C’est la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) qui vient d’annoncer un immense projet de transport collectif entièrement électrifiés avec des systèmes informatisés, sans conducteur.

Ce projet de 5,5MM$ appelé Réseau électrique Montréal dont 3MM$ investi par la CDPQ et le reste probablement financé par Québec et le Canada est énorme. C’est comme un projet de la Baie James mais à Montréal.

Entre 2017 et 2020, le chantier de cet immense réseau de transport sur rails sera un projet catalyseur pour un développement économique stimulé. Que ce soit pour la construction commerciale ou résidentielle, le réseau du système léger sur rails (SLR) relancera la pertinence d’investissements public et privés, tout le long des rails.

Avec 67 km de rails, jonchés de 24 stations, ce nouveau réseau de transport sur rails sera connecté aux autres moyens de transport public, dont le métro de Montréal.

Le ministre des Transports du Québec, Jacques Daoust parle d’un projet majeur qui va transformer Montréal, pour le mieux. C’est un grand coup pour le gouvernement majoritaire libéral et Philippe Couillard parle déjà de ce projet comme s’il s’agissait de son principal lègue à la postérité.

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Va-t-on un jour rebaptiser ce réseau “SLR Philippe-Couillard”? Impossible de le dire mais le principal intéressé y verrait probablement une fleur à son implication pour voir à faire réaliser cet immense chantier.

Le communiqué

La CDPQ a publié un important communiqué de presse pour détailler le projet et vu l’ampleur de l’investissement, ça vaut la peine de le re-publier, ici afin de ne rien manquer.

Voici ce qui a été publié, de manière officielle:

24 stations – 67 km – 20 heures par jour – 7 jours sur 7

Montréal, le 22 avril 2016 – CDPQ Infra, filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec, a proposé ce matin un projet intégré de transport collectif de calibre mondial, le Réseau électrique métropolitain (REM), 288 jours après sa création. La présentation de cette solution est le coup d’envoi de consultations auprès des parties prenantes et des citoyens concernés au cours des prochains mois.

Le REM propose d’intégrer à la fois le centre-ville de Montréal, la Rive-Sud, l’Ouest de l’île (Sainte-Anne-de-Bellevue), la Rive-Nord (Deux-Montagnes) et l’aéroport au sein d’un seul réseau de système léger sur rail (SLR) entièrement automatisé et électrique de 67 km, incluant 24 stations et un service 20 heures par jour, 7 jours sur 7.

La longueur de ce tracé équivaut au troisième plus grand réseau de transport automatisé au monde après ceux de Dubaï (80 km) et de Vancouver (68 km), et juste avant celui de Singapour (65 km). Le REM représente également la plus grande infrastructure intégrée en transport public depuis le métro de Montréal, inauguré en 1966. Ajouté aux systèmes de transport existants (métro, trains et autobus), il ouvre une nouvelle ère de développement pour le transport collectif dans la grande région métropolitaine.

La proposition de CDPQ Infra permet :

  • d’offrir un service intégré, efficace et fiable
  • de proposer au Québec un premier projet de partenariat « public-public »
  • de construire un réseau structurant pour la région métropolitaine et le Québec
  • d’encourager une solution axée sur la mobilité durable

Un service intégré, efficace et fiable

En proposant un seul réseau de transport intégré, le REM offrira plusieurs options de déplacement efficaces et simples dans la région métropolitaine. La connexion avec les autres réseaux (métro, trains et autobus) a aussi été pensée de façon à accentuer la facilité des déplacements.

Avec un service fréquent et régulier de 5 h à 1 h – 20 heures par jour, tous les jours – le REM propose une nouvelle dynamique de transport et des gains de temps importants pour les usagers. En optant pour des voies dédiées, cette solution rendra les déplacements rapides et fluides. Les clients disposeront aussi d’information en continu sur l’état du réseau et d’une connexion Wi-Fi.

Les nouvelles stations seront intégrées à la trame urbaine et seront conçues pour permettre un accès facile aux piétons, vélos, voitures et autobus. Ces stations seront protégées, tempérées, dotées d’ascenseurs et respecteront les principes de l’accès universel.

Finalement, en empruntant l’axe de l’autoroute 40 pour rejoindre l’Ouest de l’île, le tracé permet de dédier un corridor aux passagers du transport en commun sans partage des voies avec les trains de marchandises.

Un modèle public-public

La solution retenue vise à renforcer la vitalité économique de la métropole et démontre l’intérêt du modèle de partenariat public-public de CDPQ Infra. Tout en améliorant la vie des gens et leur quotidien, ce projet générera des rendements stables pour la Caisse et ses déposants.

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« Aujourd’hui, nous proposons une solution de transport collectif innovatrice, qui améliorera la qualité de vie à Montréal et qui aura un impact structurant sur les plans économique, social et environnemental. Le REM améliorera la compétitivité globale de la région métropolitaine », a déclaré Michael Sabia, président et chef de la direction de la Caisse. « Ce nouveau réseau de transport collectif générera aussi des rendements stables et de long terme, parfaitement alignés sur les besoins de nos déposants, soit tous les Québécois. »

« Ce projet s’inscrit donc parfaitement dans la stratégie globale de la Caisse et dans notre approche d’investissement au Québec, qui vise le déploiement de projets structurants et rentables. Chaque fois qu’un client utilisera ce nouveau système de transport, il contribuera du même coup au financement de sa retraite future. Cette dynamique de cercle vertueux représente bien le principe derrière le modèle de partenariat public-public », a ajouté M. Sabia.

« Neuf mois après la création de CDPQ Infra, nous franchissons une autre étape importante. Il reste encore du chemin à faire, mais une solution à la fine pointe de la technologie est aujourd’hui proposée », a déclaré Macky Tall, président et chef de la direction, CDPQ Infra. « Avec un service très fréquent, 20 heures par jour, l’accessibilité universelle et le Wi-Fi offert sur l’ensemble du réseau, le REM promet d’améliorer les déplacements de centaines de milliers de personnes. Nous maintenons notre engagement à livrer le projet dans le respect des budgets et des échéanciers. »

Un réseau structurant pour la région métropolitaine et le Québec

Ce projet représente un investissement de l’ordre de 5,5 milliards de dollars. La Caisse s’engage à participer à la hauteur de 3 milliards de dollars dans ce vaste réseau. Le montage financier envisagé requiert aussi un investissement des gouvernements du Québec et du Canada. 

« Les retombées potentielles d’un réseau aussi structurant que celui proposé aujourd’hui représentent plus de 3 milliards de dollars sur quatre ans pour le PIB québécois. En ce qui concerne les développements immobiliers le long du tracé, près de 5 milliards de dollars en investissements privés sont actuellement anticipés », a souligné Christian Dubé, premier vice-président, Québec de la Caisse. « De telles retombées démontrent bien que les objectifs de rendement de la Caisse vont de pair avec le développement économique du Québec. »

Près de 7 500 emplois directs et indirects seront également générés durant chacune des quatre années de construction de ce nouveau réseau. Plus de 1 000 emplois permanents seront générés à la suite de sa mise en service.

Des réserves de capacité ont aussi été prévues pour les besoins futurs et cinq stations potentielles sont envisagées selon le développement de certains secteurs, dont les universités de Montréal et McGill. Le tracé proposé traversera aussi des secteurs à fort potentiel de développement économique, dont l’aéroport, le Technoparc St-Laurent, l’Université de Montréal, le Bassin Peel et le secteur Bridge-Wellington.

Une solution axée sur la mobilité durable

Ce nouveau réseau, entièrement électrique, propose une solution de transport efficace, accessible et bien connectée aux réseaux existants, incitant à l’utilisation du transport collectif dans cinq secteurs stratégiques de la région métropolitaine.

Le REM pourrait ainsi contribuer à la diminution de près de 16 800 tonnes de GES annuellement et donc à une économie sobre en carbone. Du même coup, ce nouveau réseau de transport pourrait permettre de réduire les pertes économiques liées à la congestion routière, qui sont estimées à 1,4 milliard de dollars annuellement dans la région métropolitaine.

Prochaines étapes et conditions de succès

La réalisation de ce grand projet en transport collectif est conditionnelle à la participation financière des gouvernements du Québec et du Canada, qui fait partie intégrante du montage financier envisagé.

CDPQ Infra entamera au cours des semaines à venir un processus de consultation auprès des différentes parties prenantes. Des séances d’information et d’échanges seront aussi organisées auprès du grand public, et ce, dans l’ensemble des secteurs touchés par ce vaste réseau. CDPQ Infra s’engage ainsi à maintenir une communication active, régulière et transparente tout au long des différentes étapes du projet.

CDPQ Infra prévoit également soumettre ce projet au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) à la fin de l’été 2016.

CDPQ Infra s’assurera d’agir avec rigueur et diligence tout au long de son processus d’approvisionnement en procédant à des appels d’offres internationaux ouverts et transparents. Sa structure de gouvernance s’inspirera des meilleures pratiques mondiales en matière d’efficacité et de transparence.

Si toutes les étapes sont franchies avec succès, le début des travaux est actuellement prévu au printemps 2017, afin que les premières rames commencent à être mises en service vers la fin de 2020.

Les citoyens sont invités à consulter la nouvelle section Projet du site cdpqinfra.com pour obtenir davantage d’information.

Pour suivre le projet sur Twitter : @CDPQInfra

Il y a beaucoup de points qui vont faire l’objet de débats au cours des prochaines semaines, notamment le prix des passages qui n’est pas mentionné dans ce communiqué de presse.

Est-ce que ce sera abordable?

Si l’on se fie au ministre Daoust, il semblerait que oui mais au fond, c’est quoi “abordable”? L’idée étant de transporter quelques 150,000 personnes, par jour alors nécessairement, il faudra que le prix soit correct.

Argent

Ça demeure une somme colossale.

Déjà, des contribuables se demandent si le montant demandé pour construire ce réseau n’est pas abusif.

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Difficile d’avoir des comparables puisqu’il s’agit d’un réseau électrifié et autonome où l’on retrouve une bonne dose d’innovation.

Est-ce que ce réseau sera suffisant pour réduire l’étouffement autoroutier de la métropole? Seul l’avenir le dira.

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