C’est aujourd’hui, lundi, le 2 mai 2016, que Pierre Karl Péladeau a pris tout le monde par surprise en annonçant qu’il démissionnait de ses fonctions de chef du Parti québécois (PQ).

Derrière cette surprenante décision, on apprend qu’il l’aurait fait pour des raisons familiales et ce, moins d’un an après avoir été couronné à la tête de la formation souverainiste. PKP quitte également ses fonctions de député de St-Jérôme.

Il a déclaré « Je suis devant une absence d’alternative qui me force à faire un choix déchirant entre ma famille et mon projet politique. […] J’ai choisi ma famille », les sanglots dans la voix, lors d’un point de presse à la permanence du PQ, à Montréal.

Il a insisté sur le fait qu’il prenait cette décision pour le bien de ses enfants alors entre la politique et sa famille, il a choisi ceux qui sont les plus importants, dans sa vie.

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Tout le monde s’en doute, la vie d’un politicien laisse moins de place pour la vie de famille. Ce n’est pas encore clair ce qui requiert sa présence « à la maison » mais si c’est le bien de ses enfants qui prime, c’est clair que la politique risque d’être incompatible avec « le reste » de sa vie.

Voici ce que PKP a déclaré, dans les réseaux sociaux:

Aujourd’hui, je suis devant une absence d’alternative qui me force à faire un choix entre ma famille et mon projet politique. Dans ces circonstances, vous comprendrez que j’ai choisi ma famille. J’annonce donc qu’à regret, je quitte immédiatement mes fonctions de chef du Parti Québécois, de chef de l’opposition officielle et de député de Saint-Jérôme.

J’ai pris cette décision pour le bien de mes enfants. Je dois, pour eux, demeurer un exemple.

J’aime profondément le Parti Québécois, ses militants et ses députés. C’est un grand parti qui porte le projet fondamental de faire du Québec un pays et des valeurs profondes de défense des intérêts des Québécoises et des Québécois.

Je veux remercier l’équipe de députées et de députés du parti, ses militantes et ses militants, les exécutifs de circonscription du Parti Québécois, l’ensemble des employés de la permanence, tout le personnel de l’aile parlementaire et les recherchistes, pour leur confiance et pour le privilège qui m’a été donné de diriger le Parti Québécois.

Je remercie aussi toutes les citoyennes et tous les citoyens que j’ai eu l’honneur de rencontrer au cours de mon mandat.

J’adresse également un mot particulier aux citoyennes et aux citoyens de Saint-Jérôme, qui m’ont accordé leur confiance le 7 avril 2014. Je veux leur dire merci, du fond du cœur.

Au cours des derniers mois, nous avons, ensemble, travaillé sans relâche pour la défense des intérêts de la population, pour le développement économique et pour les régions du Québec. Nous avons fait des avancées importantes, nous avons fait reculer le gouvernement. Le résultat de la dernière élection partielle dans Chicoutimi a été une belle victoire, qui démontre la force de notre formation politique.

Nous avons aussi jeté les bases de la convergence des forces nationalistes et souverainistes. C’est un chantier important; je fais confiance aux militantes et aux militants pour le continuer.

Pour la suite des choses, les membres de l’exécutif national seront convoqués rapidement pour faire le point et prendre les décisions nécessaires. Le caucus des députées et des députés du Parti Québécois se réunira cette semaine afin de déterminer les modalités pour l’identification d’une ou d’un chef parlementaire.

Je demeurerai un militant du Parti Québécois. Je suis convaincu que l’avenir du Québec, des Québécoises et des Québécois, passe par l’indépendance de notre nation.

Dans ses propres mots, il a donc été forcé de faire un choix.

Une situation bien triste pour celui qui voulait mener les troupes péquistes et l’ensemble des Québécois vers la souveraineté.

Politicien?

Il a fait des efforts pour passer de patron d’une transnationale de l’information à chef de parti politique provincial. Son style plaisait à certains et en irritait d’autres mais selon François Legault, il serait demeuré authentique, tout au long de son court passage, en politique.

Peut-être qu’au fond, malgré sa courte incartade en tant que député de St-Jérôme, il a eu plus que sa dose de politique provinciale et malgré ses ambitions souverainistes, il a choisi sa vie de magnat de la presse milliardaire. C’est moins contraignant qu’être député. Il ne l’avouera peut-être pas de cette manière mais la politique l’a peut-être éraflé plus qu’on le croit.

Au fond, on peut croire que l’Assemblée nationale n’était peut-être pas la meilleure tribune pour faire triompher ses idées de faire du Québec un pays. Peut-être qu’il sera plus efficace à la barre de Quebecor. Qui sait?

Suite

PKP a déclaré que « Le caucus des députés du Parti québécois se réunira cette semaine afin de déterminer les modalités pour l’identification d’un ou d’une chef parlementaire » alors on saura, assez tôt, si le PQ veut se lancer dans une course à la chefferie ou un quelconque processus de nomination pour lui succéder.

À environ 2 ans des élections provinciales, le départ de PKP tombe à un bien mauvais moment. Ce n’est pas le temps, pour le PQ, de se lancer dans une course à la chefferie ou des guerres intestines, entre candidats, viendrait contaminer l’image du parti, auprès des électeurs qui pourraient se laisser charmer par d’éventuelles promesse de « stabilité », par les Libéraux de Philippe Couillard qui semble promis à demeurer chef, à l’élection générale de 2018.

Pour l’heure, la nouvelle fait la une partout et PKP va probablement attendre un peu avant de préciser la nature exacte de ce qui requiert son attention, pleine et entière, hors-politique.

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