Prendre des vacances à Montréal, c’est comme chercher le trouble.

Au menu, mille maux de tête à prévoir pour des petites et grosses affaires à peu près impossibles à prévoir et même si vous pré-payez l’hôtel (qui comprend habituellement un “déjeuner américain”, lire, “le strict minimum”), le reste des activités, comme les dîners, les soupers, les stationnements, les “constats d’infraction”, les bosses sur votre auto, les “sqeegies”, les bouchons de circulations, en série, les attractions de jour et les sorties (en soirée) vont vous saigner à blanc.

Et ça, c’est si vous filez en solo ou en duo d’amoureux. Malheur à vous si vous avez une famille à trimbaler car vous allez littéralement vous faire vider les poches… et même, le peu qu’il vous reste dans votre compte de banque. Et vous n’aurez fort probablement même pas l’occasion de vraiment “décrocher”!

À Montréal, même si vous y êtes “en vacances”, vous serez continuellement “sollicités”. Rien pour échapper à votre “réalité prenante”!

En fait, après votre semaine ultra-dispendieuse à Montréal, vous retournerez au boulot sans même avoir eu le “fun” que vous recherchiez, initialement.

Le calcul pour des vacances à Montréal

On fait juste lancer des mathématiques, de même, pour une semaine en solo à Montréal, disons dans un hôtel “correct” comme le Holiday Inn Centre-ville…

Hôtel avec chambre “standard” pour 262,29$ + le “petit déjeuner à 17,25$ + le stationnement à l’hôtel à 30$ / jour = 309,54$ + les taxes (TPS + TVQ) pour un grand total de 355,89$… par jour.

Notez qu’un membership au IGH Rewards Club vous aurait donné un “rabais” de 8,72$ par nuitée et 58 cents sur le déjeuner mais bon, comme peu de gens en sont membres, nous n’en tiendrons pas compte.

Alors, pour 7 jours en solo à Montréal, au Holiday Inn du Centre-ville (pour une semaine à partir du 1er juillet 2017, pour les fins de l’exemple, ici), ça totalise 2,491,26$ et ça, c’est juste pour l’hôtel, le petit déjeuner et le stationnement (à l’hôtel, pas ailleurs où vous vous rendrez).

Et bien, c’est drôlement coquin comme chiffre, 2,500$ pour coucher 7 jours dans un Holiday Inn montréalais, en solo.

Bienvenue aux médecins, aux dentistes, aux pharmaciens, aux dirigeants d’entreprises, aux riches touristes étrangers et aux entrepreneurs à succès, les autres, allez voir ailleurs. Dit poliment, à l’aide d’une facture soigneusement conçue pour vous faire tomber par terre, d’une puissante crise cardiaque!

C’est là qu’on y va avec les petits ajouts de rien du tout. On parle des repas du midi à 20$ et du soir à 30$ et là, c’est zéro alcohol et on y va mollo sur les choix de repas. Ne jamais oublier qu’il y a toujours 15% de pourboire et 15% de taxes à considérer dans le prix de vos choix de repas (“bienvenue” au Québec). À 50$ par jour, ça donne quand même 350$ pour 7 jours. Imaginez une famille de 4 personnes, c’est au moins le double à 700$, sinon plus, beaucoup plus. Bonjour le plaisir de “dépenser à la Montréalaise” mais rassurez-vous, ça aurait été encore pire à Toronto mais là, on parle de Montréal qui est déjà hors de prix.

On pourrait encore s’amuser avec les chiffres pour inclure des sorties de jour et de soir afin d’ajouter un 100$ par jour et on serait conservateurs tellement presque tout coûte cher, à Montréal, ne serait-ce qu’en “temps perdu”, dans les innombrables embouteillages (bip-bip, bumper-à-bumper, sous le chaud soleil d’été, avec la pollution partout autour, “le gros fun noir et sale”). Ce n’est pas juste la construction et les cônes oranges. Avouons-le, le trafic est encore horrible, à Montréal et c’est encore pire en été, quand les touristes (qui n’ont pas lu ce billet) débarquent pour aller voir le Mont Royal et le Vieux-Port.

Alors en gros, pour une semaine en solo à Montréal, on peut dire qu’on est LOIN au-dessus du 3,000$ et en duo ou en famille, on éclipse cette somme en un battement de paupières. Cha-ching! Mais pas à votre avantage, à moins que vous soyez un junkie fini du tourisme à Montréal, vous devriez éviter la métropole, à l’année mais surtout au moment de “prendre des vacances”.

Comparer Montréal à la République Dominicaine

Oh! Que ça va faire mal…

La République Dominicaine, par exemple, botte tellement les fesses à Montréal, en termes d’accessibilité, c’est carrément indécent.

Vous voyez venir la dégelée qui va entrer à pleine vitesse dans les dents des coûteuses “options touristiques” de Montréal.

Puisque le Holiday Inn du Centre-ville de Montréal se réclament d’un 4,3 étoiles sur 5, on va y aller avec le Riu Republica de Punta Cana qui, lui, se présente comme un 4,17 sur 5.

C’est à peu près le même calibre d’offre hôtelière mais il y a de nombreuses différences. Commençons avec le prix, pour 1,645$, pour les 7 jours, vols aller et retour compris, sans oublier 3 repas (à volonté ou à la carte, par jour, incluant les collations, l’essentiel du “service aux chambres” et aussi, une vaste sélection d’alcools, à volonté) et ce, dans un resort moderne, près d’une plage de sable fin, au bord de la mer turquoise.

Un peu différent de la rue Sherbrooke, à Montréal. Une autre “expérience”, cela va sans dire!

Voici les détails de la chambre “vue jardin” offerte via Sunwing…

Pour vous mettre un peu dans le ton, voici à quoi ressemble l’extérieur du resort, sis sur une magnifique plage, en bord de mer…

Même pas besoin de comparer ça à Montréal, on comprend immédiatement que les deux offres touristiques sont aux antipodes.

À Montréal, on peut vivre une expérience urbaine mais avec le bruit, la pollution, l’effervescence de la construction partout et des millions de personnes qui s’entassent sur les routes pour le travail, ce n’est pas si simple de s’y reposer. Certains y arrivent, en se barricadant dans leur chambre d’hôtel mais sinon, c’est loin du ressourcement qu’apporte une escapade au bord de la mer, dans un resort plutôt luxueux, comme le Riz Republika de Punta Cana (et il y en a plein d’autres, selon vos préférences et vos moyens).

État des lieux

On peut donc affirmer, sans trop se tromper que si vous n’avez que quelques semaines de vacances à prendre, vous êtes presque toujours mieux d’aller vous reposer dans le Sud, au soleil et loin de la congestion urbaine.

Vous avez un avantage financier clair à prendre l’avion vers le Sud mais c’est aussi une question de ressourcement.

Et si vous regardez l’activité à l’aéroport de Montréal, vous verrez que c’est un gros non-stop Nord-Sud pour Sunwing, Air Transat et Vacances Air Canada, aussi bien vers la Floride que les Caraïbes.

Les Québécois dépensent beaucoup, en vacances mais de plus en plus, ils dépensent leurs milliers de dollars-vacances, dans le Sud, à l’étranger, loin des offres touristiques du Québec, qu’importe les “efforts publicitaires” de Tourisme Québec qui semble complètement dépassé devant cette émigration-vacances de centaines de milliers de Québécois, à chaque année (plus proche du million, en fait).

Ce serait pourtant possible de remettre Montréal au goût du jour en y adoptant une utilisation plus stratégique du territoire et des ressources qui s’y trouvent mais comme les prix demeurent élevés et que la synergie touristique local y semble encore minimale ou encore, sur une base très inégale, les touristes québécois votent avec leurs pieds (et leur porte-feuille) en allant se reposer, ailleurs.

Pourquoi parler de tourisme? Parce que c’est une immense opportunité pour le Québec qui se trouve à moins de 10 heures de route des principales villes de la côte Est américaine et pourtant, notre offre touristique ne fonctionne absolument pas à son plein potentiel.

Mais bon, à chacun ses préférences, ses goûts et ses choix.

Si l’industrie touristique de Montréal veut du changement, elle n’a qu’à se comparer, froidement, à la concurrence, incluant celle du Sud. Et là, il lui sera possible de s’ajuster, si elle le souhaite.

D’ici là, les touristes québécois à la recherche d’une escapade-repos pourront, eux aussi, faire les choix qui leurs plaisent, probablement dans le Sud, l’espace d’une semaine de vacances de rêve, avec des rivières de selfies qui respirent le bonheur, sur la plage d’un resort “tout inclus” du Sud.

Et si vous prenez vos vacances à Montréal, sachez qu’il y a quand même de très belles découvertes à y faire, quitte à faire la part des choses pour le bruit, la pollution et la cohue généralisée. À part ça et les frais démesurés, vous aurez vos moments agréables, c’est à peu près certain!

On aime Montréal, bien entendu (et beaucoup, même) mais on l’aime tellement qu’on la voudrait capable de rehausser le niveau de son offre touristique pour correspondre à ce qu’on recherche, vraiment, en matière de moment-vacances abordable, relaxant et ressourçant.

On verra si quelqu’un “entend ce message” et réussit à faire revenir les Québécois… au Québec, au moment de leurs vacances.

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