Vous rappelez-vous de votre jeunesse? Si vous avez dans la quarantaine et plus, vous avez connu l’époque ou la programmation télévisuelle était offerte gratuitement.

Peu de postes et une programmation comparativement plus limitée qu’aujourd’hui mais la gratuité la plus complète, à condition d’avoir bien ajusté les antennes, vers la tour de diffusion VHF ou UHF.

Pour Québec, les ondes-télé étaient émises depuis 3 tours principales, soit celles du Mont-Bélair, de l’Île-d’Orléans et du complexe G. Il y avait aussi la tour de TVA, au cœur de Ste-Foy.

On allumait la télé et voilà, sans payer pour la programmation, on se laissait divertir.

Aujourd’hui

Netflix est un service par abonnement mensuel duquel vous pouvez vous désabonner, quand vous voulez et sans aucune pénalité. À partir de 7,99$ par mois, vous avez accès à une programmation taillée sur mesure, pour toutes les clientèles.

Les petits enfants, les enfants un peu plus vieux, les adolescents et tous les groupes d’âge ont des dizaines de milliers de sélections d’émissions à découvrir, dans la nébuleuse Netflix.

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Films récents, séries télévisées à succès et même, des productions télévisuelles uniquement destinées aux abonnés de Netflix vous assurent un divertissement satisfaisant, qu’importe l’heure du jour ou de la nuit. Et vous choisissez exactement ce que vous voulez, sans jamais être embêté par les annonces.

La concurrence, quelle concurrence?

Il y a de quoi pulvériser le modèle d’affaires des concurrents-dinosaures comme Bell avec sa télé Fibe, Vidéotron avec décodeur illico et les Rogers, Telus et Shaw de ce monde.

Pourquoi un abonné de Netflix continuerait-il à payer entre 40$ et plus de 120$ par mois pour un service plutôt médiocre alors que Netflix offre une sélection absolument incomparable pour moins de 10$ par mois?

Ça explique pourquoi Bell a récemment ajouté une application facultative à son service de télé Fibe. Vous l’aurez deviné, c’est l’application Netflix! Ça n’empêchera pas la saignée de clients qui cancellent leur « service télé » dans leur forfait mensuel de Bell mais c’est une stratégie qui leur permettra —peut-être— de ralentir l’hémorragie.

Netflix offre une sélection d’abord anglophone mais un fort pourcentage des sélections populaires ont des sous-titres en français ou mieux, la traduction en français et plus souvent qu’autrement, c’est en « canadien français » ce qui est bien plus agréable que le « français de France » où il arrive trop souvent qu’on se perde dans les « localismes » incompréhensibles, sans les référents culturels français. Enfin bref, c’est toujours en anglais et assez souvent, en français. Si vous voulez pratiquer votre anglais, mettez les sous-titres en français et laissez la bande sonore anglaise. Facile et redoutablement efficace, à la longue.

Alors voilà, Netflix a conquis le cœur des Canadiens mais aussi, des Québécois. Il n’y a pas de chiffres officiels, publiés par Netflix pour le nombre d’abonnés dans notre province mais à parler un peu, à gauche et à droite, on se rend vite compte qu’à peu près tout le monde qui aime le divertissement paie sa petite facture mensuelle, chez Netflix. Et les clients, à l’évidence, semblent très satisfaits. Fini le club vidéo, fini les DVDs ou les Blu-ray. Et surtout, fini les coûteuses factures aux Bell, Vidéotron, Rogers, Telus et Shaw pour de la télé poche et bourrée d’annonces abrutissantes (avec le son « jacké » et les annonceurs exaltés).

Nous vivons maintenant à l’heure de Netflix et Bell, Vidéotron, Rogers, Telus et Shaw demeurent toujours aussi ARROGANTS avec leur programmation à ras-le-sol, vendue à prix fort. Le seul message que ces compagnies puisse comprendre, c’est lorsqu’un « abonné » les quitte. À part ça, ils se balancent complètement de vous. Complètement.

Alors voici l’ère Netflix, en chiffres

Vous voulez voir à quel point Netflix fait l’affaire des gens? Allons-y avec quelques chiffres (datant du 18 avril 2016) pour se mettre en contexte.

Il y a présentement 81 million d’abonnés, dont 34 millions à l’international (à l’extérieur des États-Unis), ce qui donne une proportion de 42% de leurs clients, à l’extérieur des États-Unis.

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À chaque mois, les abonnés de Netflix sont réputés regarder quelques 10 milliards d’heures. C’est énorme!

Si l’on se fie aux statistiques d’écoute, il y aurait pas moins de 70% des abonnés de Netflix qui regarderaient de manière compulsive leurs séries. Autrement dit, sans annonces et sans avoir à attendre « la semaine prochaine » pour écouter leur série, les gens se tapent la série au complet en quelques jours. Quand c’est bon, c’est bon. C’est la nature humaine de s’empiffrer dans ce qui nous intéresse et c’est la même chose, dans l’univers de divertissement de Netflix.

Ça ne fait assurément pas l’affaire de Netflix mais il y a un certain « lousse » à cet égard, à savoir que 30% des abonnés de Netflix partagent leurs codes d’accès, afin que d’autres personnes qui ne paient pas leur abonnement mensuel puissent, eux aussi, profiter de Netflix.

Il est probable que Netflix considère cette générosité malvenue et bienvenue, à la fois. Malvenue parce que ça leur fait perdre des revenus, en assumant que ceux qui reçoivent les codes d’accès auraient bel et bien choisi de payer, autrement et bienvenue parce qu’au fond, c’est une forme de publicité gratuite. Et franchement, entre vous et moi, quelle compagnie n’aime pas recevoir de la publicité gratuite?

Pas juste les autres

Si vous êtes un abonné Netflix, il y a surement des journées où vous écoutez plus de films que d’autres. À vrai dire, il est possible que vous passiez plusieurs jours sans même accéder à Netflix mais en moyenne, sur le total des abonnés, c’est 1,8 heures par jour que les abonnés passent à télécharger du contenu.

Que les gens regardent ou non, ça revient aux abonnés eux-même mais Netflix téléverse énormément de données à ses abonnés, à chaque jour, à raison de 45 Go, par mois, en moyenne.

Briller par originalité

Un autre front où Netflix pulvérise sa compétition comme Bell, Vidéotron, Rogers, Telus et Shaw, c’est le contenu original qui rejoint 90% de ses abonnés.

Alors que Netflix a produit pour 450 heures de contenu original en 2015, c’est 600 heures qui sont au menu, pour 2016. De quoi réjouir les fans de House of Cards, Marco Polo, Orange is the New Black et même un incroyable documentaire sur Tony Robbins (A Date With Destiny).

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C’est avec ce genre de contenu que Netflix se positionne de manière encore plus avantageuse contre une concurrence qui s’éloigne progressivement des désirs des téléspectateurs.

Le futur?

Et bien, déjà, 79% des milléniaux américains sont abonnés à Netflix.

Ça signifie que la concurrence de Netflix n’a plus beaucoup de temps pour inventer une meilleure offre, pour intéresser les gens.

On pense à YouTube, à Crave TV, Amazon TV, Hulu (et Hulu Plus) et bien d’autres qui tentent de se faire une clientèle via les médias sociaux, en s’appuyant sur YouTube, DailyMotion ou Vimeo.

Dans les niches, on retrouve d’excellents canaux avec des variétés étonnantes d’émissions. Il y a de la place pour ces concurrents mais Amazon et Hulu, eux, visent Netflix, dans son aspect le plus général possible.

Pour les consommateurs, il n’y a que du bon avec ce mode de distribution infiniment plus abordable que les forfaits-télé des calo-distributeurs locaux ou nationaux.

Autrement dit, il n’y a que du bon à suivre la montée de Netflix et des concurrents qui veulent faire mieux que le leader, en ce moment.

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