Le coronavirus de Wuhan se serait-il échappé d'un laboratoire?

Le Chinois inquiétés par le coronavirus

Alors que les grands médias occidentaux obsèdent sur les théories de propagation du coronavirus du Wuhan à partir des places marchandes où sont offertes des options alimentaires exotiques comme de la chauve-souris, les plus fins observateurs s’interrogent sur une autre source potentielle de ce virus qui, disons-le, est un peu trop efficace pour provenir des… chauve-souris.

Il s’agit d’un laboratoire. Un très gros laboratoire dont la Chine ne parle pas beaucoup.

Contextualisons le tout.

Après l’épidémie de SRAS de 2003, la Chine a construit, en 2015, le Laboratoire national de biosécurité de Wuhan (niveau 4, pour y étudier les microbes les plus pathogéniques) de l’Académie chinoise des sciences. L’objectif était de se préparer et de répondre aux futures épidémies de maladies infectieuses.

Ça met la table pour un nouveau virus, en 2020, vous ne trouvez pas?

On continue…

Alors que l’épidémie de coronavirus de Wuhan s’intensifie (au moment de publier ce billet, il y a eu 41 morts et 1,370 cas d’infection confirmés), le seul laboratoire en Chine qui est équipé pour étudier et traiter ces maladies infectieuses mortelles et émergentes est situé à Wuhan, de la province du Hubei – la ville où le virus est apparu pour la première fois.

Le laboratoire

Le Laboratoire national de biosécurité de Wuhan (niveau 4) de l’Académie chinoise des sciences travaille avec et étudie les agents pathogènes les plus dangereux du monde tels que le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et Ebola. Cependant, des scientifiques avaient averti en 2017 qu’un virus dangereux pouvait s’échapper du laboratoire. Selon Nature, certains scientifiques hors de Chine s’inquiétaient de la fuite d’agents pathogènes et de l’ajout d’une “dimension biologique aux tensions géopolitiques” entre la Chine et d’autres pays.

Il se pourrait même que la Chine ait volé le coronavirus au Canada pour en faire une arme. Ce n’est même pas une blague, c’est tout ce qu’il y a de plus sérieux.

Il a été établi que le virus du SRAS s’est échappé des installations de confinement de haut niveau à Pékin à plusieurs reprises, selon Richard Ebright, biologiste moléculaire à l’Université Rutgers à Piscataway, au New Jersey. Alors qu’est-ce qui nous assure que la même chose ne se serait pas produite à Wuhan? Mais bon, au-delà des spéculations, en ce moment, les autorités ne soupçonnent pas officiellement le laboratoire de Wuhan d’avoir un lien avec la nouvelle épidémie de coronavirus.

Même si les autorités demeurent prudentes, le lecteur avisé que vous êtes peut quand même s’interroger. À juste titre.

Le “Wuhan National Biosafety Laboratory” de Wuhan, dans la province du Hubei, en Chine, administré par la “Chinese Academy of Sciences'”.

Mais au fait, pourquoi la Chine a-t-elle construit ce laboratoire?

Rappelons tout simplement qu’au cours des deux dernières décennies, de nombreuses maladies infectieuses, notamment Ebola, la fièvre hémorragique de Marburg, la fièvre hémorragique de Crimée-Congo, la fièvre de Lassa, le SRAS, la grippe aviaire A (H5N1), la fièvre de la vallée du Rift et les maladies virales Nipah et Hendra ont émergé, ce qui représente une menace sérieuse pour la santé publique. Incluant celle de la Chine. D’où l’impératif de se doter d’un laboratoire de niveau 4.

C’est tellement important, pour la Chine, que le laboratoire de Wuhan faisait partie d’un plan visant à construire entre cinq et sept laboratoires de niveau 4 de sécurité biologique (BSL-4) à travers le continent chinois, d’ici 2025.

Dans un rapport du CDC, il est écrit ce qui suit:

“L’un des objectifs (après l’épidémie de SRAS de 2003) était de construire un laboratoire BSL-4 qui répond aux normes nationales et internationales de diagnostic, de recherche et de développement de médicaments et de vaccins antiviraux tout en préservant en outre des agents BSL-4 hautement pathogènes pour de futures recherches scientifiques.”

C’est louable mais dans un pays comme la Chine où la transparence a des géométries très variables, est-ce vraiment prudent, pour la communauté internationale? Ou pour la Chine, elle-même? Et n’oubliez pas qu’il existe la possibilité que la Chine essayait de transformer le coronavirus en arme alors pour l’heure, de nombreuses théories doivent encore être soupesées.

Sur le plan opérationnel, c’est dans le cadre de l’accord de coopération sino-français sur la prévention et le contrôle des maladies infectieuses émergentes, signé en octobre 2004 que la Chine a construit son premier laboratoire BSL-4 en 2015 à Wuhan. Celui-là-même que les grands médias ont complètement ignoré dans leurs reportages alarmistes (à raison, dans une large part) du début de la crise sanitaire qui secoue la Chine mais aussi, le monde entier, en raison du potentiel de propagation de ce coronavirus, notamment via les voyageurs ayant pu être infectés, souvent sans le savoir puisque le temps d’incubation pour aller jusqu’à 3 semaines.

Ajoutons que l’erreur humaine fait partie des scénarios possibles, si le coronavirus en venait qu’à avoir été “échappé dans la nature”, par le laboratoire chinois.

En effet, selon les experts, la sécurité et le fonctionnement d’un laboratoire BSL-4 reposent non seulement sur l’installation de confinement et les systèmes de gestion de la biosécurité, mais également sur un personnel très qualifié et expérimenté.

Alors même si de nombreux grands médias obsèdent en ce moment sur les chauve-souris, il y a une possibilité que la crise du coronavirus chinois puisse trouver son origine dans une erreur humaine. Peut-être même une erreur de bonne foi. Impossible d’en savoir plus. Devant l’opacité chinoise, il ne faut pas se perdre en conjectures mais il ne faut pas non-plus être trop naïfs. L’observation et le sens critique demeurent des outils fondamentaux pour décoder notre monde. Cette situation préoccupante n’y fait pas exception.

Ainsi, peut-on penser que le coronavirus chinois se serait échappé du laboratoire de Wuhan? On peut le croire mais pour l’heure, ça demeure une théorie difficile à valider même si les coïncidences semblent un peu trop nombreuses pour que l’arrivée de ce dangereux virus dans la population générale ne soit qu’un pur hasard.à


L’état de la situation, en ce moment:

Jusqu’à présent, les scientifiques chinois suggèrent que le virus est passé de l’animal à l’homme – peut-être d’un serpent, d’une chauve-souris ou de fruits de mer vendus sur les marchés ouverts de Wuhan.

Cependant, comme c’est expliqué dans ce billet, ce dont on n’a pas parlé librement, c’est du domaine d’étude dans lequel le laboratoire national de biosécurité de Wuhan est spécialisé à savoir les virus (SRAS et MERS) qui sont de la même famille de virus dont celui de Wuhan aurait évolué.

Selon les données colligées par The Guardian, voici où l’on en serait avec cette crise:

  • En Chine, 41 personnes sont décédées des suites d’un coronavirus, originaire de Wuhan, une ville de la province du Hubei.
  • Le médecin de 62 ans, Liang Wudong, est décédé du virus à Wuhan après avoir soigné des patients.
  • Plus de 1,370 cas ont été confirmés dans le monde, la grande majorité en Chine et d’autres principalement en Asie. Cependant, le virus a atteint l’Europe le vendredi, 24 janvier 2020, avec trois cas confirmés en France et a également été signalé en Australie et aux États-Unis. Au total, 14 pays ont été touchés.
  • L’Organisation mondiale de la santé n’a pas déclaré de crise, mais surveille la situation.
  • En Chine, 30 provinces, municipalités et régions autonomes ont désormais porté leur alerte de santé publique au niveau 1, le niveau le plus élevé.
  • La Chine a annoncé qu’elle avait ordonné des mesures à l’échelle nationale pour identifier et isoler immédiatement les cas suspects de virus mortel dans les trains, les avions et les bus. Il construit également deux nouveaux hôpitaux pour faire face à la crise.
  • Le directeur général de Hong Kong, Carrie Lam, a déclaré que le niveau de réponse était passé de «grave» à «urgence», le niveau le plus élevé.
  • Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies a publié une déclaration avertissant que davantage de cas dans l’UE sont probables.
  • Au Royaume-Uni, 31 personnes ont été testées et les résultats ont été négatifs. Le gouvernement tente de retrouver 2 000 personnes arrivées de Wuhan ces dernières semaines.
  • Les États-Unis ont lancé une opération pour évacuer ses citoyens et diplomates de Wuhan.

Pour ceux qui n’ont pas eu le temps de suivre la nouvelle depuis le tout début, rappelons que les coronavirus (du latin, «virus à couronne») ou CoV, sont des virus à ARN monocaténaire de sens positif (groupe IV de la classification Baltimore) correspondant à la sous-famille des Orthocoronaviridae de la taxonomie de l’ICTV.

Ce sont des virus enveloppés, constitués d’une enveloppe virale entourant une nucléocapside à symétrie hélicoïdale. La taille du génome de ces virus varie d’environ 26 à 32 kilobases, valeurs parmi les plus élevées des virus à ARN.

Le terme coronavirus provient de l’apparence des virions au microscope électronique, caractérisée par une frange de grandes protubérances entourant l’enveloppe avec l’apparence d’une couronne, par analogie avec la couronne solaire.

Tous ces virus ont en commun des protéines désignées par une lettre indiquant leur localisation : S (protubérances), E (enveloppe), M (membrane) et N (nucléocapside). Certains d’entre eux, notamment ceux du sous-groupe A du genre Betacoronavirus, ont une protéine HE (hémagglutinine estérase (en)) caractéristique. Le coronavirus du SRAS présente en outre sur la protéine S un site de liaison spécifique à l’enzyme de conversion de l’angiotensine 22 qui lui sert de point d’entrée dans la cellule hôte.

En termes plus clairs, c’est une pneumonie virale.

Et pour finir, il n’y a pas que du négatif puisqu’il y a 38 personnes guéries qui sont sorties des hôpitaux, selon les autorités sanitaires chinoises.

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