La fin de FutureShop, au Canada

C’est ce matin, le samedi 28 mars 2015, vers 7h que les gérants des magasins FutureShop ont appris que leur magasin allait fermer et qu’eux ainsi que leurs employés allaient recevoir une cessation d’emploi.

L’annonce de la fermeture des magasins FutureShop, d’un bout à l’autre du pays, a eu l’effet d’une bombe pour les employés mais pour les clients, aussi.

Rien ne laissait présager que la fermeture de FutureShop aurait lieu aujourd’hui mais au moment de publier ce billet, toutes les fenêtres et portes de tous les magasins sont placardées de feuilles de carton brun.

Clairement, BestBuy, en charge de la bannière FutureShop n’a mis de gants blancs pour annoncer à ses employés qu’ils pouvaient retourner chez-eux parce que désormais, ils étaient d’ex-employés!

De l’extérieur, on voyait cependant ce jour venir.

Les magasins FutureShop (les “rouges”) étaient vieux et mal entretenus alors que ceux de BestBuy (les “bleus”) étaient récents et clairement mieux parés. Côté produits, c’était à peu près du pareil au même mais la compagnie a compris qu’elle pouvait faire autant d’argent en fermant la bannière FutureShop et donc, en économisant une fortune en frais afférents.

Le simple fait de restructurer BestBuy pour n’avoir qu’une seule bannière va permettre de mieux faire progresser la marque et mine de rien, la fermeture de FutureShop enlève un gros compétiteur de BestBuy… même si les profits aboutissaient dans les mêmes poches, à la maison-mère de BestBuy, à Minneapolis, MN.

Depuis novembre 2001, moment où BestBuy a acheté FutureShop, la fermeture des “rouges” était une éventualité qu’il ne fallait jamais oublier parce qu’au fond, BestBuy veut maximiser ses profits et ce n’est pas en payant le double en loyer qu’il y arriverait.

En fait, la stratégie des “doubles bannières” a surtout aidé à tuer la concurrence. De petites boutiques ou des chaînes régionales qui vendaient de l’électronique et qui n’arrivaient tout simplement plus à suivre. Quand il a fallu investir pour passer au commerce électronique, ça a été extrêmement difficile pour la concurrence et à plusieurs égards, ça l’est encore.

Ainsi, BestBuy se dessine comme un meneur incontesté de son secteur d’activité avec de grands magasins et un excellent site web, pour les ventes en ligne. Un duo qui donne confiance aux clients et qui génère d’importants bénéfices.

Gagnants et perdants

Parmi les gagnants, on pense immédiatement aux actionnaires de BestBuy qui viennent de faire gagner de la valeur à leur titre.

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C’est à peu près tout, au chapitre des gagnants…

Mais les perdants, là, il y en a plusieurs et au premier chef, on peut mentionner les 500 employés à temps complet, les 1,000 employés à temps partiel et du nombre, environ 800 employés qui travaillaient dans les 27 magasins québécois.

Précisons qu’environ 60 des 130 magasins FutureShop du pays seront convertis en BestBuy, dont ceux de Rimouski et de St-Jérôme (car il n’y a pas de BestBuy proche) mais les employés, notamment ceux à commission, chez FutureShop ne seront pas trop intéressés à passer chez BestBuy (si l’invitation leur est faite) parce qu’il n’y a là aucune commission et donc, des salaires trop bas pour vivre décemment (sauf dans le cas des emplois de gérance où là, les salaires sont à peu près les mêmes que ce qui avait cours chez FutureShop).

Le deuxième groupe de perdants est constitué des consommateurs qui étaient fidèles de FutureShop et qui voient disparaître un bannière où ils aimaient magasiner. Ceci dit, ils pourraient tout simplement choisir d’aller désormais chez BestBuy et donc, leur tristesse ne sera que de très courte durée.

Les gouvernements sont également perdants puisque des emplois disparaissent. Pire, des centaines d’employés pourraient être forcés de faire appel à l’assurance chômage parce que les bons emplois dans le commerce de détail (on insiste sur “bons emplois”, avec des salaires d’environ 25$ de l’heure, grâce notamment aux commissions), c’est très difficile à trouver.

Et la concurrence?

À votre avis, est-ce que les concurrents de BestBuy ont des raisons de se réjouir de la fermeture de la bannière FutureShop?

La question se pose et la réponse peut verser de part et d’autre.

Si BestBuy fait d’importantes économies, leurs prix pourraient devenir encore plus agressifs et combiné à la portée de leur site web transactionnel, ça pourrait devenir encore plus difficile pour les “petits magasins régionaux” d’exister.

Le pouvoir d’achat de BestBuy, sur une vaste gamme de produits électroniques demeure un avantage pour la chaîne. Les petits magasins n’arrivent tout simplement plus à suivre et les consommateurs cherchant le meilleur prix auront compris que c’est en suivant les rabais d’une chaîne comme BestBuy qu’on économise le plus.

Il y aura toujours les “bons conseils” prodigués par les employés qualifiés dans les petits magasins régionaux mais désormais, les revues en ligne (notamment dans YouTube et sur c|net) sont à la portée de tous.

Et pendant ce temps, le commerce en ligne va continuer de progresser et d’offrir une expérience emballante, en tout temps… même hors des “heures d’affaires” normales, des commerces “physiques”.

Alors pour la concurrence, il se pourrait que la disparition de FutureShop ne soit pas une si bonne affaire, même si ça enlève un concurrent.

Si on pense aux magasins comme Costco et Wal-Mart qui attirent la majorité des consommateurs avec leurs très bas prix, le futur ne s’annonce pas plus facile pour les petits magasins régionaux. C’est peut-être même d’ailleurs en partie à cause de ces puissants concurrents que BestBuy a dû se résigner à fermer sa bannière FutureShop qui devenait trop coûteuse à opérer.

Conclusion?

Le marché du détail canadien en prend pour son rhume et ce n’est pas mieux au Québec où les consommateurs ont moins d’argent qu’ailleurs, au pays (57e sur 60 provinces et États, ouch).

Parmi les fermetures récentes, on pense au magasins Sony (13 magasins fermés, au pays), Mexx (95 magasins), Jacob (42 boutiques), Jeans Parasuco (qui a quand même gardé son site web transactionnel), Smart Set avec la fermeture de 31 magasins et la conversion de 76 autres vers d’autres bannières de Reitmans et que dire de Bikini Village qui a été acheté, de justesse par La Vie en Rose, pour 4M$.

Impossible de passer sous silence la mort de Target Canada avec la fermeture de ses 133 succursales au pays, incluant ses 25 du Québec.

Et ce ne sont pas les seuls magasins à avoir de la misère à boucler leur budget, en ce moment. Les consommateurs n’aiment pas l’austérité et ont peur, à juste titre, de faire des achats. Si la confiance des consommateurs revient, les dépenses suivront et les commerces au détail iront mieux mais pour l’instant, le paysage économique de ce segment de l’économie semble plutôt mal en point.

Et vous, qu’en pensez-vous?

Croyez-vous que la disparition de FutureShop soit une bonne chose? Allez-vous migrer votre magasinage d’électronique chez BestBuy, à l’avenir?

Un commentaire

  • Je pense que le consommateur moyen n’a pas d’égard à la compagnie. Ce qu’il recherche c’est le prix le plus bas.

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