Les logements-cerceuils de Montréal

Vous voulez améliorer votre sort, au plan résidentiel, à Montréal?

Ce ne sera pas facile… à moins d’être vraiment riche!

Pourquoi?

Parce qu’une idéologie de densification extrême a cours, présentement, d’un bout à l’autre de l’Île de Montréal. Au même moment où les logements rétrécissent, les prix pour acquérir et occuper ces mêmes logements explosent.

La tendance favorise les ultra-riches qui financent ces tours de logements-cercueils où les individus qui y vivent peuvent y vivre seuls ou avec un conjoint et, à la limite, un enfant mais pas plus parce que c’est physiquement trop petit et mésadapté pour une famille “normale”.

Vous avez sûrement vu le régurgitat de petits logements-cercueils qui sont offerts dans le marché de l’immobilier montréalais et ce, à des prix sans cesse plus élevés. Le but étant d’épuiser financièrement les gens qui veulent un chez-soi, bien à eux. Puis, une fois l’hypothèque payé (ou “entretenu”), il faut parer aux taxes scolaires, aux taxes municipales et aux frais d’entretien (ou frais de condo, si c’est ce genre de logement).

Ouf…

Autrement dit, notre gouvernement municipal —la ville de Montréal— favorise l’approche de la densification urbaine pour favoriser unilatéralement les ultra-riches qui font une fortune à vendre ou opérer ces proverbiales cages à poules. Juste assez grands pour y vivoter mais pas assez grands pour y fonder une famille, les nouveaux logements de Montréal font penser à… des cercueils. Un peu plus grands que d’actuels cercueils mais conceptuellement, c’est pas mal ça.

Et ne pensez pas obtenir votre condominium 5 1/2 à 75,000$, taxes incluses!

Oh! Non…

Pensez plutôt à 350,000$ pour un studio, sans rangement, sans stationnement et pour lequel il faudra payer des taxes à l’achat qui vont vous faire verser des larmes!

C’est ÇA la nouvelle vision “densifiée” de Montréal.

versements-hypothecaires-excessifs

Plein de gens endettés jusqu’aux oreilles avec de lourds hypothèques qui rêvent de pouvoir revendre leur logement encore plus cher que le prix déjà hautement exagéré qu’ils ont payé!

C’est rendu raide-dingue…

  • Un IGA-Extra ouvre dans le quartier? Les prix augmentent.
  • Un hôpital est rénové ou construit à moins de 5 km? Les prix augmentent.
  • Une école primaire se trouve à proximité? Les prix augmentent… encore et encore!

Tout, rien et son contraire devient un argument pour AUGMENTER la “valeur de vente” des logements!

Condo, logement à louer ou maison… même traitement: les prix augmentent!

Et la ville de Montréal ne fait RIEN pour soit freiner cette hausse rapide des prix ou encore, pour faire en sorte que les nouveaux logements soient plus spacieux et permettent à de jeunes adultes d’y fonder une famille parce qu’en ce moment, le message —pas très subtil— qui est envoyé, c’est que les individus riches et seuls dans la vie sont les bienvenus à Montréal mais les autres, les familles surtout, devront faire leur deuil de vivre sur l’Île densifiée.

Au diable les belles maisons spacieuses sur deux ou trois étages où il était possible d’avoir trois ou quatre enfants ayant chacun leurs chambres. Désormais, dans l’Île de Montréal densifiée, c’est considéré comme ANORMAL de vouloir ça. Et après, des élus de Montréal se surprennent que les familles FUIENT Montréal… ben voyons… si les enfants ne rentrent plus, physiquement, dans la nouvelle génération de logements montréalais il ne faudra pas se surprendre que les parents aillent s’établir ailleurs.

La planification urbaine à Montréal est tellement anti-familles que ça paraît dans à peu près tout.

C’est devenu une grosse farce…

Les compagnies de développement résidentiel bâtissent de gros “high-rise” avec des mini-logements et en font des condos qui sont en partie vendus mais en majorité conservés pour être loués à prix d’or en raison de leur “emplacement stratégique”. Et le bon peuple se fait plumer, d’une manière ou d’une autre pour habiter dans des logements-cercueils.

Et cette imposture peut continuer tant que ceux qui vendent les logements-cercueils donnent l’impression que malgré le prix d’achat éhontément élevé, il y aura quelqu’un d’encore plus désespéré qui offrira une somme encore plus ahurissante pour l’acquérir, dans le futur.

Ceux qui croient à ces histoires d’augmentation perpétuelle de la “valeur des maisons” ne veulent surtout pas qu’on mentionne les dangers d’une bulle immobilière lorsqu’elle dégonfle ou pire, lorsqu’elle éclate!

Ah! Montréal et sa glorification des logements-cercueils…

Des logements minuscules mais tellement dispendieux qui font la joie des yuppies célibataires mais qui deviennent rapidement un cauchemar dès qu’il s’agit de transformer ces dortoires en milieux de vie pour deux personnes, ou plus.

Montréal s’en va TELLEMENT dans le mur…

Circulation étouffante, élus corrompus, entrepreneurs collusionnaires, emplois fragilisés et instabilités sociales palpables rendent Montréal de moins en moins attrayante, comme ville pour toute personne sensée et c’est encore pire pour les jeunes familles… surtout si l’on pense au barrage de logements-cercueils qui exacerbent le drame de la quasi-inexistance de vrais beaux et spacieux logements où une famille peut RÉELLEMENT se développer.

Vraiment, Montréal s’enlisse dans une construction urbaine et sociale qui va épuiser TOUS CES CITOYENS des classes pauvres et moyennes tout en enrichissant sans fin ses ultra-riches (via les titres de propriété des logements-cercueils).

Ce serait facile de prendre des exemples réels de développeurs immobiliers à Montréal qui vendent de tout petits logements-cercueils pour des fortunes mais tout le monde les connaît alors nul besoin de montrer leur VRAI VISAGE anti-famille et pro-appauvrissement des pauvre personnes qui, devant l’obligation de se loger, tombent dans leur coûteux piège résidentiel.

Il ne faut pas oublier qu’une population surendettée et à bout de souffle, financièrement, ne pourra pas contribuer suffisamment à l’économie locale. Après tout, qui peut sortir dans les restaurants lorsque l’hypothèque mensuelle dépasse les 2,000$… pour les 25 prochaines années! Sérieusement, à part une proverbiale poignée de riches professionnels, qui a les moyens de se payer ça?

Et quand les taux d’intérêts vont augmenter —et ils VONT augmenter— comment ces propriétaires de logements-cercueils vont-ils faire pour payer (ou “survivre à”) leur hypothèque?

Au final, à Montréal…

  • La taille des logements. Minis.
  • Le prix des logements. Maxis.

Avec la taille qui diminue et les prix qui augmentent, on comprend que celui qui perd, c’est d’abord l’acheteur qui se fait vendre du rêve mais ensuite, c’est NOUS collectivement qui perdons au change.

Alors pourquoi les élus de Montréal s’entêtent-t-il autant à densifier la métropole, malgré cette inquiétante tendance? Il faut se poser la question parce qu’au fond, personne ne veut d’un logement cercueil…

Claude Gélinashttps://videos.claude.ca/
Passionné des communications numériques, du développement web, de l'infographie et des avancées technologiques, au sens large.

2 Commentaires

  1. L’explosion sans précédent de l’offre de logements-cercueils pourrait-il être dû à la circulation impossible entre les couronnes et l’Île?

    Selon une source qui se dit bien renseignée, ces logements résolument petits seraient recherchés par les résidents des couronnes sud et nord qui doivent accéder à l’Île de Montréal, en semaine, pour leur travail.

    Ainsi, ces banlieusards qui habituellement ont une famille, se paient le luxe d’un logement-cercueil sur l’Île afin de ne pas avoir à composer avec quelques trois ou quatres heures de trafic invivable, pour emprunter les ponts et faire du pare-choc à pare-choc, jusqu’à la maison, à Ste-Julie ou Deux-Montagnes.

    C’est triste de constater que les transports vers et hors de l’Île sont à ce point désagréables que des professionnels plus en moyens s’appauvrissent pour acheter (ou louer) un logement-cercueil… loin de leur famille.

    Ça doit vraiment avoir un impact horrible sur la vie de famille lorsqu’un des parents ressent le besoin de rester à Montréal parce que le transit en banlieue est devenu impensable, en raison du mauvais travail des planificateurs urbains.

    Il paraîtrait qu’il y a aussi un cortège d’étudiants dont les parents recherchent le confort et la sécurité d’un dortoir de luxe pour leur enfant couplé à un pied-à-terre provisoire lors des escapades des membres de la famille dans la métropole — c’est raisonnable de se procurer un logement-cercueil pour ça… à part le fait que ça demeure hors-de-prix, même pour des parents plus riches.

    Contre toute attente, il y a une demande pour les logements-cercueils, à Montréal. Sigh…

  2. Malheureusement rien ne changera que si la demande change. C’est la vielle loi du marché l’offre et la demande. Les nouveaux acheteurs doivent tenir tous la même position et de refuser d’acheter les appartements cercueils au prix d’un château avec une qualité de construction pourrie. C’est à l’acheteur de refuser cet abus. Lorsque les constructeurs ne vendent plus rien vont reconsidérer leur stratégie. Personnellement, j’ai appris ma leçon et je n’achèterai plus dans un condo en carton même si les électroménagers sont dernier cri. Inspectez l’insonorisation avant de faire votre offre d’achat.

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