Un autre budget d’austérité du PQ

Ce n’est pas le premier mais bien le 2e budget d’austérité que présente le Parti québécois de Pauline Marois, avec le dépôt en chambre du “budget Marceau“, le jeudi 20 février 2014, faisant suite au premier budget de l’actuelle législature. Dans les deux cas, il est question d’austérité.

Le ministre des Finances et de l’Économie du Québec, le péquiste Nicolas Marceau n’en a que pour l’austérité. Austérité par-ci, austérité par-là mais toujours la même cible: la fameuse classe moyenne où les salaires annuels bruts des ménages en faisant partie varient de 40,000$ à 85,000$.

La classe moyenne, au Québec, représente environ 50% des ménages et la médiane des revenus de ceux-ci, en 2011, était de 68,170$ (et c’était 72,240$, au Canada). On parle du revenu brut alors il faut ENLEVER toutes les ponctions gouvernementales, après ça!  En 15 ans, cette classe moyenne ne s’est enrichie que de 1,7% (moins l’effet de l’inflation… ouch) alors pour les élans jovialistes des élus qui prétendent être les amis des ménages de la classe moyenne, on repassera car ils n’ont PAS livré la marchandise.

Nicolas Marceau, l’un de ces élus, continue de NE PAS livrer la marchandise avec son approche d’austérité qui frappera —encore une fois— la classe moyenne de plein fouet.

M. Marceau semble être un charmant bonhomme et il a probablement fait de son mieux pour livrer son plus récent budget mais il ne sert pas bien l’intérêt du plus grand nombre.

Rejeté par l’opposition, ce plan économique a cependant peu de chance d’être mis en œuvre et devrait se transformer en programme électoral pour le Parti québécois, au cours des prochaines semaines. Pendant que les riches s’enrichissent, la classe moyenne, elle, s’affaiblit sans cesse.

Le Parti québécois a misé sur la continuité avec son budget d’austérité en refusant de s’attaquer à la stratégie perdante (pour près de 90% des Québécois) des 4 paliers d’impôts, au provincial. Il en faudrait 10 ou plus afin d’aller chercher davantage dans les poches des très, très riches qui paient des fiscalistes pour faire danser leurs milliards et leurs centaines de millions hors des lourdes portes de l’agence du revenu du Québec qui s’en prend aux “cibles faciles” comme les petits entrepreneurs mais qui laisse TOUJOURS filer les très riches. C’est systématique: vous êtes riches? Personne à l’agence du revenu (du Québec ou du Canada) ne vous embêtera parce que vous pouvez embaucher une armée de fiscalistes, d’avocats et de comptables “créatifs” pour polir toutes vos belles stratégies fiscales — aucun fonctionnaire ne veut se casser les dents sur des dossiers aussi bien ficelés. Ainsi, la cible demeure les gens qui gravitent dans ou près de la classe moyenne. Eux, ils n’ont JAMAIS assez de fonds pour se payer des spécialistes qui renverraient les fonctionnaires à leurs devoirs.

Le ministre Marceau peut se féliciter autant qu’il le voudra, il a décidé de mettre une bonne partie du fardeau du budget sur les épaules déjà passablement affaiblies des ménages de la classe moyenne mais évite soigneusement d’enlever un seul dollar au “B.S. corporatif” des milliards de subventions, directes et indirectes, accordées aux très grandes entreprises, souvent étrangères et toujours infiniment riches.

On s’entend, au Québec, il faut continuer à aimer nos riches comme Jean Coutu qui avoue publiquement payer ses impôts ici et ne pas utiliser les paradis fiscaux (il ne prouve rien formellement mais il a l’air tellement sympathique qu’on lui accorde le bénéfice du doute) mais il y a aussi des ultra-riches comme les membres de la famille Irving qui ont été identifiés, par l’agence du revenu du Canada, comme ayant présumément placé des milliards de dollars dans des paradis fiscaux et à ce jour, ils l’ont fait en toute impunité. Ça paye d’avoir une équipe chevronnée de fiscalistes et d’avocats!

Ainsi, il y a des “bons riches” et des “mauvais riches”. Il faut faire la distinction parce que les bons riches nous permettent de s’en sortir dès qu’ils remettent l’argent dans notre économie locale alors que les mauvais riches soustraient des milliards qui ne reviennent JAMAIS dans notre économie (parce qu’ils ont beaucoup trop peur de se faire imposer lors du “retour” de ces fonds) et qui, conséquemment, ne créent RIEN en matière d’activité économique (c’est même contre-productif).

Les agences du revenu, aussi bien au Québec qu’au Canada, perdent leur temps lorsqu’elles essaient d’aller chercher 16M$ de plus des restaurateurs en les forçant de donner des factures détaillées pour tous les achats alors qu’un seul “mauvais riche” qui sort des milliards du pays (via des structures financières exotiques qui flirtent trop souvent avec l’illégalité) pourrait ramener des CENTAINES DE MILLIONS DE DOLLARS d’un seul coup. On voit que nos élus se confondent dans l’indifférence quand vient le temps de faire appliquer les règles fiscales aux ultra riches mais qu’ils se déchaînent contre les moins riches et la classe moyenne, comme s’ils savaient, instinctivement que leur complaisance à l’égard des ultra-riches leur permettra d’avoir une lucrative carrière au privé après avoir discrètement servi la ploutocratie lors de leur passage dans la vie publique, aux commandes du gouvernement.

Gratte-moi le dos et je gratterai le tien, dit le ploutocrate au politicien.

Et le politicien obéit sans faire de vagues sachant que la classe moyenne est beaucoup trop occupée à travailler pour percevoir tous les jeux de coulisses qui ont cours, derrière des portes closes.

Rappelez-vous le cortège de politiciens qui ont fait des sommes folles au privé après avoir “livré la marchandise” au public. La plupart l’ont justement fait aux dépens de la classe moyenne et au profit des ultra-riches qui les récompensent, plus tard.

Vous pensez que la commission Charbonneau fait de la bonne téléréalité? Cette commission a ses bons moments mais il y a des jeux de coulisses bien plus inquiétants qui ont lieu entre les ultra-riches et les élus, en plus d’un bonne cohorte de fonctionnaires en position d’autorité.

nicolas-marceau-et-son-budget-2014

À la lumière des choix austères du ministre Marceau dans son budget de février 2014, foncièrement anti-classe moyenne, on ne peut que souhaiter l’établissement d’une commission qui cherchera à comprendre ce qui peut motiver cet économiste à frapper aussi durement sa classe moyenne alors qu’il laisse filer les ultra-riches, sans même une toute petite ponction supplémentaire. Il y en aurait beaucoup, des questions à poser!

Comme le PQ est pressenti pour remporter les prochaines élections qui pourraient être déclenchées d’un jour à l’autre, ce budget d’austérité sera probablement avalisé sans aucune contestation par le prochain gouvernement majoritaire de Pauline Marois.

Encore une fois, c’est la classe moyenne qui va devoir saigner le plus pour satisfaire à une vision austère imposée à une province qui aurait bien besoin d’espoir couplé à plus de créativité pour protéger ce qu’il reste du pilier social que constituent les ménages ni-pauvres, ni-riches.

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