La cohorte des 65 ans et plus augmente

Ah! Le vieillissement de la population… c’est une des mesures les plus fondamentales pour comprendre notre économie.

Impossible de passer outre l’influence sur notre courbe démographique du vieillissement des baby boomers. Et hier, c’est Statistiques Canada qui a publié son plus récent estimé, en regard de la population canadienne où il est confirmé que les 65 ans et plus dépassent les 0 à 14 ans, en nombre.

Chacun de ses groupes avoisine les 16% (avec un léger surplus du côté des 65 ans et plus) mais en projetant ces proportions en 2024, on constate qu’à ce moment, les 65 ans et plus atteindront les 20,1% alors que les 0 à 14 ans demeureront stables à 16%, donc une croissance maintenue mais sans plus.

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Ainsi, la tendance est là pour longtemps.

C’est un signe chiffré du vieillissement de la population canadienne.

Pour notre économie et nos finances publiques, les conséquences sont immédiates. Plus les gens vieillissent, plus les soins de santé coûtent cher et contrairement à l’éducation pour les jeunes, ce n’est pas aussi payant, fiscalement, pour notre société. En ce sens, il faudrait que notre gouvernement prenne des mesures pour atténuer l’impact de la cohorte vieillissante sur nos finances publiques.

Sans enlever quoique ce soit aux personnes âgées de 65 ans et plus, n’y aurait-il pas moyen de minimiser leur impact négatif dans les finances publiques? Certes, leurs revenus décroissent, pour atteindre zéro, au fil des ans et conséquemment, leurs contributions à l’effort collectif diminue aussi et comme leur cohorte pèsera plus lourd que jamais dans la balance, il faut user de créativité pour éviter que les dépenses à leur endroit ne pèsent trop lourd sur les plus jeunes pour lesquels la vie coûte excessivement cher.

Quand on parle d’équité entre les générations, la montée graduelle du nombre de personnes âgées de 65 ans et plus a un énorme impact et il ne faudrait pas endetter les générations futures outre mesure.

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Surtout que les baby boomers ont été la génération, de loin, la plus avantagée de l’histoire du pays avec de bons emplois, un accès facilité à la propriété et des avantages sociaux très complets, incluant des outils pour la retraite où eux-même et leur employeur ont pu contribuer, des décennies durant.

C’est tout le contraire pour les jeunes travailleurs qui doivent concurrencer la planète, dans un écosystème social et commercial mondialisé. Les emplois sont devenus précaires, mal payés et de plus en plus en format temps partiel plutôt que temps plein. Les employeurs multiplient les conditions pour accéder à des avantages sociaux, incluant des programmes pour financer une retraite correcte. Ainsi, il ne faudrait pas que le vieillissement des baby boomers vienne ajouter au fardeau des jeunes, déjà qu’ils doivent assumer les énormes dettes publiques dont les baby boomers on énormément profité.

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Alors on constate que la population vieillit et plus que jamais, il faut trouver le moyen de bien prendre soin de nos personnes âgées, sans ruiner encore davantage notre bas de laine collectif (qui ressemble à un immense puits sans fond, tellement on est déjà endettés).

Alors, où iront nos retraités?

C’est une bonne question, ça.

Déjà qu’on a l’énorme problème des snowbirds, ces 660,000 Canadiens qui partent en Floride (ou dans le Sud, surtout aux États-Unis) pour au plus 6 mois, à chaque année, avec la montée de la cohorte des 65 ans et plus, on peut s’attendre à ce que ce nombre explose.

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Au cours des prochaines années, le nombre de snowbirds pourrait aller en augmentant pour atteindre le million. Malgré un dollar canadien faible, au moment de publier ce billet, l’attrait des Canadiens pour les chauds rayons de soleil, dans le Sud, ne se dément pas. Nos riches Canadiens à la retraite prennent la Floride d’assaut à chaque année pour éviter nos hivers et pour faire le plein de vitamine-Soleil mais pas trop longtemps (jamais plus de 6 mois) parce qu’ils ne veulent pas perdre leur accès “à volonté” à notre système de santé universel.

Tout le monde comprend que ça fait du bien de prendre du soleil mais là, ça fait beaucoup de monde, pour la plupart en moyens, qui quittent le Canada à chaque année pour aller enrichir… la Floride!

On serait vraiment content, au Canada, d’avoir trois quarts de million de riches Américains qui viendraient nous enrichir, ici, au Nord, pendant 6 mois mais pour l’heure, ça reste une éventualité qui ne se réalisera jamais. Alors nos riches enrichissent la Floride tout en appauvrissant le Canada mais refusent qu’on touche à leurs privilèges même s’ils REFUSENT de contribuer à la vie canadienne, pendant la moitié de l’année. C’est un énorme problème qui tombe sur les épaules, déjà surchargées, de la génération montante qui doit assumer, fiscalement, une part disproportionnellement élevée de l’effort collectif.

Alors quand on voit que les 65 ans et plus gagnent autant de terrain, aussi vite, on doit rapidement s’interroger si nos règles de “vacances dans le Sud, pendant 6 mois” ne sont pas trop généreuses, vu notre contexte démographique qui change.

Sans empêcher les personnes âgées de nous abandonner à notre sort pendant 6 mois de l’année, il faudrait au moins qu’il y ait un ajustement proportionnel des avantages qu’ils reçoivent, afin d’éviter que les riches snowbirds n’aient le beurre (le soleil du Sud) et l’argent du beurre (les chèques de pension et la santé “gratis”, sans condition).

Peut-on continuer à s’enrichir, collectivement?

Bien sûr que oui mais il va falloir accompagner les 65 ans et plus qui veulent continuer à contribuer à l’enrichissement du Canada et des Canadiens.

Au premier chef des priorités, il faudrait constituer des initiatives de financement de projets des plus jeunes par les plus vieux parce qu’en ce moment, des centaines de milliards de dollars dorment dans des comptes d’investissement des institutions financières pendant que les plus jeunes n’arrivent plus à trouver de financement pour leurs projets.

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Alors deux phénomènes se produisent. Nos visionnaires déménagent leurs projets là où il y a du financement ou les moins chanceux jettent la serviette et ne créent jamais leur entreprise qui aurait pu devenir un nouveau moteur économique.

Que ce soit clair, tout est à ré-inventer!

Il faut nettoyer l’environnement, appliquer de nouvelles technologies, revenir à une agriculture sensée et capitaliser sur l’immense quantité de savoirs désormais rendus accessibles via l’internet. Et il existe des opportunités dans à peu près tous les domaines.

Bonne nouvelle, des millions de Canadiens ont des idées d’entreprises mais faute de moyens, ils continueront à vivoter dans leurs emplois “pour payer les comptes” plutôt qu’utiliser les fortunes des personnes plus âgées pour lancer des projets et des entreprises qui les enrichiront, eux, leurs investisseurs, leurs employés, leurs partenaires et le pays.

Il y a moyen de réussir ensemble, même au moment où la population vieillit.

Mais si les riches Canadiens continuent à aller se cacher dans le Sud, six mois par année, en investissant dans de luxueux condos, dans l’État de Jeb Bush, on s’en va dans le mur, économiquement.

Plusieurs jeunes sont d’ailleurs découragés de voir les baby boomers continuer à penser à eux, en toutes choses. Il est temps de se parler et de travailler ensemble, les vieux avec les jeunes pour jeter les bases d’une économie diversifiée, solide et pleine de bons sens où tout le monde participe au succès.

Faible croissance démographique

La population canadienne a augmenté de quelques 308,000 personnes depuis 1 an, au Canada (au 1er juillet 2015) mais le pourcentage de cette croissance venant de l’immigration est très important, soit 60%.

On comprend donc que quelque chose ne tourne vraiment pas rond pour la natalité, chez les Canadiens. Est-ce la peur pour l’avenir? Le manque de moyens? Des problèmes de santé chez les parents? Des problèmes de fécondité? Il va falloir s’interroger pourquoi notre natalité canadienne est si basse.

On connaît cependant les raisons suivantes…

  • des moyens de contraception plus efficaces;
  • les jeunes qui restent aux études plus longtemps;
  • les mariages ont lieu plus tard, dans la vie; et
  • les femmes qui ont accès au marché du travail.

C’est un peu la signature démographique qu’on retrouve dans un la plupart des pays comparables au Canada, en ce moment.

Pendant ce temps, les politiciens se tournent vers l’immigration pour faire augmenter la population du pays. Est-ce que nos politiques publiques sont bien ajustées, pour favoriser les naissances plutôt que l’immigration?

Mais bon…

Le vieillissement de la population canadienne est un enjeu important qui a des impacts immédiats et persistants sur notre économie.

À nous de s’intéresser à cette question et trouver les moyens pour grandir, ensemble, malgré ce constat chiffré qui pourrait faire peur (fin des entrées d’argent et accélération des dépenses).

Il existe des solutions et les Canadiens ont prouvé, par le passé, qu’ils savent se regrouper pour gagner.

Ce nouveau défi démographique va conditionner nos politiques publiques pendant des décennies alors il nous revient de penser au pays que nous voulons avoir et prendre les moyens pour l’obtenir.

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