La police de Laval patrouille la station de métro Montmorency, à Laval.

C’est mercredi dernier, le 13 mai 2009, en fin d’après-midi, que deux agents de la police municipale, en devoir, s’en sont pris verbalement et physiquement à une femme qui a simplement usé de son propre bon jugement.

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Voici d’abord ce que l’on sait à propos de cette jeune victime, nommée Bela Kosoian (merci au blogue de Pierre Cayouette pour certains détails)

  • Née dans la république de Géorgie, du temps de l’ex-URSS;
  • Âgée de 38 ans;
  • Mère de 2 enfants;
  • Étudiante en droit international, à l’UQAM;
  • Aucun antécédent judiciaire (rien de publié, du moins);
  • Citoyenne modèle.

Ensuite, voici le récit de ce qui lui est arrivé (merci au blogue de Mr Nick pour certains détails)

  • Elle venait d’entrer dans la station Montmorency lorsqu’elle s’est rendu compte qu’elle n’avait pas suffisamment de monnaie (dans ses poches) pour payer son passage;
  • Elle s’est engagé dans l’escalier mobile;
  • Elle s’est penché légèrement vers l’avant pour chercher de la monnaie dans son sac à main;
  • C’est à ce moment que 2 policiers de Laval lui ont ordonné de mettre une main sur la rampe;
  • Elle n’avait aucune idée de ce disaient les policiers qui ont dû répéter 2 ou 3 fois leur ordre avant qu’elle ne comprenne vraiment la teneur de leurs propos;
  • Elle a répondu qu’elle n’avait pas « une troisième main pour tenir la rampe »;
  • C’est à ce moment que l’intervention policière a sérieusement dérapé;
  • Elle affirme que les 2 agents l’ont…
    • empoignée;
    • menottée (très serré, au point de la blesser); et
    • emmenée dans une cellule située près des tourniquets.
  • Elle a refusé de fournir une pièce d’identité aux policiers et a exigé —à juste titre— qu’on lui dise de quel crime on l’accusait;
  • De plus, elle a demandé à parler à un avocat mais les policiers ont refusé, net;
  • Les policiers se sont néanmoins permis de fouiller son sac;
  • Au bout de vingt longues minutes, elle a finalement été soulagée de l’étreinte douloureuse de ses menottes puis, libérée de sa cellule;
  • Les policiers lui ont aussi remis 2 contraventions…
    • la première, au montant de 100$ pour avoir « désobéi à une directive ou à un pictogramme »; et
    • la deuxième, de 320$ pour avoir (supposément) « entravé le travail d’un inspecteur dans l’exercice de ses fonctions ».
  • Elle n’a reçu aucune excuse, à ce jour, des policiers ou de la police de Laval.

Et à ce jour, elle conserve de sérieuses séquelles de cette intervention policière…

  • Elle porte toujours une marque profonde au poignet droit, signe de la violence physique dont elle a été victime;
  • Elle a déclaré avoir du mal à dormir, depuis le jour de son arrestation;
  • Elle n’accepte pas d’avoir été traitée comme une criminelle et emprisonnée, elle qui est une citoyenne modèle et une mère de famille exemplaire;
  • Elle devra endurer un pénible processus judiciaire pour contester les amendes qui lui ont été imposées.

Pour couronner cette situation absurde, inacceptable et complètement irrecevable de la part de policiers en service, la porte-parole de la police de Laval, Nathalie Laurin (NL), a été encore plus loin…

  • NL assure que tout a été fait selon les normes édictées par la STM — mais ces « normes » sont impossibles à trouver, via le web… et NL ne donne aucun détail concernant l’endroit où l’on pourrait retrouver ces « normes »;
  • NL ajoute que « Ce sont les règles de la STM. Si ma mémoire est bonne, même le simple fait de s’asseoir par terre dans une station de métro peut mener à une amende. » — elle n’a pas mentionné l’agression verbale, les menottes et la détention en cellule mais elle y a sûrement pensé;
  • NL dit aussi « Si la dame avait dit ‘d’accord, pardon’ et qu’elle avait mis sa main sur la rampe, ça se serait terminé là. C’est son entêtement à refuser de mettre sa main sur la rampe […] Quand les policiers le lui ont répété 2 ou 3 fois, à ce moment, elle était évidemment en infraction et ils n’avaient pas le choix d’appliquer ce règlement. » — alors maintenant, il faut dire « pardon » à des policiers qui nous empêchent d’utiliser notre bon jugement? C’est de la tyrannie, ça, chère NL. Ce sont les Nazis qui ont perfectionné l’art de tordre les règles obscures à leur avantage pour obtenir ce qu’ils voulaient.

Nathalie Laurin a déclaré plein d’autres choses mais pour l’heure, il importe de dire que…

  • Les agents zélés qui ont mené l’opération policière ne se sont pas excusés (ou même exprimé un quelconque remord);
  • La police de Laval ne s’est pas excusé et a même explicitement approuvé le travail des policiers (comme le faisait la Gestapo allemande d’Hitler, au diable les droits de la personne — vive les règles obscures dont personne n’a entendu parler);
  • La police de Laval n’a toujours pas expliqué pourquoi ses agents ont refusé de dire à la victime…
    • pourquoi elle était emprisonnée; et
    • pourquoi elle n’avait PAS LE DROIT de contacter un avocat.
  • La mairie de Laval n’a toujours pas présenté d’excuses ou fait révoquer l’amende complètement ridicule qui a été émise;
  • La STM n’a présenté aucune excuse pour le traitement réservé à Mme Kosoian.

La police de Laval a beau couvrir ses arrières en multipliant les déclarations arrogantes, basées sur des détails réglementaires obscures, ça n’emêche pas un courant de colère sans précédent de bouillir, dans la population.

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À peu près tout le monde qui a pris le métro un jour a omis de tenir la rampe.

Est-ce que les policiers vont se mettre à distribuer des amendes à tous ces passagers, pour la plupart des citoyens modèles?

Il n’y a pas de place, au Québec, pour des policiers qui manquent de discernement et de jugement, dans l’exercice de leurs fonctions. Ces deux agents et tous ceux qui auraient autorisé l’emprisonnement de cette jeune mère de famille doivent être congédiés et poursuivis au criminel pour s’être comportés de manière totalement indigne de leur uniforme.

Ces deux policiers —et on connaîtra un jour leur identité— jettent la honte sur tout leur service de police.

Nathalie Laurin qui s’est appliqué à défendre leur intervention sans montrer le moindre signe de regret en regard de l’expérience très pénible de la victime, Bela Kosoian, mérite aussi d’être congédiée pour outrage à la société civile.

On assiste, dans certains « grands médias », à l’auto-justification d’une poignée de policiers arrogants qui s’appuient sur une règle sombre qui n’est même pas consultable, via le web et donc, à peu près impossible à connaître. Il existe bien une petite pancarte jaune à l’entrée de la station de métro Montmorency mais rares sont ceux qui l’ont déjà vue… ou comprise.

Que ce soit clair: les Québécois disent NON à la tyrannie policière et à l’oppression réglementaire.

Mme Kosoian a raison d’en avoir gros sur le cœur à propos de ce qui lui est arrivé et il va falloir que tous les Québécois qui refusent l’établissement d’un État policier se lèvent pour la défendre.

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