Lendemains d’Halloween et surplus de bonbons

Le 31 octobre de chaque année ramène la fête de l’Halloween avec ses costumes et sa monstrueuse distribution de bonbons aux enfants.

L’aspect ludique de cette importante fête annuelle permet de s’amuser à se costumer. Qui plus est, les enfants ont le loisir d’aller frapper aux portes des voisins pour montrer leur beau costume et recevoir, la plupart du temps, des bonbons.

Pour les enfants, incluant les tout-petits enfants jusqu’aux jeunes adolescents, l’attrait des bonbons “gratuits” fonctionne. Les enfants se déguisent sans se faire prier et hop, sac ou citrouille de plastique à la main, c’est parti pour la “tournée des portes du quartier”.

Certains enfants s’arrêtent quand leur sac est plein mais d’autres n’hésitent pas à en remplir un 2e… ou plus — pour les enfants, c’est une proverbiale ruée vers l’or!

Pour les parents soucieux de la bonne santé de leurs enfants, c’est plus nuancé.

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D’une part, les parents réalisent l’importance de l’Halloween en tant que phénomène culturel où les enfants peuvent donner libre-cours à leur imagination pour se costumer et inventer leur version de cette fête unique en son genre, dans l’année.

De l’autre, l’aspect “bonbons en grande quantité” pose problème.

Un ou deux bonbons par semaine ne cause pas autant de torts à la santé des enfants qu’un sac plein qu’un enfant pourrait être tenté de “vider” en quelques jours ou semaines. Cet apport massif en ingrédients n’amenant rien de bon, côté nutrition, a de quoi inquiéter les parents.

Dans les faits, les enfants qui mangent des bonbons développent rapidement des comportements agressifs. Ils deviennent impatients et irritables. Qu’importe leur âge, les bonbons les affectent négativement.

Les parents ont raison de s’inquiéter de l’effet des bonbons d’Halloween sur la bonne santé de leurs petits anges. Certains parents décident donc d’acheter, au kilo, les bonbons de leurs enfants pour éviter qu’ils n’en mangent trop. D’autres parents échangent 80% des bonbons moins désirables contre un jouet pour éviter la dose excessive de bonbons “disponibles”. Il y a même des parents qui vont plus loin en transformant la fête d’Halloween pour y maintenir ce qu’il y a de culturel et de mythique mais en remplaçant les bonbons commerciaux par des recettes de pain aux bananes et citrouille ou enfin, des aliments plus nutritifs qui ne nuisent pas à la santé des enfants. Il faut simplement savoir “vendre” ces alternatives festives!

Mais au fond, pourquoi s’inquiéter des bonbons récoltés par les enfants qui font les portes du voisinage, le soir de l’Halloween?

D’abord, les bonbons qui sont gratuitement distribués originent, pour la plupart, des magasins à grande surface où d’énormes boîtes sont vendues entre 15$ et 30$ chacune. Avec quelques boîtes de bonbons variés, il est possible d’avoir un stock suffisant pour approvisionner les sacs des enfants qui passent à notre porte.

La qualité des bonbons est réputée impeccable mais c’est la composition-même de ceux-ci qui inquiète.

Voici quelques-un des éléments qui devraient vous inquiéter, en tant que parent:

Colorants synthétiques

On se rappellera qu’à l’origine, ils étaient produits à partir du charbon mais aujourd’hui, ce n’est pas mieux car ils le sont à partir du pétrole.

Face aux récriminations des parents américains, la Food and Drug Administration (FDA), en 2011, s’est réunie pour envisager de mettre des étiquettes sur les aliments s’ils contenaient tout type de colorant artificiel en raison du nombre croissant d’études reliant l’hyperactivité ou les troubles du comportement aux colorants alimentaires artificiels.

Les scientifiques ont découvert qu’une toute petite quantité, à savoir seulement 20 mg de colorant synthétique, étaient suffisants pour troubler un enfant. En ce sens, une étude publiée dans The Lancet, en 2007, a révélé que « les colorants artificiels ou le conservateur benzoate de sodium (ou les deux) dans l’alimentation a entraîné une augmentation de l’hyperactivité chez les enfants de 3 ans et 8-9 ans dans la population générale. » Pire encore, les chercheurs les ont également liés à l’asthme, aux allergies et même, au cancer.

Pour un parent, il n’y a rien de banal dans les effets directs qu’entraînent ces colorants synthétiques qui se trouvent dans les bonbons mais aussi les chips, comme les Cheetoh’s et les Doritos! À proscrire, donc… les M&M, les Skittles, les bonbons gélifiés (bonbons de type “Gummy”), les Smarties, les bonbons au maïs et autres bonbons “colorés artificiellement”.

Édulcorants artificiels

Afin de ne pas faire augmenter notre tour de taille et de contrer le diabète, une étude de 2004 publiée de l’International Journal of Obesity a constaté que l’aspartame et le sucralose (Splenda) peuvent effectivement favoriser l’obésité en incitant le corps à penser que les aliments sucrés et les boissons ne contiennent pas autant de calories.

Une autre étude a révélé que les boissons gazeuses dites « diète » peuvent doubler le risque de dysfonctionnement du rein. La FDA reçoit plus de plaintes au sujet de l’aspartame (c’est un édulcorant controversé depuis les années 1970) que tout autre additif alimentaire et compte environ 167 effets secondaires possibles mais malgré ça, il n’a jamais été banni.

Les édulcorants artificiels sont souvent trouvés dans les produits dits  « faibles en glucides », « sans sucre ajouté », « sans sucre » incluant les jus de fruits, les jus en carton, les gommes à mâcher, les bonbons, les poudres et même certaines barres protéinées.

En règle générale, toutes les gommes à mâcher qu’on retrouve dans un Walmart sont gorgées d’aspartame et donc, pourrait avoir des effets indésirables sur votre santé… et celle de vos enfants. L’aspartame… à proscrire, pour toujours.

Sirop de maïs à haute-teneur en fructose (SMHTF)

Si on le compare aux édulcorants traditionnels, le SMHTF est plus sucré au goût et ne coûte presque rien à fabriquer. Aussi, il se mélange facilement dans les produits de boulangerie et les boissons liquides.

Au Québec, il représenterait quelques 10% de notre apport calorique quotidien. Les Américains, eux, en consomment environ 29 kilos, chaque année. C’est un réel problème parce que les études ont découvert que le SMHTF contribue à la stéatose hépatique non alcoolique, et ce, dès le jeune âge.

Le SMHTF se trouve dans les chocolats au lait, les bonbons à base de gélatine, les gélatines, les sucettes, la plupart des jus de fruits, les boissons gazeuses et autres friandises où le manufacturier voulait épargner sans se soucier de la santé de ses “clients”.

Benzoate de sodium

Il s’agit d’un conservateur à l’arrière-goût amer fréquemment utilisé pour prévenir la moisissure et ainsi prolonger la durée de vie de plusieurs produits alimentaires et boissons.

Des préoccupations ont émergé au sujet de la combinaison du benzoate de sodium et de l’acide ascorbique (vitamine C) qui, selon la FDA, forme le benzène chimique, un cancérigène.

Le benzoate de sodium donne aux aliments, aux bonbons et aux boissons leur couleur orange.

Butylhydroxyanisol (BHA) et butylhydroxytoluène (BHT)

Utilisés comme conservateur pour empêcher les matières grasses des aliments et des friandises de rancir (souvent présents dans les céréales, le gruau emballé, le pain). Le BHA et le BHT sont des antioxydants. Le BHA est utilisé pour le démoussage de levure alors que le BHT est utilisé pour conserver les aliments, leur arôme et leur couleur.

Il existe des preuves que certaines personnes ne peuvent pas métaboliser le BHA et le BHT ce qui altère aussi bien la santé que le comportement. Ça fait aussi augmentent le risque de cancer. Au moment de publier ce billet, le BHT est interdit en Angleterre.

On les trouve notamment dans les produits qui contiennent de l’extrait de romarin, un antioxydant naturel.

Et là, on ne parle même pas du sucre artificiel (comme le sucre blanc qui est raffiné) ajouté dans les différentes variétés de chocolats couramment proposés dans les commerces. La consommation de ces sucres artificiels augmente les risques de développer des problèmes de santé, incluant des problèmes avec le poids ou le comportement.

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On s’abstient aussi d’épiloguer sur la santé buccodentaire des enfants qui négligent parfois de bien nettoyer leurs dents, avec la soie dentaire et une bonne brosse-à-dents. Des dents propres et bien entretenues favorisent la santé de la bouche mais aussi, du corps tout entier en prévenant la formation de tartre.

Aussi, le fait que les bonbons soient fabriqués de manière à favoriser les profits du manufacturier et des distributeurs et non la santé des consommateurs devrait refroidir les parents qui ne voient “aucun problème” à laisser leurs enfants dévorer rapidement leur “stock de bonbons” ramassés, à l’Halloween.

Évidemment, il revient à chaque parent de faire la part des choses pour laisser un peu de magie à ses enfants sans les exposer de manière trop importante à des aliments nuisibles, pour la santé.

En automne, on parle de l’Halloween mais la même logique de “prévenir plutôt que guérir” devrait s’appliquer en tout temps, au cours de l’année.

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