Ce matin, les automobilistes qui devaient emprunter le Pont Champlain ont dû prendre leur mal en patience. Et ce n’est que le début puisque des travaux pourraient avoir lieu sur une base régulière, au cours des prochains mois alors que de nouvelles failles apparaissent, ça et là sur la structure portante du pont.

Il faut souligner que le Pont Champlain est le plus utilisé au Canada et son piteux état découle directement d’un manque d’entretien, au cours des dernières décennies.

Les températures plutôt rudes du Québec devraient convaincre nos élus de l’importance d’investir pour maintenir nos infrastructures en bon état mais lorsqu’il est question de se faire réélire, les dépenses de ce genre ne sont pas très populaires alors on se ramasse avec des situations inconvenantes, comme celle du Pont Champlain.

Et des désagréments, il y a pour à peu près tout le monde.

À commencer par les automobilistes qui doivent attendre de longues heures pour accéder au Pont Champlain. Une fois sur le pont, ce n’est pas trop mal parce que c’est une grande ligne droite mais les voies d’accès, elles, ressemblent à des stationnements à ciel ouvert.

Il y a bien l’alternative du transport en commun mais ça ne convient pas à tous les travailleurs. C’est dans des moments comme ceux des heures de pointe du matin et du retour, le soir, qu’on aurait besoin d’une ligne de métro plus à l’Ouest de la ville qui aurait une antenne jusqu’à Brossard. Est-ce qu’un métro pourrait être amené jusqu’à la rive-sud via un tunnel, comme à Longueuil? S’il y a des experts, éclairez notre lanterne!

Mais bon, nous n’aurons pas de métro demain matin et pas de nouveau pont avant l’an 2020 et ça, c’est SI la construction du nouveau pont commençait aujourd’hui.

Québec ne veut pas de péages (ce qui est la bonne alternative) et le Canada de Stephen Harper n’en démords pas, ce seront des péages ou rien du tout. Ouf! Les automobilistes veulent simplement être soulagés! Ne serait-il pas plus opportun de bâtir le pont et se quereller APRÈS sur les modes de « financement »?

Au fond, le principe de l’utilisateur-payeur semble intéressant pour faire payer spécifiquement ceux qui profitent de l’infrastructure mais c’est pernicieux parce que si l’on se fie aux exemples de PPP des autoroutes 25 et 30, ce sont des partenariats public-privé qui enrichiront unilatéralement des TRANSNATIONALES ÉTRANGÈRES pendant au moins 35 ans… avec la bénédiction du gouvernement Charest de l’époque!

C’est clair que Jean Charest avait son lot d’amis dans ce qu’il convient d’appeler le nouvel ordre mondial (c’est le nom que ces géants mondiaux se donnent, publiquement) alors ces deux concessions de péages autoroutiers devaient constituer une forme ou une autre de retour d’ascenseur parce qu’au fond, ça ne fait AUCUN SENS de DONNER ces péages à… des étrangers!

Enfin bref, l’idée d’un péages sur le futur Pont Champlain devrait provoquer la colère des automobilistes qui seront à nouveau pressés comme des citrons mais c’est peut-être trop espérer parce que si l’on se fie aux deux gros péages actuels dans la région de Montréal, les citoyens se sont prosternés devant les transnationales étrangères Acciona (Espagne) et Macquarie Group (Australie) et leurs paient tout ce qu’elles demandent.

Les automobilistes montréalais voient donc plus d’avantages à se faire manger la laine sur le dos avec les péages qu’à tenter de les invalider pour avoir « le droit » de circuler librement —et gratuitement— sur les routes du Québec.

On peut alors comprendre le gouvernement de Stephen Harper, à Ottawa, de pousser pour des péages parce que ça les fera bien paraître devant leur base militante de l’Ouest d’avoir enfoncé un péage, loin dans la gorge des automobilistes québécois, pour leur plus important pont de transit entre l’Île-de-Montréal et sa rive-sud.

Pauline Marois aura beau défendre le libre-accès au futur pont, on peut s’attendre à un péage sur le futur pont… et il sera dispendieux parce que construire un pont, en 2013-2014, c’est comme envoyer un homme sur la Lune, ça engendre des coûts faramineux.

Nous sommes mieux équipés qu’avant pour bâtir un bon pont mais ça semble toujours compliqué de faire quelque chose de cette envergure, au Québec. Le « red tape » québécois continue de saccager notre économie. Tout ça pour le plaisir de bureaucrates tatillons et étapistes qui n’ont pas d’égards pour la capacité de payer des contribuables qui, eux, veulent des résultats concrets, pas des plans qui n’en finissent plus!

Alors les automobilistes de la grande région de Montréal et plus particulièrement de la rive-sud vont devoir endurer des transports de poutres et des fermetures de voies à des moments plus ou moins annoncés.

Ça va coûter très cher à notre économie et sans pont de rechange avant 2020, nous ne sommes pas au bout de nos peines avec le Pont Champlain qui est clairement arrivé à la fin de sa vie utile.

Shares