Trop peu de “temps libre”

Avez-vous l’impression de tout le temps être en train de travailler pour satisfaire un employeur intransigeant sur les “heures passées au travail”?

Un grand nombre de travailleurs québécois doivent travailler 40 heures ou plus, par semaine, parce que sinon, ils se feront semoncer ou carrément montrer la porte, par leur employeur.

Des vacances? Pfff… pas avant “quelques années en poste” alors les nouveaux employés devront se contenter de se faire garocher un 4% de “vacances payées” par la tête, en fin d’année tout en n’obtenant AUCUN jour de congé “réel”, en cours d’année. La belle affaire!

Les quelques centaines de milliers d’employés syndiqués du Québec ont de meilleures conditions de travail que les millions d’autres qui ne font tout simplement pas le poids pour faire entendre raison à leur patron qui va abuser d’eux, autant qu’il le peut.

La Commission des normes du travail est un organisme largement édenté qui ferme les yeux sur une quantité astronomique d’abus des travailleurs parce que les employeurs utilisent toutes les clauses à leur faveur pour forcer leurs employés à donner un maximum d’heures, au plus bas salaire possible. C’est de bonne guerre diront les patrons qui, nichés dans leurs ultra-luxueuses demeures, se plaignent que les temps sont durs (sigh) mais les employés qui sortent épuisés de leur travail, eux, n’en peuvent plus de constater qu’en fin de compte, ils n’ont presque plus de “temps libre” et quand ils ont —enfin— du temps libre, ce n’est même pas du “temps de qualité”.

Les horaires de travail exagérés à 40h par semaine et plus nuisent au travailleur parce qu’il n’a plus de temps pour sa propre vie. Dans presque tous les cas, l’employé perd sa motivation à se dépasser, ce qui est navrant. Mais ce n’est pas tout puisque la société, elle aussi, est perdante, principalement parce que les gens n’ont plus de temps pour leur “vie sociale”.

À part les retraités, qui prend le temps d’aller marcher dans les sentiers pédestres? Les travailleurs en vacances, ok… mais à part ça? Qu’est-ce que ça donne de vendre autant d’heures à un employeur si c’est pour finir par passer à côté de sa propre vie?

On est tellement loin du télétravail ou de la semaine de 4 jours… c’est pathétique.

Les travailleurs dorment mal en anticipant les longues heures qu’ils devront docilement offrir à leur employeur le lendemain matin et ce, jusqu’au soir. Ces mêmes travailleurs angoissent en raison des bouchons de circulation constitués d’autres travailleurs tout aussi frustrés des délais routiers indus et juste à penser qu’il faudra se battre sur l’autoroute pour revenir à la maison, c’est décourageant.

Puis, une fois à la maison, ces travailleurs doivent s’occuper de leur demeure et quand il y a des enfants dans le scénario, c’est la garantie d’un segment “zéro repos” car nos enfants ont besoin de l’attention de leurs parents et ceux-ci aussi veulent passer un peu de temps, avec eux.

Pour plusieurs corps de métier, comme c’est le cas pour les ingénieurs, c’est 40h minimum par semaine ou rien du tout. Les patrons n’accepteront pas d’horaires à 25h par semaine… parce que c’est 40h / semaine qui constitue la “norme” non-écrite.

Ce qui est dingue, c’est que l’ingénieur qui travaillerait 25h ou même 32,5h par semaine serait bien plus productif que celui qui en travaille 40h ou plus. C’est prouvé que lorsqu’un employé est trop sollicité (ou abusé, appellons les choses par leur nom), il ne livre aucune productivité mesurable pendant plus de la moitiés de ses heures alors que lorsqu’il travaille moins, comme dans le cas des employés à temps partiel, la productivité explose!

Comment les employeurs font-ils pour faire fi de cette implacable réalité?

Les patrons ont tous leurs raisons pour exiger un nombre exagéré d’heures de travail, par semaine mais souvent, ils se prennent en exemple et disent des phrases creuses comme “moi, je ne compte pas mes heures”… grosse farce! Évidemment que les patrons ne “comptent pas leurs heures”, ils encaissent des salaires mirobolants!

Ou la possibilité d’un tel salaire… ce qui n’est absolument pas le cas, pour un simple employé.

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Alors qu’un employés typique va encaisser un salaire 150$ par jour (à 20$ / heure x 7,5 heures), le patron typique va encaisser un minimum de 375$ (à 50$ / heure x 7,5 heures) et lorsque ceux-ci se tapent des heures supplémentaires, vous pouvez être certain qu’ils s’accordent du “temps et demie” ou du “temps double” et là, le salaire explose… normal qu’ils soient alors naturellement motivés à travailler plus longtemps!

Et là, on ne parle même pas des patrons-propriétaires qui encaissent des salaires absolument délirants, en toute discrétion. On parle de centaines de milliers de dollars par année ou même, de millions de dollars. On est loin de la 20aine de mille dollars que gagne un employé au salaire minimum qui travaille pourtant, lui aussi, 40 heures par semaine, et plus.

En clair, même si le patron travaille de nombreuses heures, il reçoit une contrepartie tellement supérieure à celle d’un employé qu’il a les moyens de s’accorder un niveau de confort tel qu’il aura davantage de “ressources” pour se “reposer“, une fois le travail terminé. Immense maison de luxe, meubles ultra-luxueux, femmes ou hommes de ménage qui gardent les lieux impeccables, petites escapades dans le Sud à tout moment, dans l’année parce qu’eux s’accordent de généreuses banques de journées de vacances et une accumulation accélérée de richesse via des programmes d’actionnariat variés. Pour un employé, oubliez ça!

Mais les patrons s’en donnent à cœur-joie et imposent leur loi des 40 heures par semaine, et plus.

C’est révoltant car ça détruit les gens et la société de ne plus avoir de temps pour apprécier la vie, à l’extérieur du travail.

Les mesures de “conciliation travail-famille” sont un sorte de jupon qui dépasse de la proverbiale robe des abus patronaux parce que si le nombre d’heures par semaine étaient limitées à (disons) 32,5h par semaine, la conciliation aurait AUTOMATIQUEMENT lieu… pour TOUS les employés.

Le fait qu’il faille aménager le temps de travail pour les parents de jeunes enfants prouve que l’employeur en demande trop. Il y aurait moyen de faire les choses autrement et heureusement, il y a des employeurs qui ont réellement à cœur le bonheur de leurs employés mais ils ne sont pas légion.

Enfin bref, les travailleurs réalisent, un jour ou l’autre, qu’il ont bien trop peu de “temps libre“… et pire, que le temps qui reste finit par ne même plus être du “temps de qualité”… quelle galère!

Il ne faut pas se décourager, il y a assurément des solutions pour mieux s’en sortir, comme hériter ou gagner à la loterie pour sortir de la “course de rats” dans laquelle tant de nous sont pris pour courir, ventre-contre-terre!

Sérieusement, chacun de nous doit se demander s’il est heureux dans son travail et si ce n’est pas le cas, il faut prendre la décision courageuse de changer, pour mieux.

Le temps libre, au fond, ça n’a tout simplement pas de prix alors assurez-vous de vous arranger pour en avoir sinon vous aurez passé votre vie à… passer à côté de votre propre vie! 

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