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Les projets de PPP en cours, au Québec…

Si vous voulez voir à quel point notre gouvernement est infecté par le virus de la privatisation-à-tout-prix, regardez du côté des fameux partenariats publics-privés (PPP).

Ces « partenariats » profiteront effectivement aux exploitants privés qui en prendront le contrôle mais ce sera aux dépens des citoyens qui, en plus d’être taxés et imposés —à fond— par le gouvernement seront désormais forcés de payer des exploitants PRIVÉS pour des services déjà payés comme, par exemple, dans le cas des autoroutes à péages.

En passant, si vous habitez la région de Montréal et que vous n’êtes pas RÉVOLTÉS du retour des routes à péages sur votre territoire, c’est que vous n’avez pas suivi les nouvelles.

Voici d’ailleurs la liste des projets « en cours », gracieuseté de l’attitude pro-PPP du gouvernement libéral de Jean Charest:

Et tous ces « beaux projets » dont on dit qu’ils sont en partie « publics » ne vont, en fin de compte, véritablement profiter qu’aux exploitants « privés » parce qu’après tout, pourquoi en feraient-ils partie si ce n’est pas pour s’y enrichir?

Les citoyens-payeurs, une fois de plus, devront payer DEUX FOIS plutôt qu’une pour obtenir leurs services.

Et c’est quoi, la cerise sur ce proverbial sundæ?

Le retour EN FORCE des routes à péages, en commençant avec MONTRÉAL.

Automobilistes montréalais, préparez-vous à vous faire plumer! Et d’à-plomb, à part ça! Tout ça, parce que vous DORMEZ AU GAZ pendant qu’à l’Assemblée nationale, vos « Ã©lus » vous confient, vous, payeurs de taxes et d’impôts, aux bons soins des loups — euh! Du « privé », devrait-on plutôt dire.

Ceux qui croient au bien fondé des PPP sur nos routes devraient lire ce document (en format .pdf) où l’on nous vante les vertus du péage sur nos routes, comme si le fait de nous taxer encore davantage (pour les 30 prochaines années, au minimum) était à la fois nécessaire et (tenez-vous bien) payant!

Ha-ha-ha-ouuuu-ha… hilarant!

Et qui a préparé cette « note économique » intitulée « Le péage comme solution au financement du réseau routier », en octobre 2007? Nul autre que Mathieu Laberge, économiste à l’Institut économique de Montréal (dirigé par la fille de Paul Desmarais) et titulaire d’une maîtrise en économie internationale de l’université de Nottingham — à l’évidence, il n’a pas encore une très longue expérience de la vie pour venir faire la leçon aux Québécois sur l’importance d’avoir des routes à péages!

Sérieusement, c’est probablement un document écrit de bonne foi (le jeune Mathieu a l’air d’une bonne personne) mais vu qu’il émane de l’IEDM, véritable « think tank » pro-privatisations, les citoyens sont en droit de s’interroger sérieusement sur le biais donné (volontairement ou non) aux renseignements qu’on y retrouve.

Voici quelques perles…

  • « On oublie parfois que le Québec a déjà été la province ayant le plus recours au péage » — Non, Mathieu, les Québécois n’ont pas oublié les péages et peuvent se vanter d’avoir chassé les loups qui se délectaient dans la bergerie en exigeant rien de moins que leur fermeture.
  • « Tous les modes de perception qui respectent le principe de l’utilisateur-payeur ne sont pas équivalents pour autant. » — Ça, c’est vrai. Mais… « Ceux qui lient plus directement le montant payé à l’utilisation d’un service sont préférables à un montant forfaitaire qui garantit l’accès illimité au service. » — Ça, c’est le crédo des pro-PPP qui veulent imposer leur modèle de péage.
  • « Ainsi, les modes de perception les plus efficaces sont les péages et la taxe sur les carburants puisque le montant payé est déterminé en proportion du volume d’utilisation des routes. » — D’un point de vue économique, peut-être mais PAS d’un point de vue social. L’humain passe en deuxième après l’argent dans ce type d’argumentaire pro-PPP où, en plus, l’auteur tente de lier la relative légitimité du péage (horrible modèle de double-taxation) à celle de la taxe sur le carburant (actuellement en place et tout aussi discutable).
  • « Le péage est toutefois plus précis que la taxe sur les carburants puisqu’il peut être modulé pour facturer des montants différents selon le moment de la journée et ainsi contrer les embouteillages. » — Alors ça, c’est juteux! C’est certain qu’en « modulant le prix du péage », on filtre tous ces automobilistes qui n’ont plus les moyens de se rendre au travail aux heures dites « de pointe » ou encore, on les force à payer encore plus cher pour avoir « le droit » de gagner leur vie. C’est très pro-PPP et anti-humaniste, comme plan mais bon, ça sort de l’IEDM alors il ne faut pas s’attendre à autre chose.

Et ça continue comme ça pendant 4 pages pleines (en format .pdf) et ça ne fait qu’encenser les péages, comme si c’était la « merveille économique » qu’on attendait tous!

Les citoyens devraient être très inconfortables quand un économiste, formé (à la maîtrise) en Angleterre, vient essayer de vendre sa salade « en faveur des routes à péages » aux Québécois qui, eux, devront faire les frais de cette nouvelle forme de taxation.

4$ par passage le matin, ça vous dit?

Et ensuite, 4$ par passage le soir, ça vous tente?

8$ dollars de plus, à chaque jour de la semaine, à « dépenser » pour aller gagner votre vie, c’est ÇA que vous voulez?

Mathieu Laberge a-t-il vraiment raison de vous « vendre » aux vertus du péage, sur nos routes?

Ça va vraiment vous rendre heureux de vous faire vider les poches, matin et soir (et plus, si vous avez le malheur d’avoir une « vie sociale »)?

Gardez à l’esprit que ce sont des documents de ce genre qui sont rendus disponibles, via le site web de l’Agence des partenariats public-privé du Québec. Ça en dit long sur la toute petite place qu’ils réservent aux citoyens comparé à celle, énorme, des intérêts des « grands exploitants privés ».

Alors si vous riez encore de ceux qui crient au scandale en prévenant que « le Québec est à vendre » et bien, cessez de sourire parce qu’il semble que ce soit bel et bien le cas.

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260 employés du JdeM en lock-out

Après Québec, voilà que c’est à Montréal que Quebecor a de difficulté à s’entendre avec ses employés.

En effet, la direction du Journal de Montréal a décrété un lock-out contre les 260 employés syndiqués du quotidien (propriété de Quebecor), dans la nuit de vendredi à samedi.

Il s’agit du 1er conflit de travail pour les employés du JdeM depuis la création de leur syndicat, il y a plus de 40 ans mais dans un message aux lecteurs publié aujourd’hui, la présidente et éditrice du journal, Lyne Robitaille, a affirmé que cette décision était inévitable.

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La direction du journal et le Syndicat des travailleurs (affilié à la CSN) ont une lecture bien différente de la situation en cours qui, faute de dialogue productif, le conflit risque de s’envenimer encore davantage.

Rappelons que le Syndicat livre bataille pour sauvegarder des privilèges dans un monde qui, selon la direction du journal, n’existe plus. En clair, la direction veut que les employés en fassent plus, sans compensation supplémentaire.

Par exemple, la direction du journal veut que la semaine de travail passe de 30 à 37 heures.

Sans dire qu’il s’agit d’une demande déraisonnable, ce n’est pas clair qu’une telle mesure aurait pour effet d’améliorer le produit final mais il est certain que ça ferait plaisir aux comptables dont le travail consiste à couper, couper et re-couper… jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien, sauf pour la direction qui, elle, paie les comptables et donc, semble systématiquement immunisée contre leurs « suggestions » de coupures.

Alors que de nombreuses Québécois militent en faveur d’une meilleure conciliation travail-famille, notamment grâce à une semaine de travail de 4 jours, voilà que la direction du JdeM veut briser un modèle qui fonctionne bien pour le remplacer par le modèle de 5 jours.

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Ça semble enfantin ou capricieux de se battre pour une semaine de 4 jours mais tous ceux qui travaillent 5 jours savent trop bien à quel point une journée de plus avec leur famille pourrait faire toute la différence. Et soyons réalistes, 4 jours de travail intensif valent amplement 5 jours de travail « Ã  la course » parce qu’on a plus cette 5e journée pour s’occuper du reste de notre vie.

Il faut comprendre les employés syndiqués du JdeM qui se battent pour maintenir leurs acquis.

Ni les employés, ni les lecteurs ne gagneront au change.

Les seuls gagnants seront les comptables, qui auront leur beau « no-nosse » pour avoir « diminué les dépenses » et la direction qui, grâce à ces économies, pourront décider, entre autres choses, de bonifier leur salaire!

Enfin bref, ce combat, comme bien d’autres, c’est d’un part, les riches patrons et de l’autre, les travailleurs de la classe moyenne qui se battent pour conserver un minimum de dignité… et un travail qui ne détruit pas systématiquement leur vie familiale.

Dans les jours, les semaines et les mois qui viennent, vous entendrez la direction et le Syndicat se lancer des arguments à la figure mais il faut savoir qu’au fond, cette guerre de mot n’est rien d’autre qu’une manÅ“uvre par un riche opérateur (oligopolistique) de journaux d’exercer encore plus de pouvoir sur ses employés.

Lorsqu’on lit ce que Quebecor demande, selon le Syndicat, c’est assez navrant…

  • le licenciement d’environ 75 employés du journal;
  • l’élimination du service de la comptabilité;
  • des diminutions de salaire de 25% pour le personnel des petites annonces;
  • une augmentation de 25% de la semaine de travail sans rémunération additionnelle;
  • une réduction de 20% des avantages sociaux pour l’ensemble des travailleurs; et
  • des conditions inférieures pour les nouveaux employés.

Tout ça au sein d’un journal qui fonctionne très bien, au plan financier.

C’est inquiétant, surtout pour les nouveaux employés qui ne connaitront probablement jamais les bonnes conditions de travail de leurs aînés.

Selon Denis Bolduc, représentant du Journal de Québec durant le lock-out de 14 mois qui s’est terminé l’été dernier, la société éditrice Quebecor serait encore plus exigeante avec ses syndiqués de Montréal qu’elle ne l’a été avec ceux de Québec.

Précisons que comme lors du lock-out de Québec, Quebecor continuera de publier le JdeM durant ce nouveau conflit de travail.

Il y a beaucoup de questions d’éthique qui se rattachent à ce conflit de travail et la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) ne se gêne pas pour le rappeler.

lecture_du_jdem_par_un_employe_syndique

L’entêtement de Quebecor a parvenir à une intégration complète de ses différentes plateformes agace de plus en plus de personnes qui redoutent qu’une telle approche nuise à la diversité des sources de l’information que l’on peut consulter, via des platesformes qui devraient miser sur leurs particularités et non viser l’uniformisation à tout prix.

Souhaitons de la clairvoyance à la direction et du courage aux syndiqués car si l’on se fie aux positions bien campées des deux partis, ce conflit ne semble pas en voie de se régler rapidement.

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