Vous avez bien lu, la chaîne de boutiques de vêtements Mexx est en faillite.

La compagnie internationale dont le siège social est situé à Amsterdam, aux Pays-Bas, en a fait l’annonce hier, le jeudi 4 décembre 2014, un moment de l’année où l’on s’attend que les commerçants de vêtements nous annonceraient qu’ils font des affaires d’or, à quelques semaines de la période des Fêtes.

Julia Hansen, présidente de Mexx, a précisé que toutes les unités commerciales, tant au Canada qu’ailleurs dans le monde, notamment aux Pays-Bas, étaient touchées. On parle de 2,800 employés en tout dont 2,250 dans ses boutiques. Au Québec, Mexx emploierait quelques 750 personnes dans des boutiques qui, jusqu’à nouvel ordre, demeurent ouvertes.

La nouvelle a eu l’effet d’une douche froide sur les employés de la chaîne de vêtements mais aussi sur les clients qui n’en savaient fort probablement rien.

Le ralentissement économique en Europe et des pressions promotionnelles auraient nui à Mexx au point de mener la compagnie à la faillite, la forçant du coup à trouver un repreneur. Rappelons que depuis 2011, Mexx appartenait à la firme californienne d’investissement Gores Group.

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Se pourrait-il que la consommation de vêtements plutôt luxueux, comme ceux qu’on retrouve généralement chez Mexx, ait connu une baisse? Les consommateurs ont-ils encore les moyens de dépenser une somme plus importante pour leurs achats de vêtements?

Il n’y a pas qu’en Europe où l’austérité ait une incidence sur les choix de consommation. Au Québec aussi, les contribuables sentent qu’ils vont devoir vivre avec des taxes, impôts et frais divers sans cesse plus importants ce qui a nécessairement un impact sur les choix de consommation. On peut penser qu’en période de vache maigre, avec des emplois précaires et des lendemains économiques incertains, les premiers achats éliminés sont ceux qui ont trait au luxe.

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Sans prétendre que Mexx versait dans le luxe ostentatoire, ses collections de vêtements ont une étiquette de prix passablement plus épicée que les vêtements plus « génériques ». Les consommateurs, en période de plus grande rigueur budgétaire, vont probablement se contenter de moins de qualité quitte à obtenir la fonctionnalité dont ils ont besoin, avec un peu de style, lorsque c’est possible.

Ainsi, ce qui arrive à Mexx a peut-être tout à voir avec un contexte économique ponctuel mais persistent et rien à voir avec le style des vêtements vendus qui, selon toute vraisemblance, continuent d’intéresser une clientèle qui aime se gâter… mais en ce moment, on se gâte moins.

Plusieurs commerçants ressentent, eux-aussi, une grande concurrence et une difficulté à maintenir leur pleine rentabilité. Que ce soit la concurrence directe ou indirecte avec de petites boutiques concurrentes ou des immenses surfaces comme Costco et Walmart, les ventes escomptées pour la période des Fêtes pourraient ne pas être au rendez-vous.

L’inquiétude des opérateurs de boutiques de vêtements semble plutôt généralisée. C’est assez pour qu’on se demande s’il n’y aurait pas des actions qui pourraient être prises pour relancer l’intérêt des consommateurs. Moins de taxes? Moins d’austérité? Moins d’incertitude? Pas évident de trouver LA solution pour éviter d’autres nouvelles de faillites.

Les amateurs des vêtements Mexx verront-ils leur marque rachetée par un nouvel investisseur ou est-ce la fin d’une grande marque internationale?

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