Relations de couple entre périls et plaisirs

L’époque où la relation d’un couple durait toute une vie est presqu’entièrement révolue.

Il existe encore des couples qui perdurent et traversent l’épreuve du temps. Ces couples étant souvent des modèles d’inspiration pour d’autres personnes qui rêvent de longévité sans forcément arriver à trouver (et garder) le bon partenaire pour y arriver.

En ce sens, les “relations pour la vie” sont devenues moins courantes… ou accessibles.

Pour certains, surtout pour ceux qui préfèrent la variété, en amour, c’est mieux ainsi parce qu’à leurs yeux, une relation de 50 ou de 60 ans, ça devient redondant. Qui plus est, en multipliant les relations, au fil du temps, une personne gagne une perspective beaucoup plus riche sur l’ensemble des relations amoureuses qu’il est possible de vivre. Ceci dit, en ayant une relation à plus long terme, la découverte de l’autre devient souvent plus riche, plus complète. Plus satisfaisante? Parfois. Ça dépend. On dirait que certaines relations, parfois plus intenses ou marginales, de par leur nature, sont conçues pour être consommées à petites doses. Des relations agréables mais dont il peut être opportun de s’extraire avant que la sauce ne se gâte, pour ainsi dire.

Ainsi, nos relations de couple comportent leur lot de périls mais il y a aussi tous ces plaisirs, petits et grands, qui nous font grandir et rêver. Chacun doit y trouver son propre confort. Personne ne voit les relations de couple du même point de vue… parce que chacun de nous est unique. C’est un peu ça qui séduit ou qui détruit. Dans un couple, tout est une question de perspective sur les émotions, d’une part et sur les projets communs, de l’autre.

En fait, encore plus important à mentionner, la vie de couple n’intéresse plus autant les gens. Avec la montée fulgurante du célibat comme mode de vie délibérément choisi, on remarque des comportements multi-relationnels où un groupe d’ami forme une sorte de famille étendue et un ou plusieurs partenaires interviennent de différentes manières pour combler des besoins physiques ou émotionnels de base. Des liens allant de simples à complexes, selon les préférences de chaque personne. Mais un couple? Euh… non!

Le modèle “en couple” ne colle désormais plus à tout le monde.

Pour certains, c’est un peu triste parce que pour eux, être en couple représente une forme de stabilité émotionnelle, financière et sociale. Pour quiconque se sent confortable dans ce cadre, c’est un nid douillet où la vie semble plus douce. Mais à voir le nombre effarant de partenaires infidèles au couple, il semble évident que le proverbial carré de sable émotionnel de la relation de couple est souvent… trop petit. Et hop! Madame ou monsieur saute discrètement la clôture. Ironiquement, c’est parfois ce qui sauve le couple parce que c’est ce que ça prenait pour éviter une surchauffe de frustration mais on constate aussi que ça brise des couples, lorsque la vérité éclate et que le partenaire trompé refuse de poursuivre en avalisant un vice commis par l’autre qui, selon les règles d’un couple “normal”, aurait dû rester fidèle.

L’humain étant mu par des pulsions trop souvent difficiles à contrôler, on peut constater que certaines personnes choisissent un cadre relationnel en dehors du modèle du couple pour justement pouvoir demeurer vrais. À savoir qu’un partenaire peut en désirer plusieurs et en retour, être désiré par plusieurs personnes, tout à la fois. Le multi-relationnel où tout le monde se fait du bien sans se devoir quoique ce soit.

D’autres personnes comprennent l’alternative mais choisissent le modèle du couple parce qu’ils y sont assez bien pour s’y réaliser. Et c’est bien ainsi mais comme tous les couples, les périls existent, qu’importe la quantité de plaisirs!

Notre société québécoise individualiste tolère plusieurs modes relationnels alternatifs parce que ça répond à des besoins réels de gens qui n’arrivent pas à entrer en relation de couple ou qui ne veulent pas, pour toutes sortes de raisons.

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Ceci dit, notre société devrait au moins créer des conditions favorables à l’établissement des relations de couple. À commencer par des logements assez grands pour y loger confortablement une famille reconstituée qui se retrouve régulièrement avec 2 enfants (ou plus) par partenaire, une semaine sur deux. Ça nécessite donc un logement avec 4 chambres pour les enfants (idéalement) et une chambre des maîtres, avec les salles de bains en conséquence et assez de place pour se bouger, dans les autres pièces. En ce moment, au Québec, une telle maison coûte tellement cher qu’elle est inaccessible, pour une majorité de Québécois alors juste là, il y a un puissant frein à l’établissement d’une relation entre deux adultes divorcés ou séparés. Le Québec ne joue donc pas son rôle de protecteur et de promoteur des relations de couple. Au contraire, en tolérant la construction de lofts, de condos 3 1//2 et 4 1/2 et de minuscules maisons de ville sur 3 étages où l’on est continuellement dans les marches, c’est un message direct aux gens divorcés qui voudraient former des couples, à savoir qu’au-delà d’un ou deux enfants, soit tu es vraiment riche et tu peux te loger convenablement ou sinon, c’est de s’entasser comme des sardines avec tous les problèmes que cela engendre.

Le logement n’est qu’un aspect des conditions pouvant favoriser ou non un couple mais c’est un aspect important et clairement, ça bloque la formation de millions de couples qui auraient pu avoir lieu s’il y avait eu un meilleur cadre de développement social pour ces gens qui rêvent à une vie de couple.

Il y a quelque chose de magique à être en couple et c’est cette complicité qui peut naître du fait de se côtoyer quotidiennement (ou régulièrement). C’est un des aspects qui donne son lustre à l’idéal recherché par ceux qui désirent une relation de couple. Le logement permet donc de concrétiser le rêve dans un cadre physique propice à la pleine réalisation de chaque membre de la famille. Les enfants aussi bien que les adultes.

Alors, une relation de couple est-elle à la portée de tous?

Non, clairement non.

Certains n’y arrivent pas et d’autres qui préfèrent s’inventer un modèle qui leur convient mieux s’en tiennent loin et précisant même à leur entourage qu’ils ne “veulent rien savoir” de former un couple.

Mais…

Ceux qui y arrivent peuvent aspirer à ce qu’il y a de plus merveilleux, lorsqu’on fait partie d’un couple, d’une équipe… d’une symbiose vivante.

Il ne faut jamais perdre de vue qu’un couple solide forme une assise favorable pour supporter les besoins des enfants, dans le contexte d’une famille. Les outils de la réussite pour une famille sont nombreux mais clairement, un couple heureux, respectueux et exerçant un bon jugement se place en bonne position pour réussir les projets familiaux.

D’où l’importance de favoriser l’établissement des couples si l’on souhaite demeurer cohérents avec notre intention, au Québec, de favoriser les familles. L’un peut aller sans l’autre mais c’est plus simple lorsqu’un couple peut s’établir sans trop d’obstacles.

Ça va tellement loin qu’on devrait abolir “Emploi-Québec” pour le remplacer par “Relations de couples-Québec” où des individus ayant des chances de pouvoir former un couple reçoivent des conseils et des outils pour réussir leur projet de vie commune. Socialement, on remplacerait la promotion des emplois au salaire minimum (le principal cheval de bataille d’Emploi-Québec, de toutes façons) par la multiplication des relations solides entre deux individus capables de stabiliser leur vie pour la faire passer à l’étape suivante… en couple!

Enfin bref, c’est une idée parmi d’autres pour rendre plus accessible l’idéal de la vie à deux afin qu’au fil du temps, nous soyons des promoteurs de plaisirs et non des spectateurs largement indifférents aux périls émotionnels des autres qui, incidemment, peuvent devenir nos périls à nous, si l’on y prend garde…

Au fond, lorsqu’on y pense, les autres, c’est nous alors c’est pour cette raison qu’au Québec, il faut penser à son propre nombril, certes mais on gagne à s’intéresser au nombril des autres, dans le sens de leur meilleur intérêt.

Et vous, quel constat faites-vous de l’état des lieux, concernant les relations de couple… sentez-vous qu’il y a plus de périls, plus de plaisirs ou un peu des deux?

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