L’amour est-il vraiment dans le pré?

La populaire série de télé-réalité connue, au Québec, sous le nom de L’amour est dans le pré était déjà populaire aux États-Unis sous le nom de The Farmer wants a Wife et dans les deux cas, les gens s’y reconnaissent même s’ils ne sont pas des fermiers ou même, des résidents de la campagne.

C’est comme si ces grands espaces où habitaient nos ancêtres ne nous avaient jamais quitté. Pour d’autres qui habitent la campagne ou mieux, sont fermiers, c’est miroir sur leur réalité, éloignée des grands-centres mais près de cette nature qu’ils aiment tant.

La formule n’est évidemment pas égale pour tout le monde, quand on parle des difficultés dues à l’éloignement physique des grandes villes mais pour cette saison 2016 de L’amour est dans le pré, on a vu que cette distance a scellé la mort des 5 relations qui s’étaient pourtant bien développées, au cours de l’émission.

Il faut préciser que le tournage de l’émission dure environ 3 semaines, voyage dans le Sud compris.

Ce n’est pas très long pour se faire une idée de la conjointe idéale avec qui bâtir sa vie. À part un authentique coup de foudre, c’est tout un défi d’y voir clair en si peu de temps. Ceci dit, puisque le rythme est rapide, ça donne une émission gorgée de rebondissements télévisuellement très efficaces.

Voici un bref rappel des profils des fermiers qui ont participé à l’émission:

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Alexandre C > Marianne

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Alexandre P > Liliane

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Jean-Baptiste > Sandrine

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Nicolas > Audrey

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Olivier > Sabrina

Alors pour cette saison 2016, les 5 jeunes fermiers se sont trouvés des conjointes potentielles avec qui ils voulaient tenter l’aventure du voyage dans le Sud et même, s’investir plus sérieusement, après.

Si et seulement si, la magie opérait, au moment du voyage.

Résultat?

Même les fermiers qui ont passé des moments agréables avec leur coup de cœur, pendant une longue semaine, dans le Sud, sont revenus pour devoir faire face à la dure réalité de la distance physique entre leur ferme et la résidence de celle pour qui ils avaient développé des sentiments.

Dans le cas des fermiers qui n’avaient pas connecté, pendant leur semaine sur les plages paradisiaques du Sud, la décision au retour était très simple. Si ça ne fonctionnait pas au paradis alors ça ne servait à rien d’essayer de faire coller l’amour, une fois revenu dans le pré!

Mais il y a eu ces fermiers qui, eux, après leur voyage dans le Sud, auraient aimé pouvoir envisager que la femme qui les avaient conquis prenne la décision d’aller les rejoindre, dans le pré.

Puisque ces jeunes femmes ont une vie, loin du pré, ce déménagement éventuel semblait tout simplement impossible.

Amour à vitesse variable

C’est une chose pour une jeune femme d’aimer un fermier, d’apprécier ses valeurs et son bon jugement mais d’aller le rejoindre dans son pré?

Dans cette édition 2016 de L’amour est dans le pré, c’est là que tout s’est brisé.

Lorsque le fermier habite trop loin, disons, à 4 heures de route, les rapprochements deviennent tellement compliqués que faire des plans à deux relève du miracle. Un peu comme lors des 3 semaines de l’émission où, là, les rencontres étaient soigneusement planifiées et documentées.

Dans la “vraie vie”, le pré des fermiers était si loin des grands centres que les jeunes femmes ne se sont pas davantage battu que les fermiers pour faire durer leur courte relation, même si elles disaient y avoir trouvé l’amour.

Pas juste la distance

Il y a eu 5 fermiers qui ont trouvé la femme qu’ils cherchaient et la raison qui explique qu’après leur retour du voyage dans le Sud, leurs histoires d’amour n’aient pas tenu le coup est unique à chacun.

C’est un constat plutôt triste, sur notre société.

Tout le monde travaille, les hommes comme les femmes.

Tellement qu’au final, trouver du temps pour l’autre devient un défi insurmontable.

Si on ajoute la distance à cette équation déjà compliquée, là, c’est juste impossible de continuer sans porter un coup presque fatal aux plus grandes ambitions du rêve de “vivre à deux”.

Il n’y a pas que “dans le pré” où cette problématique brise les couples potentiels qui, autrement, voient un avenir ensemble.

Tout le monde se reconnaît dans cette dynamique passablement inhumaine où la formation d’un couple se trouve attaquée de toute part, malgré l’amour.

Déménager

Ah! Le fameux déménagement…

Si l’amour est au rendez-vous et que le désir de vivre à deux est mutuellement partagé, l’idée du déménagement se pointe le bout du nez.

Dans le cas de l’émission L’amour est dans le pré, ce serait normalement aux jeunes femmes de choisir d’aller rejoindre leur amoureux, à sa ferme.

Mais une ferme, c’est loin.

Très loin et certaines diront même trop loin. Si loin qu’en fait, il vaut mieux abandonner l’amour que de s’imaginer vivre si loin de tout, pour partager un amour qui, au fond, peut probablement être trouvé ailleurs. Plus près de la maison, idéalement.

Ainsi, l’idée de déménager n’a pas séduit les jeunes femmes.

Il faut dire que celles choisies pour l’émission semblaient avoir des situations enviables. Demeure attrayante, importante présence de leur famille dans leur vie, grand cercle d’amis et bel emploi (ou études) pour donner une sens à leur quotidien.

Où on-t-elles de la place pour un conjoint-fermier, dans ce tourbillon social déjà très occupé?

Dans les faits, pour avoir accès à ces jeunes femmes, les fermiers devraient habiter près de chez-elles ou encore, avoir beaucoup de temps à investir dans le transport, pour aller les rejoindre, au moins la moitié du temps.

La réalité de la ferme ne laisse cependant pas assez de temps au fermier pour entretenir ce genre de relation à distance alors à moins que la jeune femme soit intéressée à déménager pour fonder un foyer avec le fermier de ses rêves, il n’y aura aucune suite concrète à cette ébullition émotionnelle de 3 semaines, le temps où dure réellement le tournage de l’émission.

Jeunesse isolée

L’émission de télé-réalité montre au petit écran des jeunes hommes et des jeunes femmes qui, malgré leur propension à la bonne humeur, semblent fondamentalement isolés.

Isolés physiquement dans le cas des fermiers mais isolés dans leur routine de vie, pour les jeunes femmes.

Et on comprend vite qu’aussi bien les hommes que les femmes trouvent une part importante de leur bonheur dans cet isolement.

Certes, les deux voudraient l’amour mais au final, ce n’est pas l’amour ni le risque relationnel que ça implique qu’ils ont choisi.

Aussi bien les hommes que les femmes ont choisi de demeurer isolés.

Ils ont choisi ce qu’ils connaissaient. Où ils sont à l’aise et émotionnellement, davantage en sécurité.

Opérer une ferme, c’est un boulot exigeant mais convaincre une femme de venir vivre ce type de vie, c’est tout un défi, d’où l’utilité de cette émission qui malgré tout, offre une fenêtre d’opportunité unique à des jeunes gens qui cherchent l’amour et qui, en temps normal, ne se trouvent pas.

Le pré

S’il est une chose qui devrait ressortir de cette émission, c’est que le bonheur se trouve où qu’il existe un humain capable de le créer.

Aussi bien les fermiers que les jeunes femmes qui leur ont démontré leur affection ont démontré leur capacité à créer une réalité imprégnée de bonheur de vivre.

Ce qui est dommage, c’est qu’en fin de compte, personne n’a voulu risquer la vie à deux.

Les expériences demeurent ce qu’elles sont. Des expériences mais en fin de compte, on a vu, de nos yeux que le pré, c’est un réel obstacle non pas au bonheur mais à la vie à deux.

Puisque ce genre de problématique très concrète a lieu dans la vraie vie aussi, il faudrait s’activer à penser des solutions pour que la vie à deux soit davantage à la portée de ceux et celles qui la désirent, aussi bien en ville que dans le pré.

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