Un échange de courriels au Service de police de la ville de Montréal (SPVM) entre le commandant Rock de Roy et des superviseurs des unités d’intervention (on les voit lors des manifestations, en tenue anti-émeutes) nous apprend que pour 2014, ils doivent avoir “amener” 9,600 contraventions.

C’est Félix Séguin de TVA qui a sorti la nouvelle et qui prouve, une fois de plus, que les policiers du SPVM ont réellement des quotas à atteindre, au chapitre des contraventions.

Voici comment ça se décline, par mois, si l’on se fie au courriel qu’a obtenu le journaliste d’enquête:

  • 25 constats aux piétons
  • 25 aux cyclistes
  • 25 pour utilisation du cellulaire au volant
  • 25 aux intersections
  • 25 pour excès de vitesse
  • 40 autres, pour tout types d’infractions

Pour un objectif mensuel de 165 contraventions —par policier— faisant partie d’une unité d’intervention du SPVM.

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On se doute que les autres policiers, au SPVM, ont des quotas similaires à atteindre et ça permettrait d’expliquer les nombreuses embuscades improvisées à divers endroits de la ville pour attraper les automobilistes pour toutes sortes d’infractions.

Les policiers du SPVM ayant ces quotas à rencontrer seront donc moins intéressés à protéger le public qu’à les piéger pour distribuer des contraventions. Automobilistes, cyclistes et piétons, tout le monde est une cible et si l’on se fie à d’autres échanges au sein du SPVM qui sont venus aux oreilles du journaliste d’enquête, les tickets de stationnements à 52$ sont moins les “bienvenus” que les “infractions-mouvements” qui amènent des sommes bien plus substantielles de 100$ et plus, beaucoup plus!

La police a faim, à Montréal.

Les responsables des relations publiques du SPVM ont beau parler d’endroits “accidentogènes” qu’il faut surveiller, le public n’y croit plus. Clairement, le commandant Rock de Roy a montré ses vraies couleurs et il exige des contraventions, de la part des policiers.

Ces quotas, cependant, du budget de la ville de Montréal.

Autrement dit, il y a un fonctionnaire qui demande d’importantes rentrées d’argent au SPVM et il appartient aux dirigeants de ce service de trouver des moyens pour “matérialiser” cet argent.

Plusieurs syndiqués du SPVM demandent, en ce sens, que les quotas de contraventions soient abolis, comme dans 22 États américains. Les quotas amènent des fonds au SPVM et à la ville de Montréal mais est-ce que ça assure un meilleur service de police, pour les citoyens?

On peut penser que NON parce qu’un policier qui doit passer le plus clair de son temps à “chasser les contrevenants” (utilisé au sens large) ne peut tout simplement pas faire un bon travail de police. Encore moins du travail de prévention et de terrain pour décourager les criminels d’adopter des comportements contrevenants à nos lois.

Certes, il y a de la présence policière à divers endroits de la ville mais c’est dans le but —clair et avoué— d’atteindre des quotas de contraventions.

On voit aujourd’hui d’un autre œil tous ces communiqués laconiques du SPVM qui disaient, de manière plus ou claire, qu’il n’y avait pas de quotas imposés à leur policiers. Il s’agissait de mensonges ou au mieux, de jeux de mots savants pour finalement, ne rien dire ou ne rien avouer, nommément.

Les citoyens de Montréal —et tous ceux qui doivent s’y rendre— n’ont JAMAIS été consultés à propos de l’imposition de quotas aux policiers alors voici une occasion de vous faire entendre… qu’en pensez-vous?

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