Même si vous entendez parler des CLSC, des CIUSSS et des “agences de santé publique” qui oeuvrent localement, près de chez-vous, rares sont ceux qui comprennent vraiment leur panier de services.

Et pourtant, ces services vous sont destinés, à vous et à tous ceux qui en ont besoin.

D’ailleurs, les travailleurs du “réseau [de la santé, du Québec]” sont les premiers étonnés de constater à quel point les Québécois qui en auraient pourtant besoin ne connaissent même pas l’existence des programmes auxquels ils auraient droit.

Si vous avez un problème de santé, au sens large, vous pourriez vous qualifier pour l’un ou l’autre des services de ces organisations locales dédiées à la santé publique.

Évidemment, pour y voir plus clair, il faudra prendre un instant pour décrypter le vocabulaire gouvernemental pour désigner cet océan d’intervenants.

Abréviations, en “santé locale”

Voici donc les principales abréviations que vous devrez comprendre, lorsque vous transigerez avec le “réseau local de la santé [au Québec]:

  • CH: centre hospitalier
  • CHSLD: centre d’hébergement et de soins de longue durée
  • CISSS: centre intégré de services de santé et de services sociaux
  • CIUSSS: centre intégré universitaire de santé et de services sociaux
  • CLSC: centre local de services communautaires
  • CPEJ: centre de protection de l’enfance et de la jeunesse
  • CR: centre de réadaptation
  • GMF: groupe de médecine de famille
  • RI et RTF: ressource intermédiaire et ressource de type familial
  • RPA: résidence privée pour aînés

Ces abréviations sont couramment utilisées dans le réseau de la santé et il arrive qu’un simple citoyen ait du mal à s’y retrouver, avec de devenir familier avec ce nouveau vocabulaire. Il revient donc à chaque Québécois de savoir que l’intégration territoriale des services de santé et des services sociaux est favorisée par la mise en place de réseaux territoriaux de services de santé et de services sociaux (RTS) visant à assurer des services de proximité et leur continuité.

Dit en termes simples, il y a une nébuleuse de services de santé offerts et les RTS orchestrent une desserte cohérente et relativement uniforme, pour l’ensemble du territoire québécois.

C’est rassurant de savoir ce réseau pan-québécois à l’oeuvre pour offrir des niveaux de soins “aux normes”, partout sur le territoire de la province.

Coordination régionale via les CISSS et les CIUSSS

Un centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) ou un centre intégré universitaire de santé et de services sociaux [centre intégré] (CIUSSS) est responsable d’assurer le développement et le bon fonctionnement des réseaux locaux de services de santé et de services sociaux (RLS) au sein de son RTS.

Autrement dit, le “boss” des “centres intégrés” se trouve à être le ministère de la santé du Québec.

Le centre intégré et ses partenaires (et ils sont nombreux, voir un peu plus bas) partagent collectivement une responsabilité à l’égard d’une offre de services intégrés correspondant aux besoins de la population du territoire et visant à favoriser le maintien ou l’amélioration de la santé et du bien-être de cette population.

Pour assumer cette responsabilité populationnelle, ils doivent rendre accessible un ensemble d’interventions et de services le plus complet possible, à proximité du milieu de vie des personnes. Ils doivent également assurer la prise en charge et l’accompagnement de ces personnes par le système de santé et de services sociaux. Le modèle repose en outre sur le principe de hiérarchisation des services, lequel facilite la complémentarité des services et le cheminement des personnes entre les services de première, de deuxième et de troisième ligne.

Le centre intégré doit assurer la coordination des services offerts par tous les partenaires des réseaux de services, soit:

  • les cliniques médicales et les groupes de médecine de famille (GMF);
  • les pharmacies communautaires;
  • les organismes communautaires;
  • les entreprises d’économie sociale;
  • les établissements et autres ressources privés, par exemple les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) ou des résidences privées pour aînés (RPA);
  • les ressources non institutionnelles, c’est-à-dire les ressources intermédiaires (RI) et des ressources de type familial (RTF);
  • les centres hospitaliers et les instituts universitaires non fusionnés qui offrent des services spécialisés ou surspécialisés à la population;
  • le cas échéant, d’autres centres intégrés qui offrent des services spécialisés ou surspécialisés à la population du réseau de services compte tenu des missions supra territoriales qu’ils assument (exemples : centre hospitalier, centre de protection de l’enfance et de la jeunesse, centre de réadaptation), et en conformité avec les trajectoires de services établies;
  • les partenaires d’autres secteurs d’activité : scolaire, municipal, emploi, etc.

C’est la raison pour laquelle les centres intégrés de la santé sont si importants. Ils coordonnent les services offerts par leurs propres employés mais aussi, par ceux des partenaires.

En fin de compte, c’est plus facile de comprendre le réseau de la santé quand on place les centres intégrés locaux au centre de leur écosystème de partenaires, plus ou moins indépendants et interconnectés.

Encourager les partenaires à travailler ensemble

Vu de l’extérieur, le réseau dévoile sa complexité tant le nombre de partenaires et d’intervenants semble difficile à gérer.

Heureusement, les partenaires ont pour objectif d’offrir leurs services aux citoyens de leur localité qui en ont besoin.

Le défi, c’est de motiver tous ces partenaires à travailler ensemble.

Certains le font mais pas tous. Même lorsqu’ils auraient avantage à le faire. Il faut réaliser à quel point tous ces intervenants doivent à la fois livrer leurs offres respectives tout en étant cohérents avec les directives du centre intégré.

Dans les faits, il est attendu des intervenants qu’ils offrent la meilleure prestation possible, à leur niveau et selon leur mandat. Le centre intégré a le pouvoir d’intervenir en cas de problématique (de toute nature) mais il y a tellement de demande pour les services de santé, au Québec, que les problèmes doivent être réglés aussi rapidement et efficacement que possible pour éviter de perturber la desserte des offres de soins.

Assurément, les Québécois sont les grands gagnants lorsque leur réseau local de santé maximise les synergies.

Ceci dit, tous les Québécois doivent faire l’effort de mieux comprendre leur réseau local. C’est ainsi qu’il devient plus facile d’accéder aux services offerts mais aussi de connaître les opportunités pour s’y impliquer (notamment dans les organismes communautaires).

Quand on dit que la santé, c’est l’affaire de tout le monde, c’est vrai et au niveau administratif, le Québec a son réseau de la santé alors simplement garder à l’esprit que là aussi, c’est votre affaire.


* Un RTS peut comprendre plusieurs RLS. Ces derniers impliquent, à l’échelle locale, les mêmes catégories de partenaires.

** Le CISSS/CIUSSS doit établir, au besoin, des corridors de services régionaux ou interrégionaux pour compléter son offre de service à la population de son territoire.

*** Ces établissements ne sont pas fusionnés en vertu de la Loi modifiant l’organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux notamment par l’abolition des agences régionales.

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