Payer pour votre séjour à l’hôpital

Au Québec, les soins hospitaliers nous coûtent très cher et avec la montée en force des infections virales et bactériennes facilement transmissibles, les coûts explosent.

Pensez simplement à l’éclosion de la bactérie C. Difficile qui a forcé le transfert de nombreux patients admis depuis les “salles” vers les “chambres” (privées ou semi-privées). Les décisions qui font du sens pour la santé des patient mais qui ont une incidence sur les coûts des soins prodigués puisqu’une chambre individuelle coûte plus cher qu’une salles “collective” où plusieurs patient séjournent, en même temps.

En fait, ça nous coûte tellement cher que les administrations de nos hôpitaux redoublent leur efforts pour faire payer une chambre privée ou semi-privée à votre assureur privé (comme la SSQ, par exemple) plutôt que de vous faire séjourner, gratuitement, dans une salle. Il est également possible de séjourner gratuitement dans une chambre privée (avec un seul lit) ou semi-privée (avec deux lits) si c’est l’hôpital qui vous y installe (sans que vous en ayez fait la demande) mais règle générale, vous serez installé dans une salle, soit une chambre à 1, 2, 3 ou 4 lits — la désignation de “salle” étant variable, par rapport au nombre de lits.

Si votre assurance privée paie pour cette chambre privée ou semi-privée, c’est payant pour l’hôpital qui reçoit une compensation qui avoisine les 188$ par jour mais pour la société, ça pose un problème parce que l’ensemble des Québécois a déjà payé pour que ce lit soit gratuit et là, en facturant l’assureur, il est clair que les primes d’assurances augmenteront, au moins dans la même proportion que l’augmentation des coûts que l’assureur doit assumer et ce, pour tous les assurés.

Ainsi, vous et moi payons…

  1. Via nos impôts et taxes; et
  2. Via une hausse graduelle de nos primes d’assurances privées.

…pour avoir le droit (via la loi québécoise sur de l’assurance hospitalisation) de séjourner “gratuitement” à l’hôpital.

On observe donc une forme de double facturation pour compenser l’occupation d’une chambre, en milieu hospitalier. Ça prouve que notre système de santé ne manque pas d’imagination pour garnir ses coffres.

Tout le monde s’entend sur le fait que nos hôpitaux auraient besoin de plus d’argent mais comme nous n’en avons pas, il faut imaginer un système de santé plus efficace et qui, à la limite, se remet en question sur le fondement même de son action (médecine exclusivement allopathique) pour demeurer pertinent tout en devenant plus abordable (pensons aux médecines traditionnelles, alternatives et naturelles).

Mais il y a peu à espérer en regard d’une telle remise en question (surtout sous le contrôle étouffant du Collège des médecins), par le réseau de la santé. Les “acquis” du personnel semblent intouchables et les syndicats voient à leurs propres intérêts alors la population québécoise doit forcer le “réseau” à imaginer une desserte à la mesure de notre budget avec un spectre d’intervention modernisé.

En fait, on souhaite que les solutions émergent du milieu parce qu’il y a beaucoup de gens intelligents et bienveillants qui y œuvrent mais il y a aussi des gens, comme Michel Fontaine qui est sous-ministre, au ministère de la Santé et des services sociaux du Québec qui a avoué, en entrevue à l’émission d’affaires publiques La Facture, à Radio-Canada, qu’il considérait l’idée de FACTURER les patients pour leur séjour en milieu hospitalier. Ce serait une approche calquée sur celle qu’on retrouve dans les CHSLD à savoir une facturation en fonction de votre capacité de payer. Le sous-ministre a avoué que la facturation des chambres amenait quelques 60 millions, annuellement, dans les coffres du gouvernement mais là, on peut imaginer que les revenus seraient bien plus élevés si tout le monde devait payer sa propre hospitalisation, selon ses revenus.

Quelle bombe… le sous-ministre n’en avait parlé à personne, publiquement, avant l’entrevue qui vient d’être diffusée sur les ondes de Radio-Canada.

Cette révélation stupéfiante a de quoi donner des sueurs froides aux Montréalais qui découvriront bien assez vite que les deux nouveaux hôpitaux, le CHUM et le CUSM, n’ont que des chambres privées et semi-privées qui devront, selon les plans du sous-ministre Fontaine, être payées PAR LES PATIENTS selon… leur revenu!

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Comme dans nos CHSLD via la “contribution de l’adulte hébergé” qui varie selon la hauteur des revenus.

Toujours à l’émission La Facture, le directeur général du Regroupement provincial des comités des usagers, Pierre Blain, ne peut même pas envisager que le ministère de la Santé et des services sociaux aille en ce sens. Comment penser qu’être hospitalisé au lieu selon nos revenus? Pour lui, c’est du jamais vu et c’est inacceptable.

Le débat est donc lancé.

À cause des maladies contagieuses, les hôpitaux vont vous offrir de plus en plus de chambres privées et semi-privées et en même temps, le ministère de la Santé et des services sociaux réfléchit à la possibilité de faire payer les patients en fonction de leur revenu — on peut penser que les plus pauvres ne paieront rien mais que la classe moyenne et les riches devront débourser une somme supérieure qui compensera pour les plus pauvres.

Pour réduire leurs coûts, les hôpitaux pourraient bientôt avoir des outils légaux et obligatoires qui transformeront chacune de vos séjours en milieu hospitalier en dépense de consommation… et ça coûtera cher, si l’on se fie à l’expérience de cette façon de faire, dans les CHSLD.

La question se pose: êtes-vous prêts à payer, selon vos revenus, pour être à l’hôpital?

Nous savons depuis longtemps que le réseau de la santé nous coûte trop cher, au Québec mais là, on se rend compte que les mécanismes envisagés pour renflouer les finances des hôpitaux, via une nouvelle forme de taxation pour les chambres, selon vos revenus, ne vienne encore vider vos poches… sans que le sous-ministre ne soit venu vous en parler, au préalable.

Il y a beaucoup gens qui veulent votre bien, dans le réseau de la santé. Tout porte à croire que des gens agissent avec votre meilleur intérêt à cœur mais force est d’admettre qu’avec une révélation comme celle du sous-ministre Fontaine, ça nous rappelle qu’il ne faut pas baisser la garde ou leur laisser prendre des décisions qui pourraient nous coûter collectivement très cher… en double!

Prenons le temps de pondérer les alternatives et tentons d’améliorer la desserte des soins de santé, au Québec afin d’en avoir pour notre argent tout en tendant vers la santé globale de tous les citoyens.

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