Dissolution du cabinet d’avocat Heenan Blaikie

deco_heenan-blaikie_site-web-fermeC’est hier, mercredi le 5 février 2014, que les associés des 9 bureaux d’avocats Heenan Blaikie ont voté la dissolution des activités du cabinet.

L’opération devrait prendre quelques mois mais déjà, les quelques 500 employés touchés ont commencé à passer des appels à la concurrence pour se trouver un emploi ailleurs.

Il y a deux types d’employés, chez Heenan Blaikie soit les riches associés et les bien moins riches employés comme les secrétaires, les techniciens juridiques, les avocats juniors et les stagiaires. Le riches n’ont peut-être plus vraiment besoin de travailler pour payer leurs comptes parce qu’ils… sont riches!

Les moins nantis, eux, font partie du lot de travailleurs qui n’auront d’autre choix que de se placer dans une autre entreprise pour pouvoir payer leur loyer, dès que leur compensation de licenciement (on peut imaginer qu’ils seront licenciés) s’épuisera (s’il ne veulent pas tomber sur le chômage… ce qui ne paraît pas trop bien, dans ce domaine).

La firme a pris le temps de préciser que la dissolution permettra d’assurer une transition des dossiers de leurs clients vers d’autres cabinets et sans grande surprise, plusieurs groupe d’Heenan Blaikie poursuivront leurs activités via de nouvelles dénominations.

Depuis 2012, on sait qu’une trentaine d’avocats ont quitté Heenan Blaikie et plusieurs ont été embauchés par des compétiteurs, surtout au cours des dernières semaines. On peut en déduire que les rumeurs de dissolutions allaient bon train depuis quelques semaines, derrière des portes closes, chez Heenan Blaikie qui n’a toujours pas donné de raison officielle pour ce démembrement mais la rumeur parle d’une chute du volume d’affaires émanant de plusieurs contrats publiques ainsi que des dissensions au bureau de Montréal.

Est-ce que ce serait lié au fait que les Libéraux, aussi bien à Ottawa qu’à Québec ne tirent plus les ficelles? Le cabinet avait des liens avec des libéraux bien connus alors ça pourrait avoir un lien mais bon, il ne s’agit que de spéculation. Vous pourrez vous faire votre propre idée.

La firme avait repêché de nombreux anciens politiciens dont Jean Chrétien, Pierre-Elliott Trudeau, Pierre-Marc Johnson et l’ex-juge de la Cour suprême du Canada, Michel Bastarache, sans oublier Marcel Aubut, l’ancien propriétaire des Nordiques de Québec.

Heenan Blaikie souffrait apparemment de difficultés financières et conséquemment, la firme avait dû geler des salaires en plus de retenir des versements de dividendes. La suite des choses commençait déjà à se dessiner.

On ne peut qu’imaginer à quel point certains employés ont dû vivre des moments d’angoisse alors qu’ils sentaient que les choses allaient moins bien sans toutefois savoir comment la situation évoluerait. Certains employés ont dû trouver ça difficile d’apprendre la dissolution de leur employeur.

On peut penser qu’en règle générale, les avocats coûtent désormais trop cher avec leurs tarifs de 200$ / heure et leurs frais de 3,000$ pour “ouvrir” un dossier. Peut-être que cette arrogance tarifaire aura contribué, dans une certaine mesure, à la diminution marquée du recours à un avocat. On le voit d’ailleurs dans les palais de justice du Québec, le nombre de personnes qui se représentent seuls explose. Les commis sont débordés alors que les avocats préfèrent ne pas travailler plutôt que de s’abaisser à gagner moins de 200$ / heure. Difficile de prendre les avocats en pitié dans un tel scénario!

Heenan Blaikie serait-il donc le premier d’une série de cabinets d’avocats en difficulté qui décide de mettre fin à ses opérations? L’avenir nous le dira mais pour l’heure, la concurrence doit se frotter les mains de voir un aussi gros joueur disparaître, pour ainsi dire, du jour au lendemain!

Les riches clients d’Heenan Blaikie auront peut-être l’occasion de renégocier certains frais à la baisse, vu la dissolution du cabinet mais une chose est certaine, les problèmes juridiques, eux, ne disparaîtront pas.

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