Au cours des dernières décennies, il y a eu de nombreux penseurs et politiciens qui se sont prononcés pour l’annexion d’un pays des Caraïbes, tantôt par le Canada et tantôt par le Québec.

Certains était POUR et d’autres, habituellement les élus représentant les différents partis au pouvoir, étaient CONTRE.

Plusieurs noms de pays ont circulé, comme “cibles” d’annexion, soit les magnifiques îles Turks et Caïques, situées sous les Bahamas et au-dessus de l’île où se trouve Haïti et la République Dominicaine.

Il y a aussi eu la petite île d’Aruba, située bien plus proche de l’Amérique du Sud, à un proverbial jet de pierre au nord du Vénézuela.

Évidemment, avec ses plus de 8 millions d’habitants, Haïti a aussi été envisagé.

Dans tous les cas, les plans d’annexion ne se sont toujours pas avérés.

La logique de l’annexion

Si le Québec devait vouloir annexer une île-soleil, située dans les Caraïbes, ce serait avec la même logique d’expansion du territoire que les États-Unis d’Amérique avec les îles d’Hawaii. Aussi bien les États-Unis qu’Hawaii y trouvent leur compte.

Pour le Québec, il s’agirait d’offrir un avantage de taille à environ 1,000,000 de Québécois qui visitent le Sud, à chaque année, habituellement pour fuir l’hiver mais aussi pour aller vivre au rythme “océanique-côtier” de la Floride et des Caraïbes.

En annexant (de gré, évidemment) un territoire comme les îles Turks et Caïques, les Québécois qui s’y rendraient n’auraient pas à changer de monnaie ou de système légal. De plus, la limite de 6 mois par année de résidence hors-Canada ne compterait plus puisqu’il s’agirait d’un territoire annexé.

Les milliards qui nous filent entre les doigts

En ce moment, les Québécois qui se rendent dans le Sud dépensent typiquement 5,000$ par séjour alors on comprend que nos PERTES MONÉTAIRES ANNUELLES se situent, collectivement, à environ 5 milliards de dollars… juste pour le Québec!

Pour le Canada, on parle d’environ 15 milliards de dollars de perte, plus les 5 milliards du Québec, ça fait 20 milliards de dollars en tout que l’on perd à “louer” notre place dans des resorts et des hôtels, en bord de mer. Cet argent ne revient à peu près jamais au pays. Pourquoi laisser notre argent nous échapper ainsi? Pourquoi ne pas annexer un pays des Caraïbes et freiner une large part de cette saignée d’argent canadien tout en permettant à environ 1 million de Québécois de rester au pays tout en se rendant dans un pays plus chaud?

Au moins, les “snow birds” arrêteraient d’enrichir d’autres pays et nous aurions un nouveau territoire à développer pour attirer des touristes du monde entier qui, justement, recherchent à la fois le chaud soleil des tropiques et la stabilité sociale offerte par le Québec.

Certes, ça nous coûterait cher au départ pour remettre (par exemple) Turks et Caïques “à niveau” mais une fois que ce serait fait, on rentabiliserait graduellement notre investissement initial.

Il n’y a pas que le tourisme mais aussi la “projection de pouvoir” du Québec dans les Caraïbes et toutes les opportunités que ça rendrait plus accessibles pour nos entreprises québécoises.

Des trois îles dont il est le plus discuté pour des possibilités d’annexion, c’est Turks et Caïques qui semble être le meilleur match.

Il y aurait moyen de penser à une approche qui dissuaderait des millions de Cubains ou d’Haïtiens de nager jusqu’aux îles Turks et Caïques à la recherche d’une citoyenneté canadienne et ainsi éviter des frais astronomiques de sécurité pour la zone. Il faut simplement être prévoyants et inventifs pour protéger ce qui deviendrait un endroit recherché par les Canadiens mais aussi, par tous ceux qui aiment les côtoyer.

Pour le Québec, ce serait un coup du tonnerre.

Le Canada a déjà refusé (sous Paul Martin, alors chef libéral fédéral) la proposition d’annexion des îles Turks et Caïques mais le Québec, lui, n’a jamais refusé alors ce serait probablement un bon temps pour se manifester.

Le cas d’Haïti

Avec quelques 120,000 Haîtiens vivant déjà au Québec, une annexion d’Haïti pourrait fonctionner mais seulement si les Haïtiens eux-mêmes veulent voir réussir ce projet.

Anciennement appelée St-Domingue, en français (par les Français) en contrepartie de l’autre (plus grande) partie de l’île appelée Santo-Domingo (par les Espagnol), Haïti a une relation houleuse avec les Français qui ont utilisé leur partie de l’île comme une colonie de production de monocultures, ce qui a tué la terre arable et maintenu la population locale dans l’esclavage et la misère.

Si les Haïtiens acceptent de se faire annexer, il se pourrait qu’un certain nombre d’entre-eux y voient une nouvelle forme de conquête. Et ce, même si le Québec viendrait à proposer une annexion comprenant une normalisation de toutes les structures, en Haïti.

Gouvernance, infrastructures, santé, éducation, système juridique et logistique, la vie en Haïti changerait du tout au tout. Pour le mieux.

Si les Haïtiens “embarquent” et en finissent avec le côté sombre de l’île (la violence, les abus et l’instabilité), une annexion par le Québec pourrait fonctionner. Ceci dit, si l’on se fie à ce que l’on observe d’Haïti, en ce moment, ça semble très ambitieux, comme projet.

Alors on passe à la deuxième meilleure option, soit une petite île touristique moins connue des Québécois mais chaude à souhait: Aruba.

Cap sur Aruba

Avec ses quelques 115,000 habitants, l’île néerlandaise d’Aruba a non-seulement un air d’Europe avec ses maisons colorées mais des plages magnifiques avec une mer plus calme.

Un endroit idéal pour les touristes, donc.

Probablement un endroit rêvé pour nos “snow birds” qui seraient ravis de quitter le froid… mais pas leur pays. Après une annexion qui serait sûrement négociée dans la bonne humeur, vu les énormes avantages d’une telle chose pour les Arubais qui vivent dans un état autonome monarchique néerlandais, en ce moment, ce serait une avenue intéressante. Avec tous les avantages et tous les inconvénients que cela suppose.

On se doute que les Québécois qui aiment le Costa Rica et le Panama seraient fortement attirés par Aruba, ne serait-ce que pour le soleil et la proximité de l’Amérique centrale ainsi que le Nord de l’Amérique du Sud.

Aruba serait probablement plus facile à annexer qu’Haïti en raison d’une meilleure compatibilité culturelle mais s’il est une chose qu’Haïti veut, c’est bien d’améliorer son sort alors qui sait, ce pays qui a manqué une transition démocratique après la chute des Duvallier (en 1970) pourrait nous surprendre, surtout après avoir goûté à une démocratie naissante, après l’épouvantable tremblement de terre de 2010.

Le choc géographique

C’est certain que les Québécois qui visitent les resorts quelques semaines par année goûtent à ce que ces pays ont de mieux à offrir (même en Haîti qui a désormais quelques resorts fréquentables, pour des touristes plus “aventuriers”).

D’annexer un pays situé dans les Caraïbes nous forcerait à devoir provisionner pour des catastrophes naturelles désormais plus fréquentes, comme les ouragans. Nous ne sommes pas habitués à cette réalité “tropicale”, au Québec mais un peu comme avec nos tempêtes, nous avons un sixième sens pour la débrouillardise et ça nous permettrait peut-être de briller, par notre prévoyance et notre inventivité.

Il y aurait aussi les problèmes de santé et toutes les charges sociales mais ça serait plus facile avec un petit pays qu’avec un gros comme Haïti.

Disons qu’en annexant n’importe quel pays des Caraïbes qui souhaiterait évoluer sous la gouverne démocratique du Québec, il y aurait une part d’imprévu, certes mais surtout, il y aurait ce facteur décisif, à savoir l’intérêt pour la population annexée à faire fonctionner le projet.

Win-win

Il nous faudrait donc penser à une formule gagnant-gagnant pour qu’une annexion territoriale en mer des Caraïbes fonctionne.

Les Québécois, tout comme les Canadiens, ont beaucoup à offrir mais les autres pays dont il est question ici aussi, même si ce n’est pas strictement au point de vue économique. Le Québec ayant un produit intérieur brut qui éclipse complètement celui de ces trois pays (aucune comparaison possible).

Ne serait-ce que pour nos snow birds et la projection de pouvoir dans les Caraïbes, le Québec a le loisir de jongler avec l’idée d’une annexion territoriale win-win, dans les Caraïbes.

C’est le genre de projet qui se prépare mais sur le terrain, on sent un réel intérêt de la part de plusieurs intervenants influents, dans les 3 pays mentionnés dans ce billet alors ce serait probablement un bon temps pour réfléchir de manière plus concrète à un tel projet.

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