Le premier ministre Philippe Couillard avait déclaré, en mars 2016, qu’il pensait à hausser le seuils d’accueil d’immigrants à 60,000, en terre québécoise mais l’idée a été très mal reçue, dans la population.

Alors, il a reculé mais pas tant que ça.

Par le biais de sa ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, dans un document déposé jeudi, le 3 juin 2016, il opte pour ce qu’il appelle « la stabilité » et propose de hausser légèrement et graduellement les seuils d’immigration, au cours des deux prochaines années.

kathleen-weil-immigration

On parle de…

  • 50,000 en 2016
  • 51,000 en 2017
  • 51,000 en 2018
  • 52,000 en 2019

Ça fait beaucoup d’immigrants à recevoir pour une province dont l’économie plutôt faible devrait d’abord se demander si elle vraiment les moyens d’accueillir tout ce beau monde, avant d’ouvrir toutes grandes les portes.

Pire, on n’arrive même pas à intégrer les immigrants qu’on a précédemment reçus et là, le PLQ veut qu’on en reçoive encore plus.

Et s’il y a des mesures pour « mieux les accueillir », ça va être à nos frais.

La belle affaire…

Ce que ça prendrait, ce serait un moratoire sur l’immigration, le temps qu’on ait une consultation publique sur cette importante question nationale.

Mais le PLQ ne voudra jamais accepter une telle avenue et vous allez comprendre pourquoi, en lisant ce qui suit…

Pour les votes ethniques

Le gouvernement libéral majoritaire de Philippe Couillard a gagné ses dernières élections grâce aux votes anglophones et ethniques, surtout dans la région de Montréal. Ce serait peine perdue d’essayer de le nier, les nouveaux arrivants votent massivement pour « les rouges » qui leurs rendent bien en les courtisant de manière insistante.

Philippe Couillard continue de prétendre qu’il accueille tous ces immigrants pour ses besoins futurs de main-d’oeuvre.

On comprend que c’est d’abord pour se faire réélire.

Si tous ces immigrants votaient pour le Parti québécois, par exemple, il ne les accueillerait évidemment pas en si grand nombre.

Orientations

On sait que le document qui fera l’objet d’une consultation contient, au total, neuf orientations. Toujours selon le document, au cours des prochaines années, le Québec mettra l’accent sur l’accueil des immigrants de moins de 35 ans et sera plus que jamais ouvert aux travailleurs qualifiés, tout spécialement ceux pouvant s’exprimer en français.

Ce qui va surement choquer nombreux Québécois, c’est le fait que la ministre Weil, lors de sa conférence de presse, a insisté sur l’importance de diminuer les taux de chômage chez les nouveaux arrivants, toujours beaucoup plus élevés que dans la population en général.

Comme le Québec peine à créer des emplois, cette redistribution pro-immigrants se fera sur le dos des travailleurs québécois.

Soyons clairs, les travailleurs québécois sont autant des cons que les immigrants, à ce proverbial dîner de cons. Les travailleurs sont placés en situation de concurrence pour trop peu d’emplois à pourvoir, au grand plaisir des patrons qui vont voir les travailleurs (québécois ou immigrants) faire d’énormes concessions « juste pour avoir une job ».

Le lobby du patronat a encore gagné.

Le PLQ n’importe pas des patrons (ou alors, très peu), il importe des travailleurs. Pas surprenant qu’autant de patron québécois jubilent à l’idée d’avoir des dizaines de milliers d’immigrants qui vont venir concurrencer les travailleurs déjà en place, au Québec.

Imaginez combien il devient facile pour un patron de fragiliser un employé quand des dizaines d’immigrants frappent aux portes pour occuper son emploi, sans demander de bonnes conditions de travail et en acceptant un salaire bien moindre. Même sans prendre l’emploi du travailleur québécois, l’immigrant exerce une puissante force baissière sur ses conditions de travail et son salaire. Et si l’immigrant occupe un jour l’emploi du travailleur québécois, ce sera aux conditions du patron et là, l’immigrant comprendra qu’il a perdu gros parce que le patron n’offrira plus jamais les bonne conditions de travail qu’il offrait, à l’époque où la main d’œuvre était plus rare.

En espérant que vous compreniez que dans le scénario libéral, les immigrants ne sont que les instruments du patronat pour que l’élite s’enrichisse, encore plus.

Dans ce combat où le patronat veut voir les travailleurs québécois en vouloir aux immigrants, c’est plutôt une union des deux groupes qui devrait avoir lieu pour lutter contre le patronat, grand argentier du PLQ. Ça s’appelle habituellement un syndicat mais toute union donnera du fil à retordre au patronat qui ne pourra plus aussi facilement détruire les conditions des travailleurs actuels en prétextant que les immigrants « accueillis » par Philippe Couillard (à nos frais, évidemment) sont prêts à accepter des conditions de misère pour « survivre » (parce qu’ils vont comprendre assez vite qu’ils sont tombés dans un piège ou certains réussiront à s’extirper de la misère mais où plusieurs perdront des plumes).

La recherche d’une meilleure vie

C’est tout à fait normal que les immigrants, surtout ceux issus du tiers monde, veuillent autant venir vivre, au Québec, à l’occidentale. Personne ne peut les blâmer.

Le problème, c’est qu’ils ignorent que leurs diplômes (à part quelques exceptions, notamment pour certains programmes suivis en France) ne seront pas reconnus par nos offices des professions. Ainsi, malgré des connaissances spécialisées, il faudra probablement obtenir des équivalences d’études, ici, au Québec, avant de pouvoir espérer postuler pour un emploi qui, dans leur pays, étant pourtant accessible.

Dans le lot des immigrants, on retrouve des cas exceptionnels qui s’en sortent mieux que les autres mais ils constituent des exceptions.

Pour la plupart, ils se heurtent à une bureaucratie inflexible et à des règles de vie avec lesquels ils ne sont pas familiers. C’est un peu le lot d’arriver dans une nouvelle patrie mais en matière de « red tape », disons que le Québec est reconnu pour être un champion mondial.

C’est pourquoi Philippe Couillard va devoir favoriser les immigrants, pour des emplois, aux dépens des travailleurs québécois qui postulent, à compétence égale, pour le même poste.

La fameuse règle d’équité en emploi est en fait profondément inéquitable, surtout pour un homme blanc, en santé, qui ne fait pas partie d’une minorité visible.

Il serait préférable qu’on se demande si on a les moyens d’accueillir le seuil actuel d’immigrants avant de bêtement décider d’en importer plus mais bon, le PLQ n’en est pas à une décision arbitraire-près.

En tant que citoyens québécois, il faut faire la réflexion que Philippe Couillard semble incapable de faire et s’assurer que les dizaines de milliers d’immigrants qui s’en viennent ne feront pas basculer le Québec, dans le mauvais sens.

Il arrive qu’en voulant bien faire, comme en ouvrant grand les bras au tiers monde, on se retrouve avec des problèmes sociaux difficiles à endiguer et s’il faut déshabiller Paul pour habiller Pierre, on s’en va dans le mur, avec cette politique d’immigration massive, signé Philippe Couillard.

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