L’opération Marteau, est-ce sérieux?

La corruption est rampante dans l’industrie de la construction, au Québec.

Selon l’émission Enquête de Radio-Canada, où l’essentiel du scandale a été exposé au grand jour, les Québécois auraient payé de 35 à 40% en trop pour les contrats attribués par voie d’appels d’offres.

Pourquoi?

Parce que les principales compagnies de construction, à Montréal et probablement ailleurs au Québec, aussi, auraient travaillé ensemble pour gonfler artificiellement les prix des soumissions et au fil du temps, auraient influencé à la hausse les prix liés à la réalisation de divers travaux.

Les grands gagnants seraient les entrepreneurs qui participaient à ce “racket” et les perdants et bien, vous en faisiez partie parce qu’il s’agit de tous les Québécois.

La mafia montréalaise (ou “mafia italienne”) aura également empoché des sommes astronomiques via ce subterfuge dont personne “in the know” n’avait le droit de parler, sous peine de se faire “réduire au silence”. Mais là, le proverbial chat est sorti du sac et les Québécois exigent des comptes.

En réponse à la volonté populaire de faire le ménage dans le milieu de la construction et démanteler la mafia montréalaise, au passage, le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis a annoncé l’opération Marteau, en compagnie du ministre du Travail, Sam Hamad, du ministre du Revenu, Robert Dutil, ainsi que du directeur de la Sûreté du Québec (SQ), Richard Deschesnes.

Les Québécois s’attendent à ce que les frappes contre les entrepreneurs corrompus et leurs collaborateurs soient rapides, décisives et sans appel.

La SQ sera-t-elle capable de livrer la marchandise, comme le demande la population?

Et bien, on peut se le demander…

Par exemple, à 14h20 aujourd’hui, la ligne 1 888 444-1701 qui sert à dénoncer les crimes économiques NE RÉPONDAIS PAS et ce n’est que plusieurs tentatives plus tard, un peu avant 14h45 qu’un agent a daigné décrocher le téléphone!

Imaginez, le ministre Jacques Dupuis demande aux Québécois “qui savent des choses” d’appeler à ce numéro pour dénoncer les abus dans le domaine de la construction et là, on constate qu’il y a de longs moments où personne ne répond, ce n’est pas sérieux.

Mais ce n’est pas tout, l’agent qui répond semble un peu perdu (ou désintéressé, ce n’était pas clair).

Au téléphone, il répond avec un mélange baragouiné de “[…] crimes économiques […]” et lorsque je lui ai demandé si c’était bien la ligne pour les dénonciations liées à l’opération Marteau, il a répondu “euh…” et après lui avoir précisé que c’était une opération qui avait été annoncée par le ministre Dupuis, il a finalement allumé avec un “ah-ouin… mais la ligne sert pour tous les crimes économiques” alors c’est clair, l’opération Marteau n’a PAS sa propre ligne sans frais, c’est un numéro général, sans plus.

Je lui ai demandé comment il se faisait qu’il n’avait pas l’air à bien connaître l’opération Marteau et il a répondu qu’il n’y avait encore rien de fait, pour cette opération et que l’équipe n’était pas encore monteé — wow! Je me sentais à des années lumières de l’annonce triomphante du ministre Dupuis!

L’agent a voulu savoir pourquoi j’appelais mais je l’ai rassuré en lui disant qu’il avait répondu à mes questions.

En fait, si j’avais été un entrepreneur qui avait des renseignements à livrer sur la mafia, je ne me serais pas senti en confiance pour livrer des détails ou même, pour communiquer mon identité.

Ce numéro de dénonciation, en clair, donnait l’impression d’être un service de “broche à foin” — il n’en est probablement rien mais je venais peut-être de tomber sur l’agent qui finissait sa “pause syndicale” et qui n’avait pas le goût de “parler au monde” mais ça m’a laissé une bien curieuse impression. Comme si le ministre Dupuis avait lancé quelque chose de gros qui, en fin de compte, ça aboutissait dans un service téléphone moribond et désintéressé.

Je m’attendais à une ligne qui répondait avec le nom de l’opération et où j’aurais parlé avec un agent à la voix ferme et franche qui m’aurait inspiré confiance de par son professionnalisme et sa détermination mais la réalité était toute autre.

Si j’étais un membre de la mafia montréalaise, je trouverais bien drôle qu’une opération aussi importante aboutisse dans le standard téléphonique d’un agent aussi “chausson” (faute d’un terme plus précis). Si l’opération Marteau continue d’être administré de la sorte, les criminels peuvent dormir tranquilles.

Et ne cherchez pas l’opération Marteau dans le site web de la Sûreté du Québec puisqu’il n’y en a AUCUNE MENTION, même pas dans les communiqués!

site_web_de_la_surete_du_quebec

L’agent m’a expliqué qu’il fallait du temps pour que ce genre d’information se retrouve sur le site web mais vu l’ampleur de l’opération, on aurait pu croire que le numéro de téléphone, à tout-le-moins, aurait pu être publié.

Mais bon, malgré l’évidence d’un départ laborieux, les Québécois vont devoir espérer que les policiers vont sortir de leur apparente léthargie pour faire que l’opération Marteau passe à l’histoire, pour avoir mis fin au banditisme dans le domaine de la construction, au Québec.

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Un commentaire

  • *Si l’Église peut être infiltrée par des déviants sexuels, homosexuels et lesbiennes, alors est-ce si difficile d’imaginer que plusieurs forces policières du Québec, Canada aient aussi été infiltrées par ces mêmes déviants sexuels? Non seulement sont-ils infiltrés de façon extensive, mais ce sont certaines les plus grandes forces policières au Québec qui sont concernées. Au début, j’avais des informations suggérant que c’était quelque chose qui était survenu sur une période de quelques années dans le passé, mais récemment j’ai appris qu’encore aujourd’hui, de nouveaux officiers qui joignent ces forces sont pour la plupart des déviants sexuels.
    Un homosexuel m’a dit qu’environ 6% de la population, peu importe l’époque, est homosexuel. Par conséquent, c’est seulement logique que les homosexuels dans le passé qui soient entrés en prêtrise se dirigent maintenant vers d’autres emplois, et selon mes sources ici au Québec, que cet autre emploi soit les services de police.

    *Extrait de mes écrits sur les déviants sexuels dans la Société québécoise.

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