Les fameuses périodes de probation, en emploi

L’été est le moment de l’année où la vaste majorité des jeunes adultes n’ont pas d’école et donc, plusieurs en profitent pour aller travailler pour gagner un peu d’argent.

Un emploi d’été va typiquement se dérouler de la fin du mois de juin jusqu’à la fin d’août, soit un peu plus de 2 mois.

Or, les périodes de probation sont généralement de 3 mois.

Ça signifie que l’employeur peut congédier ses jeunes employés saisonniers à tout moment et sans avoir à se justifier, formellement. La période de probabtion devient alors une source importante de stress pour ces jeunes travailleurs qui savent que leur emploi peut se terminer, sans préavis et pour n’importe quelle raison… ou même sans aucune raison!

Le mécanisme de probation ne devrait pas dépasser une semaine dans le cadre d’un emploi d’été mais on comprend pourquoi les employeurs insistent pour que ça demeure 3 mois, ça leur donne un pouvoir de vie ou de mort professionnelle, sur tous leurs employés saisonniers.

Cette pression implicite cause des tourments aux jeunes employés saisonniers qui n’ont généralement pas beaucoup d’expérience en emploi. Ils sont jeunes et sans grande expérience professionnelle et au Québec, nombreux sont les employeurs qui profitent à fond de cette inconvenante situation, au détriment des jeunes travailleurs.

Même si le jeune travailleur saisonnier garde son emploi jusqu’à la fin d’août, ce n’est pas normal que la société ait permi à un employeur de lui brandir, même implicitement, la menace de perdre son emploi… pour n’importe quelle raison, à chaque minute de chaque jour de travail.

Au Québec, nous devrions protéger nos jeunes adultes qui entrent, tout doucement, sur le marché du travail, via un emploi d’été.

Hors, nous ne le faisons pas.

La Commission des normes du travail (CNT) balise des cas extrêmes mais pour les cas de congédiement au cours de la période de probation, ils ferment habituellement les yeux et laissent tranquilles les employeurs qui abusent de leur pouvoir de congédiement.

Et ces employeurs abusifs recommencent leur manège avec un autre jeune travailleur saisonnier qui risque de se faire congédier selon le même modèle.

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Les commerces saisonniers, les restaurants et les magasins (domaine des services) ne se gênent pas pour abuser du pouvoir que leur donne la période de probation pour congédier sans raison. Les parents devraient d’ailleurs s’informer auprès de leur entourage à propos de ce type d’employeur pour valider qu’ils agissent correctement, avant de laisser leur enfant aller y travailler.

L’humain est un monument de créativité pour abuser des autres et il y a malheureusement des individus qui s’en prennent, sans aucun remord, aux jeunes adultes qui veulent gagner un peu d’argent via un emploi d’été.

C’est triste mais notre société doit neutraliser ces abuseurs parce que le tort qu’ils causent dépassent le jeune adulte lésé. Ça brise le lien de confiance du jeune travailleur avec la société car il sent qu’il est puni pour avoir fait son possible. C’est très tordu, comme situation et nous devrions collectivement empêcher que des situations aussi injustes se produisent.

Et ne comptez pas sur les syndicats!

Non, ne faites JAMAIS confiance aux syndicats pour aider les travailleurs d’été.

Les syndicats sont des couleuvres qui imposent des cotisations-forcées aux jeunes travailleurs, directement depuis leur chèque de paie, sans les défendre lorsqu’ils ont besoin d’aide.

Pourquoi?

Parce que les syndicats (à part de rares exceptions) exigent 500 heures de travail avant de lever le petit doigt, en faveur d’un travailleur.

Or, à 37,5 heures par semaine, un jeune travailleur peut travailler 450 heures, en 12 semaines (3 mois) alors on se comprend, dans le cadre d’un emploi d’été qui ne dure que 2 ou 3 mois, le syndicat exige quand même ses cotisations mais n’offre AUCUNE PROTECTION SYNDICALE apte à contrer un congédiement abusif.

À peu de choses près, ca pourrait être interprété comme du vol.

Oui, des syndicats qui ont institutionnalisé la perception de cotisations sur le dos des JEUNES TRAVAILLEURS SAISONNIERS et qui continuent leur petit manège.

L’employeur se donne tous les droits sur la pérénité de l’emploi, au cours des 3 premiers mois, via la période de probation et le syndicat, pas plus fin, exige des cotisations syndicales qui ne donnent pas droit aux mêmes “services” qu’après avoir travaillé 500 heures.

Vraiment poche…

Les jeunes travailleurs sont trop souvent désespérés d’occuper un emploi alors ils acceptent à peu près n’importe quoi… et les employeurs en profitent, tout comme les syndicats.

C’est ignoble de penser que nos enfants travaillent au salaire minimum dans des conditions aussi stressantes et imprévisibles, de jour en jour.

Et s’il arrive que l’emploi saisonnier dure jusqu’à 6 mois, l’employeur peut envoyer un avis écrit (10 jours avant la fin de la 1ere probation) qui reconduit —automatiquement et de manière unilatérale— la probation pour un autre 3 mois.

Ainsi, le manège abusif continue.

Certains employeurs, plus opportunistes que d’autres, prévoient désormais une 1ere probation de 6 mois, pouvant être reconduite indéfiniment (avec la méthode de l’avis, avant la fin du terme), empêchant ainsi l’employé de progresser, professionnellement, vers un poste permanent, avec les avantages que ça confère.

D’ailleurs, la mécanique de la probation qui fait si mal aux jeunes travailleurs touche TOUS les travailleurs qui doivent se trouver un nouvel emploi car tant qu’un travailleur est “sous probation”, il ne peut pas contracter un prêt (ou obtenir un loyer) sans un endosseur, car son poste n’est pas… permanent!

Il serait temps qu’on en finisse avec les probations car si après une semaine de travail, l’employeur n’a pas fait son idée sur l’utilité du travailleur, c’est qu’il n’a pas été attentif.

3 ou 6 mois (ou plus) pour une probation d’emploi, c’est bien trop long!

À part pour des emplois offrant une compensation supérieure à 100,000$ par année, où il faut porter une attention très particulière à chaque travailleur choisi, tellement il coûte cher, tous les emplois plus courants (et donc la compensation est moindre) devraient comporter de très courtes probations d’une semaine, ou deux, tout au plus.

Disons que les probations sont un mécanisme de contrôle qu’apprécient les employeurs parce que grâce à celles-ci, ils ont TOUJOURS le dernier mot… et s’en sortent, sans le moindre problème.

Ne cherchez pas la justice dans le mécanisme des probations, il n’y en a pas.

C’est la logique du “marche ou crève”, appliquée à tous les travailleurs, incluant nos enfants.

Certains diront qu’il faut se fier au bon jugement des employeurs (et plusieurs méritent notre confiance) mais l’histoire (même récente) nous prouve que c’est un pari risqué.

Nous devons revoir toute la logique des probations parce qu’en ce moment, ça continue de causer des torts qui ont un impact sur des individus plus vulnérabes et… sur toute la société.

Si nous n’agissons pas CONTRE les périodes de probation abusives, en emploi, qui le fera?

Un commentaire

  • bonjour.
    Mon fils s’est fait congédié du IGA après 6 semaines et sur sa sessassion d’emploi ils ont marqué ”congédiment” sans autre explication.Il a passé 6 semaines à ouvrir le IGA et rien ne laissait croire qu’il fesait pas la job.Un jour la gérante est passer près de lui et lui a dit que le boss l’avait dans le collimateur.Cette gérante connaissait mon fils et savait qu’il avait pas d’expérience et n’avait jamais travaillé.
    Cette situation me met dans une situation précaire car comme il a 18 ans je recois plus rien pour lui et avec sa paye il payait une pension mais la plus rien et nous vivons une situation très très précaire.

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