Essence à plus de 1,50$ à Montréal

On aimerait bien prendre les riches membres de l’oligopole pétrolier en pitié mais on dirait qu’ils font exprès de nous vider le portefeuille, à chaque fois qu’ils le peuvent!

Quand on identifie les Esso, Shell, BP, Irving, PetroCanada et Ultramar de ce monde, on désigne des groupes industriels plus grands que nature qui se partagent (plus ou moins en collégialité, au sein d’un oligopole) l’exploitation, la transformation, la valorisation, la distribution et la vente de produits pétroliers, dont l’essence qui, hier, mercredi le 16 avril 2014, a vu son prix dépasser le seuil de 1,50$, le litre.

Tout le monde se doutait qu’à la veille du vendredi de Pâques, les pétrolières en profiteraient pour monter leurs prix mais là, c’est une hausse qui va forcer des automobilistes à reconsidérer certains déplacements, à l’occasion de la fête pascale.

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Il s’agit d’un bond d’environ 10 cents mais pour les automobilistes montréalais qui sont tannés de payer sans cesse plus cher pour alimenter leur véhicule en essence, c’est 10 cents de trop!

On parle d’une hausse de 5 à 6 dollars pour le plein d’une voiture de taille moyenne.

Ce n’est pas une fortune mais en même temps, les salaires des travailleurs n’augmentent pas au même rythme que le prix de l’essence alors pour les automobilistes, c’est une perte nette.

Le pire, c’est qu’une bonne partie de ce carburant brûle au beau milieu de stationnements à ciel ouvert, sur tout le réseau routier montréalais, aux heures de congestion. Le problème, c’est qu’à Montréal, c’est congestionné de plus en plus souvent. Construction, mauvaise synchronisation des feux de circulation, mauvais entretien des routes (nids de poules), surveillance policière frôlant le zèle et accidents ajoutent un stress énorme aux automobilistes qui brûlent de l’essence, coincés dans d’interminables bouchons pour aller au travail… ou en revenir.

C’est un peu dingue de brûler ainsi son argent mais tant que nous ne déciderons pas collectivement de se tourner vers le télétravail ou des horaires atypiques, ce n’est pas le transport en commun qui va solutionner les embouteillages constitués par les centaines de milliers de véhicules qui empruntent quotidiennement nos grandes et petites voies d’accès, sur l’Île et dans les couronnes sud et nord.

Cette nouvelle hausse serait le fruit de la spéculation sur le cours du baril de Brent (de la mer du Nord), transigé à Londres. Il s’agit du mélange de pétrole constituant les deux tiers des échanges mondiaux de pétrole et il coûte un peu plus cher que le West Texas Intermediate (WTI) parce qu’il est de meilleure qualité et livre plus d’énergie par baril.

Ainsi, le monde entier se livre une concurrence féroce pour obtenir sa part de pétrole.

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Le Québec ne fait pas exception et là, on peut se demander quelles sont nos options.

  • Augmenter nos achats de pétrole albertain, idéalement raffiné au Québec une fois amené par lien ferroviaire, faute d’avoir un réseau de pipelines, avec tous les dangers que ça comporte?
  • Aller acheter des champs pétrolifères au Nigéria, au nom du Québec et amener ici, par super-tanker, ce dont on a besoin pour ensuite vendre la balance que nous n’utilisons pas aux autres pays-acheteurs, à travers le monde, avec les coûts que ça engendre mais aussi les économies que ça peut nous aider à réaliser, à la longue?
  • Travailler conjointement avec Bombardier (pour la production de véhicules) et Hydro-Québec (pour les batteries et les droits sur le moteur-roue du Dr Couture) pour réaliser des véhicules électriques (en tout ou en partie) adaptés à notre réalité climatique et logistique québécoise?
  • Exiger la réalisation du lien TrensQuébec (100% électrique) qui permettrait d’assurer des transports locaux et régionaux de manière abordable?

Pour l’instant, le gouvernement offre des incitatifs à l’achat de véhicules électriques mais ce n’est clairement pas assez pour renverser notre dépendance au pétrole. Il faut faire plus et mieux pour s’extirper de ce piège pétrolier qui repose sur une ressource non-renouvelable dont le prix ira en augmentant, au même rythme que celui de l’augmentation de la demande mondiale. La raréfaction de la ressource va aussi faire augmenter le prix du pétrole alors ne serait-il pas temps de s’organiser pour pouvoir se déplacer… sans essence?

On parle beaucoup d’essence mais il y a aussi l’hydrogène qui pourrait propulser nos véhicules. Et que dire des moteurs hybrides où deux technologies sont utilisées? Par exemple, un moteur à essence appuyé par un moteur électrique consommera nécessairement moins d’essence alors ce serait important de commencer avec ça et trouver le moyen de favoriser cette option, individuellement et collectivement.

Il y a le coût économique de l’essence qui nous pèse sur les bras parce que chaque augmentation du coût du transport se traduit dans le prix de TOUT ce que nous achetons qui a dû être transporté avant qu’on l’achète mais ce n’est pas là tout l’histoire car il y a aussi le coût environnemental.

À l’heure où les bourses du carbone (appuyées par la Californie et le Québec) tentent de nous convaincre qu’il vaut la peine de saigner économiquement pour “compenser” notre empreinte de carbone avec de l’argent (alors que la Chine et l’Inde ne le font pas… et ne le feront jamais), c’est sur le toluène, le benzène et la centaine d’autre composés chimiques hautement toxiques et cancérigènes, qui se retrouvent dans notre environnement après avoir été brulés par nos moteurs à essence, qu’il faudrait porter notre attention.

Tout le monde connaît l’odeur de l’essence, à la pompe et une fois brûlée dans nos moteurs d’automobiles. Cette odeur n’annonce rien de bon pour nous ou notre environnement. Les composés toxiques à la base de l’essence polluent l’air qu’on respire et l’eau qu’on boit et à la longue, ça nous rend malades ou ça nous tue.

Il est temps qu’on se prenne en main, principalement grâce à notre formidable production d’électricité propre (ou enfin, plus propre que l’essence) pour transformer notre relation avec les véhicules qu’on utilise pour se déplacer.

Le modèle d’un véhicule par famille fait beaucoup de sens dans la mesure où on embarque collectivement dans le télétravail (en tout ou en partie) et les horaires variables pour mettre fin aux bouchons de circulation quotidiens. Si ce véhicule fonctionnait autrement qu’avec de l’essence, ce serait bien meilleur pour nous et notre environnement et à la longue, on économiserait.

Ce n’est pas un modèle parfait pour les plus longues distances mais si on a un réseau inter-urbain comme le monorail TrensQuébec pour aller d’une ville à l’autre et y utiliser un véhicule collectivisé (pour les usagers du transport inter-urbain, une fois rendu à destination), ça pourrait correspondre aux besoin de plusieurs automobilistes ouverts à hybrider les moyens de transport pour se rendre du point A au point B.

L’humain ne bouge généralement que lorsqu’il est forcé de le faire. Nous sommes programmés ainsi, pour la plupart des aspects de notre vie.

L’augmentation du prix de l’essence, à la pompe, à Montréal, au-delà du 1,50$ le litre, est un moment privilégié pour se questionner sur notre rapport à l’essence.

Sans prétendre que les solutions sont faciles à implanter, il faut à tout le monde garder l’esprit ouvert à des solutions alternatives pour nos transports individuels et collectifs, à Montréal et partout, au Québec.

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