Ignatieff et sa vision plus généreuse de l’assurance-emploi

Voilà que Michael Ignatieff a réitéré, hier, ses menaces de renverser le gouvernement conservateur si ce dernier ne présente pas une réforme du régime d’assurance-emploi avant le début de l’été.

L’assurance-emploi revêt une grande importance pour un pays, comme le Canada, qui traverse une grave crise financière mais est-ce vraiment un prétexte valable pour plonger en élections? Pour certains, oui, apparemment. Mais tout le monde ne le voit pas ainsi, notamment dans le camp conservateur.

Après avoir gagné sa course au leadership libéral, le nouveau “chef” a besoin de montrer qu’il a des dents, pour faire image. C’est probablement pourquoi il attendait un prétexte, n’importe quel, en fait, pour prouver sa capacité d’imposer son agenda qui va, pour l’heure, dans le sens d’un assouplissement des règles d’admissibilité à l’assurance-emploi: “Je vous le dis clairement et franchement: je ne peux pas continuer le travail parlementaire si nous n’obtenons pas une réforme substantielle de l’assurance-emploi d’ici la fin de la session.” a-t-il déclaré.

C’est très populiste, comme choix.

Il va marquer des points auprès de tous ceux qui constatent la détresse des Canadiens qui font face à un barrage bureaucratique et règlementaire archaïque, dès qu’ils souhaitent profiter de l’assurance-emploi.

Au fond, qui ne voudrait pas venir en aide à nos concitoyens dans le besoin? Nous sommes tous sensibles à ces travailleurs éprouvés qui semblent incapables d’obtenir de l’aide au moment où ils en ont le plus besoin.

En même temps, les Conservateurs soulignent, à juste titre, que ce sont les Canadiens qui travaillent qui supportent la part du lion du coût de l’assurance-emploi pour ceux qui ne travaillent pas et les demande d’Ignatieff viendraient alourdir encore davantage leur fardeau. Ça aussi, ça fait réfléchir.

On se rappellera que le lendemain de sa nomination officielle à la tête du PLC, le dimanche 3 mai 2009, M. Ignatieff avait déclaré que l’assurance-emploi pourrait être un élément déclencheur d’une élection fédérale. Il a de la suite dans les idées!

Pour ceux qui n’ont pas trop suivi ce dossier, voici un aperçu de l’enjeu…

Harper rejette catégoriquement la possibilité d’imposer une norme nationale d’admissibilité à l’assurance-emploi, comme le réclame l’opposition. Actuellement, il faut cumuler entre 420 et 700 heures de travail, selon les régions, pour avoir droit à des prestations.

Les libéraux proposent que le nombre minimum d’heures de travail requises pour toucher le chômage soit fixé à 360 heures, partout au pays. Ils reconnaissent qu’une telle réforme coûterait 1,5M$ annuellement mais ils font valoir que cette mesure serait temporaire afin d’atténuer les impacts de la crise économique.

Selon le chef libéral , presque 150,000 personnes de plus pourraient bénéficier de l’assurance-emploi si une norme nationale de 360 heures était en vigueur.

Alors que les banquiers canadiens viennent de recevoir de l’aide, directe et indirecte, qui se chiffre autour de 275MM$ (notamment via la SCHL), ce serait de mauvais goût de refuser 1,5MM$ par année (de plus) à ceux qui en ont besoin. Mais dans les deux cas, ça ajoute un stress financier sur le dos des contribuables.

Ce qui ferait du bien à l’assurance-emploi, c’est une diminution marquée de la bureaucratie.

Probablement que tous les partis politiques à Ottawa l’ont remarqué mais ils ne bougent pas. L’assurance-emploi demeure un dinosaure à l’heure où la fonction publique doit se moderniser pour mieux servir les citoyens.

Notons enfin que Michael Ignatieff n’a rien prévu pour les travailleurs autonomes ce qui prouve que sa vision s’arrête là où ses “gains politiques clairs” se terminent.

Et vous, croyez-vous qu’il faille modifier l’assurance-emploi?

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