger de la Charte en quantité industrielle, jusqu’à une probable indigestion.

Si vous aimez la Charte, vous allez passer une campagne électorale incroyablement agréable. Pour les autres, accrochez-vous, le “show” ne dure que 33 jours!

Bon, on passe au dernier grand thème prévisible pour cette campagne, à savoir, l’éthique!

Oui, la fameuse intégrité de nos élus et de ceux qui font partie de leur nébuleuse interpersonnelle.

Vous avez suivi la Commission Charbonneau? Un peu, beaucoup, passionnément? Souhaitons que oui parce qu’il va y avoir un nombre impressionnant de références —directes ou non— à des segments plus juteux de cette grande séance de “communications-sans-conséquences-criminelles” où des individus d’influence de tous horizons sont venus confirmer ce que plusieurs d’entre-nous savions déjà… à part la petite confirmation finale qui prouve, hors de tout doute, que la collusion a eu un effet épouvantablement ruineux sur nos finances publiques et notre confiance envers nos institutions démocratiques et ceux qui bénéficient de ses largesses.

Est-ce qu’on a raison de s’intéresser à l’éthique et à l’intégrité? Oui mais il faut arrêter de chercher dans la vie privée des gens. À la base, le ministère des Transport du Québec, pour ne nommer que celui-là, à dormi sur le gros bouton rouge qu’elle aurait dû actionner dès qu’elle a vu monter les coûts pour faire le même travail que la dernière fois… mais à 30, 40 ou 50% plus cher, fois après fois.

La mafia s’est enrichie sur les épaules déjà passablement sollicitées des contribuables québécois et pour ça, il y a des derrières de fonctionnaires qui méritent une botte bien sentie!

Mais comme les fonctionnaires sont syndiqués jusqu’aux oreilles et éternellement “non-responsables de quoique ce soit, qu’importe le contexte”, il est farfelu d’espérer que le dit coup de botte atteigne les fesse royales de ces messires fonctionnaires qui, au fond, pissent de rire tant ils s’en sortent sans aucune conséquence… alors oui, l’intégrité, ça compte et ça mérite une place beaucoup plus importante chez nos élus ET dans l’ensemble de la fonction publique.

Une petite note pour tous ces fonctionnaires vraiment honnêtes et intègres qui protègent nos fonds publics avant de penser à leur petit agenda personnel — vous méritez toute notre appréciation et par la présente, on vous le rappelle mais diantre, gardez un œil bien ouvert sur tous ces serpents qui briment presqu’invariablement vos efforts et… votre image.

Il faut continuer à dénoncer les individus et les groupes qui profitent du peuple et de sa relative incompréhension ou insouciance par rapport à la chose publique pour les VOLER de leur argent ou encore, pour les abuser, d’une manière ou d’une autre.

Tout politicien ou politicien-en-devenir qui veut marquer des points aura intérêt à se montrer intéressant en regard des grand thèmes qui touchent les Québécois.

Il se pourrait qu’on ait des surprises comme des élans passionnels concernant l’application de la loi 101 dans les médias sociaux comme Facebook ou encore, on pourrait se faire jaser de souveraineté avec le spectre d’un 3e référendum, gagnant, celui-là, diront les péquistes et on peut s’attendre à des discours plus sentis, sur ce front-là.

Pauline Marois devra éviter les peaux de banane car elle en avance dans les sondages — tout simplement. Le libéral Philippe Couillard devra, quant-à lui, se faire connaître comme un individu “premier-ministrable” et non simplement comme un ex-ministre de la santé (qui n’a pas vraiment changé le monde, malgré ses promesses, ce qui est un peu dommage). François Legault, lui, doit faire passer son message de proverbial Robin-des-Bois des deniers publics où il dit vouloir veiller sur les intérêts des contribuables. Bon message mais est-ce qu’on y croit?

Les Québécois en ont gros sur le cœur en raison des rivières de promesses non-tenues par le passé mais il ne faut pas manquer cette occasion de se faire entendre, via notre bulletin de vote, certes mais aussi dans la sphère-web, dans les médias sociaux et partout où nos voix trouvent encore un écho.

Il arrive aux grands médias d’admettre des vox-pop ça et là mais ça pâlit en comparaison des avenues de communication pluri-directionnels offerts, un peu partout, en ligne.

Alors la grande course électorale 2014 est lancée!

Faites-vous entendre et voir et si vous avez le temps, impliquez-vous — ça va être une campagne enlevante, même si vous ne vous y retrouvez pas encore tout-à-fait, entre le bleu, le rouge, le turquoise et le vert!

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