Encore le recours à l’endettement

Prenez votre situation personnelle, par exemple.

Si vous en arrivez au point où vous avez tellement augmenté votre endettement que des pans entiers de votre mode de vie sont menacés, que ferez-vous?

Dans le cas des citoyens responsables, il y aura une diminution significative des dépenses afin d’allouer les ressources financières ainsi épargnées d’une part, vers des achats plus spartiates d’autre part, vers la réduction de la dette (en diminuant autant de capital que possible).

Un citoyen responsable agissant ainsi sera respecté par ses prêteurs et ne sera jamais à cours de crédit, si de réels besoins devaient survenir. Au fil du temps, la réduction de la dette dégagerait une marge de manœuvre considérable.

Au Québec, par exemple, sur un budget annuel provincial de quelques 60MM$, nous en consacrons quelques 8MM$ à payer l’intérêt sur notre dette. Vous avez bien lu. L’intérêt — sur la dette. Pas le capital. L’intérêt. Ouch!

Et bien, en temps de crise financière, il semble que…

  • Jean Charest;
  • Stephen Harper; et
  • Barack Obama.

…aient tous le même réflexe: s’endetter encore davantage!

Euh…

Nous venons de voir qu’il en va de notre meilleur intérêt de —réduire— notre dette afin de se dégager une véritable marge de manœuvre mais eux, par le plus pur hazard, diront-ils, font exactement la même chose: ils —nous— endettent!

Et ils disent tous faire la bonne chose pour “repartir” l’économie MAIS oublient tous de dire que cet argent nouvellement emprunté (à l’étranger) va s’ajouter à la dette déjà colossale qui est à l’origine de la plupart de nos problèmes.

Pour parler du Québec, en particulier, le “plan de sauvetage économique” de Monique Jérôme-Forget, qui implique principalement que de nombreuses routes soient faites ou refaites (des pépines et du béton), nous laissera des routes en meilleur état qui seront immédiatement détruites par les camions trop lourds que le gouvernement laisse circuler dessus — grrrr… mais quelle “logique” complètement détraquée, que celle du gouvernement québécois!

Qui plus est, une fois ces infrastructures terminées et payées via des emprunts, la dette nationale s’alourdira en conséquence et au lieu de payer 8MM$ par année en intérêts, ce sera plus près de 10MM$ et alors, on entendra Monique Jérôme-Forget se plaindre à tous les Saints du ciel qu’elle a un “manque à gagner” de 2MM$ et qu’elle doit soit tomber en déficit budgétaire (ce qui est déjà fait) ou faire des coupes sombres dans des programmes sociaux qui sont VRAIMENT utiles… comme la santé.

Pourquoi parler de la santé?

Parce que la prédisposition malsaine des Libéraux de Jean Charest à tout transformer en PPP, les fameux partenariats public-privé où le public est toujours perdant, au bout du compte, donne des indices sur les pans de notre système public qu’ils seront ravis de torpiller pour ouvrir toute grande la voie à l’entreprise privée.

Et en santé, le privé gagne d’ailleurs rapidement du terrain.

Le système public voit vraiment aux intérêts des citoyens, coûte beaucoup moins cher et fonctionne de manière bien plus transparente que le privé mais il reste encore des Québécois qui se sont assez fait laver le cerveau pour croire que le privé ne profitera pas de sa position avantageuse pour maximiser ses “profits”, qu’importe les effets sur les “citoyens” pour lesquels il n’a, à toute fin pratique, aucun compte à rendre… contrairement au système public.

Enfin bref, nos gouvernements nous endettent alors qu’ils devraient gérer nos avoirs de manière prudente.

Et éviter de tout privatiser (comme pour le retour des autoroutes à péages, à Montréal).

Pourquoi agissent-ils ainsi?

Qui sont-ils pour décider que la relance économique passe par LEURS IDÉES et non les nôtres, infiniment plus variées, plus agiles et surtout, sans aucun effet sur la dette? Par exemple, en diminuant la bureaucratie, l’État stimulera (gratuitement, ou presque) tous les volets de l’économie. Pourquoi ne le font-ils pas?

Et bien, il semble que ce serait beaucoup trop simple et efficace pour les parlementaires, à Québec. Eux, il leur faut absolument nous endetter de plusieurs autres milliards pour avoir l’air fin… comme ceux avant eux qui nous ont conduit dans ce gouffre financier.

Certes, les barrages d’Hydro-Québec ont été un excellent investissement (mais le mercure dans nos rivières demeure une catastrophe sans nom). Mais là, les politiciens divisent notre belle société d’État en petits morceaux et préparent, sans nous le dire, sa vente partielle ou totale à des intérêts étrangers qui vont ensuite faire une fortune sur notre dos avec les installations que NOUS avons payés!

Regardez le “montage” de Rabaska, pour vous faire une idée de leur asservissement à l’idée de la propriété étrangère. Être “maîtres chez-nous” ne semble pas trop les tracasser… alors que ça devrait!

En tant que citoyens, il faut d’ailleurs monter aux barricades pour défendre toutes nos institutions publiques et surtout, celles qui génèrent d’importants revenus.

Les syndicats sont d’ailleurs les complices parfaits pour les gouvernements dans ce plan —à long terme— visant à privatiser à rabais ce qui fonctionne bien, dans notre fonction publique. Les citoyens ont une mauvaise image des fonctionnaires parce que ces derniers n’ont pas le courage de mettre leur syndicat à la porte. Pourquoi “sortir” leur syndicat? Parce que ce dernier protège les incompétents et ralentit (ou fait congédier) les meilleurs. Parce qu’il exige des avantages qui irritent les citoyens et mine leur crédibilité, voire même leur intégrité. Et pour bien d’autres raisons, incluant celle de pouvoir négocier eux-mêmes avec l’employeur, ce qui ne pose jamais de problème pour les employés compétents.

Ainsi, nos gouvernements s’endettent.

Ils nous endettent.

Et ils travaillent probablement dans l’ombre sur les meilleurs moyens de provoquer la chute, d’une manière ou d’une autre, de nos fleurons de la fonction publique pour que le privé (ô coïncidence) puisse venir, tel un chevalier avec sa belle armure, sauver les citoyens qui ne trouvaient plus leur compte avec le service public devenu déficient.

C’est toujours la même formule et il va falloir que les citoyens apprennent à la reconnaître.

Mais il y a de l’espoir.

Les Québécois ont vu dans le double-jeu de l’ADQ qui disait défendre la classe moyenne et les familles mais qui vantait les mérites d’une privatisation d’Hydro-Québec. Ils ont perdu beaucoup de plumes à leurs dernières élections et parce qu’ils continuent de s’en tenir aux mêmes préceptes pro-PPP, ils risquent d’être complètement rayés de la carte, lors du prochain scrutin (dans quelques 4 années).

À l’évidence, les Québécois sont bien plus intelligents que les parlementaires et comprennent, eux, que l’endettement n’est pas une solution à… l’endettement.

Tags: endettement, dette nationale, dette du québec, remboursement de la dette, paiement de la dette, recours à l’endettement, travaux publics, jean charest, monique jérôme-forget, déficit, budget, québec

Un commentaire

  • Bonjour,

    j’ai découvert votre blogue tantôt en faisant de la recherche pour un billet publié à l’instant sur Branchez-vous!

    J’ai inscrit votre adresse de flux à mon agrégateur.

    Au plaisir!

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