260 employés du JdeM en lock-out

Après Québec, voilà que c’est à Montréal que Quebecor a de difficulté à s’entendre avec ses employés.

En effet, la direction du Journal de Montréal a décrété un lock-out contre les 260 employés syndiqués du quotidien (propriété de Quebecor), dans la nuit de vendredi à samedi.

Il s’agit du 1er conflit de travail pour les employés du JdeM depuis la création de leur syndicat, il y a plus de 40 ans mais dans un message aux lecteurs publié aujourd’hui, la présidente et éditrice du journal, Lyne Robitaille, a affirmé que cette décision était inévitable.

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La direction du journal et le Syndicat des travailleurs (affilié à la CSN) ont une lecture bien différente de la situation en cours qui, faute de dialogue productif, le conflit risque de s’envenimer encore davantage.

Rappelons que le Syndicat livre bataille pour sauvegarder des privilèges dans un monde qui, selon la direction du journal, n’existe plus. En clair, la direction veut que les employés en fassent plus, sans compensation supplémentaire.

Par exemple, la direction du journal veut que la semaine de travail passe de 30 à 37 heures.

Sans dire qu’il s’agit d’une demande déraisonnable, ce n’est pas clair qu’une telle mesure aurait pour effet d’améliorer le produit final mais il est certain que ça ferait plaisir aux comptables dont le travail consiste à couper, couper et re-couper… jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien, sauf pour la direction qui, elle, paie les comptables et donc, semble systématiquement immunisée contre leurs “suggestions” de coupures.

Alors que de nombreuses Québécois militent en faveur d’une meilleure conciliation travail-famille, notamment grâce à une semaine de travail de 4 jours, voilà que la direction du JdeM veut briser un modèle qui fonctionne bien pour le remplacer par le modèle de 5 jours.

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Ça semble enfantin ou capricieux de se battre pour une semaine de 4 jours mais tous ceux qui travaillent 5 jours savent trop bien à quel point une journée de plus avec leur famille pourrait faire toute la différence. Et soyons réalistes, 4 jours de travail intensif valent amplement 5 jours de travail “à la course” parce qu’on a plus cette 5e journée pour s’occuper du reste de notre vie.

Il faut comprendre les employés syndiqués du JdeM qui se battent pour maintenir leurs acquis.

Ni les employés, ni les lecteurs ne gagneront au change.

Les seuls gagnants seront les comptables, qui auront leur beau “no-nosse” pour avoir “diminué les dépenses” et la direction qui, grâce à ces économies, pourront décider, entre autres choses, de bonifier leur salaire!

Enfin bref, ce combat, comme bien d’autres, c’est d’un part, les riches patrons et de l’autre, les travailleurs de la classe moyenne qui se battent pour conserver un minimum de dignité… et un travail qui ne détruit pas systématiquement leur vie familiale.

Dans les jours, les semaines et les mois qui viennent, vous entendrez la direction et le Syndicat se lancer des arguments à la figure mais il faut savoir qu’au fond, cette guerre de mot n’est rien d’autre qu’une manœuvre par un riche opérateur (oligopolistique) de journaux d’exercer encore plus de pouvoir sur ses employés.

Lorsqu’on lit ce que Quebecor demande, selon le Syndicat, c’est assez navrant…

  • le licenciement d’environ 75 employés du journal;
  • l’élimination du service de la comptabilité;
  • des diminutions de salaire de 25% pour le personnel des petites annonces;
  • une augmentation de 25% de la semaine de travail sans rémunération additionnelle;
  • une réduction de 20% des avantages sociaux pour l’ensemble des travailleurs; et
  • des conditions inférieures pour les nouveaux employés.

Tout ça au sein d’un journal qui fonctionne très bien, au plan financier.

C’est inquiétant, surtout pour les nouveaux employés qui ne connaitront probablement jamais les bonnes conditions de travail de leurs aînés.

Selon Denis Bolduc, représentant du Journal de Québec durant le lock-out de 14 mois qui s’est terminé l’été dernier, la société éditrice Quebecor serait encore plus exigeante avec ses syndiqués de Montréal qu’elle ne l’a été avec ceux de Québec.

Précisons que comme lors du lock-out de Québec, Quebecor continuera de publier le JdeM durant ce nouveau conflit de travail.

Il y a beaucoup de questions d’éthique qui se rattachent à ce conflit de travail et la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) ne se gêne pas pour le rappeler.

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L’entêtement de Quebecor a parvenir à une intégration complète de ses différentes plateformes agace de plus en plus de personnes qui redoutent qu’une telle approche nuise à la diversité des sources de l’information que l’on peut consulter, via des platesformes qui devraient miser sur leurs particularités et non viser l’uniformisation à tout prix.

Souhaitons de la clairvoyance à la direction et du courage aux syndiqués car si l’on se fie aux positions bien campées des deux partis, ce conflit ne semble pas en voie de se régler rapidement.

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