Rien de plus génial que d’avoir terminé ses et remis son rapport d’impôt pour se sentir libéré de ce poids annuel et pouvoir continuer « le reste de sa vie »!

Un rapport d’impôt, c’est un gigantesque questionnaire où les réponses varient selon votre situation. Ça peut être simple comme dans le cas d’un salarié célibataire sans enfants qui n’est pas encore rendu à la retraite et qui n’a rien à déclarer, outre son relevé de paie annuel. À l’opposé, on retrouve les travailleurs autonomes et les gestionnaires, incluant les propriétaires d’entreprises qui peuvent noircir bien des pages de calcul (souvent via MS-Excel) avant de transposer un seul de ces chiffres sur un feuillet d’impôt!

Autrement dit, en matière d’impôt, il y en a pour tous les goûts… et ça peut devenir complexe, assez vite.

Surtout qu’au Québec, ô bonheur, nous avons 2 rapports d’impôts à soumettre. Revenu Québec (RQ) pourrait disparaître que personne ne s’en plaindrait mais au moins, ils sont plus accessibles que l’Agence du revenu du Canada (ARC) qui REFUSE toute forme de « visite » à ses bureaux.

Avec RQ, il est possible de se rendre à l’un de leurs points de service pour s’asseoir avec un « être humain » pour obtenir des réponses franches à ses questions et ultimement, régler ses dossiers.

Avec l’ARC, ça se passe par téléphone, souvent après avoir reçu un « avis » nous informant qu’une somme supplémentaire nous est demandée parce que le simple mortel que nous sommes a omis de comprendre le proverbial bottin téléphonique de règles à saveur fortement interprétatives et souvent contradictoires, d’un point de loi à l’autre, selon une pléthore de critères. Ce serait diablement plus agréable de parler face-à-face mais pour l’ARC, ça semble être strictement proscrit.

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Alors, comme des millions d’autres Canadiens avant vous, attendez-vous à composer un numéro « caché jusqu’à ce qu’il vous soit dévoilé » comme le 1-855-699-4641 où un agent des services téléphoniques vous répondra du lundi au vendredi (sauf les jours fériés) de 8h15 à 16h30 (HNE). Ne perdez cependant pas votre temps à les appeler si vous n’avez pas votre numéro d’assurance sociale (NAS) ainsi que votre numéro de référence qui vous lie à un dossier « en cours ».

Les appelants qui se qualifient pour une jasette avec un agent trouveront une bonne oreille pour les écouter. Certains agents sont (bien) meilleurs que d’autres mais règle générale, on se sent écouté.

Là où ça se gâte, c’est dans la manière dont le travail est partagé.

Au Québec, la Section de la revue du traitement T1 est située à Jonquière. En fait, ça pourrait être situé sur la planète Pluton que ça ferait la même affaire parce qu’il est strictement interdit de les contacter directement, en personne ou par téléphone. Ces Jonquièrois n’acceptent que les lettres manuscrites, les courriels ou les télécopies. Pratique pour certains mais ultra-frustrant pour la majorité.

Si on revient à nos agents des services téléphoniques, ils ne peuvent que SPÉCULER sur ce qui est passé dans la tête du « réviseur » à Jonquière pour qu’il vous envoie un avis de cotisation, généralement basé sur des règles tellement byzantines et absurdes que personne ne l’avait vu venir. Ni vous, ni votre comptable. L’ARC regorge de ces règles idiotes et anachroniques qui font le bonheur des « réviseurs » de l’agence qui sont en manque de « valorisation » aux yeux d’un quelconque patron. Et la machine à saucisses s’emballe avec des rivières d’avis de cotisation qui s’en vont au gré du courrier qui part de Jonquière!

La rivière d’avis qui deviendront « une affaire de plus » à traiter par des millions de Canadiens. Une spectaculaire perte d’énergie, de temps et d’argent pour des contribuables qui ont bien d’autres chat à fouetter que de satisfaire au zèle sans fin d’un pousseux de crayon basé à Jonquière… qui REFUSE qu’on puisse lui parler mais qui nous forcera, éventuellement, à parler avec le service téléphonique qui, lui, ne fournira AUCUNE RÉPONSE ni AUCUN DÉTAIL pour régler le dossier et qui, lui non-plus, ne pourra JAMAIS parler avec le « réviseur », à Jonquière, qui a lancé cette épisode d’une absurdité sans fin.

Alors, vous finirez par être obligés d’envoyer UNE TONNE DE PAPIER à propos de votre vie pour tout justifier. Des papiers qui partiront au loin, à Jonquière et qui aboutiront entre les mains d’un PARFAIT INCONNU qui saura alors à peu près tout de vous. Tout pour se sentir comme David contre Goliath. Un Goliath invisible qui n’en finit plus de sortir des « exceptions » dans la loi de l’impôt pour vous faire suer, pour chaque demande de déduction pour lesquelles vous « osez » croire que vous êtes qualifiés.

Tout ce qui est tellement logique quand vous complétez votre rapport d’impôt avec, disons le logiciel ou le site web d’ImpôtRapide, devient soudainement très flou quand les chiffres arrivent à Jonquière. Là, il se trouve trop souvent un « réviseur » qui se dit expert des clauses méconnues et qui fait briller son savoir en ruinant la vie de dizaines de milliers de contribuables qui ont cru bien faire mais qui ont commis une ou plusieurs erreurs. L’horreur… et le fonctionnaire, lui, n’a à répondre à personne et peut faire du mal à autant de contribuables qu’il le désire (dans les paramètres de son niveau d’emploi) et son emploi n’est jamais en jeu, qu’importe la logique douteuse derrière ses manœuvres.

Pensez-y. Ce n’est pas normal que tant de gens fassent autant d’erreur, en matière d’impôt. Tout ça part d’une loi sur l’impôt qui est interprétative et comme les contribuables peuvent interpréter leurs données, différemment des réviseurs, alors, bonjour les dégâts!

Ensuite, le rapport d’impôt lui-même dit tout et son contraire. Dès que vous voulez déduire quelque chose, des enfants, des médicaments ou des dépenses d’emploi, vous devez composer avec des formulaires qui n’en finissent plus d’avoir de petits caractères qui contredisent les gros titres.

Des millions de Canadiens restent sous l’impression que le rapport d’impôt a été soigneusement conçu pour être complexe. Ce faisant, des dizaines de milliers d’emplois existent, à l’ARC, pour démêler ce bourbier de chiffres où tout le monde fait son possible mais finalement, personne ne s’y retrouve complètement.

Sans aucune déduction, ce serait si simple! Combien vous avez gagné, moins 15% pour le gouvernement et hop, le reste est à vous. Merci, bonsoir. Ce serait le nirvana, en matière d’impôt mais là, on se retrouve à l’autre bout de l’arc-en-ciel où la bureaucratie a gagné et où le gros bon sens n’existe plus, aux yeux de la loi sur l’impôt.

En tant que contribuables pris devant une machine à tourner en rond qui fait penser aux 12 travaux d’Astérix, où le personnage principal devenait fou à satisfaire aux demandes incessantes des fonctionnaires romains, on se demande quelle est la logique d’isoler tout le monde afin que PERSONNE NE SE PARLE, JAMAIS mais bon, il y a bien le fait de laisser le réviseur travailler en paix mais pour le contribuable dont la vie est ruinée par un avis de cotisation sorti de nulle part, c’est une bien mince consolation.

Et si seulement ça fonctionnait, mais non…

Il y a des cas qui se règlent mais généralement, les dossiers traînent en longueur avec un autre bras de l’ARC qui tente de tordre le bras des contribuables pour qu’ils prennent des ententes de paiement AVANT MËME que le cas ne soit réglé avec les gens de l’examen, à Jonquière! La mafia ne se comporterait pas différemment!

L’ARC, dans sa mouture actuelle, n’a aucune âme et ses mandataires semblent contents de sortir des règles des boules-à-mittes pour ruiner la vie des Canadiens en leur refusant des déductions, en leur collant des examens divers et en leur réclamant d’énormes sommes… sans que ceux-ci puissent vraiment se défendre, en parlant avec le réviseur, cet inconnu qui s’immisce dans la vie des honnêtes contribuables qui tentent de s’y retrouver, en matière d’impôt.

Il faut cependant se garder de démoniser les réviseurs de Jonquière. Ils ont le pouvoir de vie ou de mort sur une partie de votre santé financière et ce serait absurde de les pointer. Le problème vient principalement de l’organisation du travail où PERSONNE ne se parle et où l’épée de Damoclès du réviseur peut tomber sur la tête de n’importe qui, pour n’importe quelle règle insignifiante.

Le pire, c’est que les transnationales étrangères font ce qu’elles veulent.

Aucun réviseur de Jonquière ne va aller questionner, par exemple, une transnationale australienne sur les mouvements de trésorie suspects liés à, encore, par exemple, ses livraisons internationales de métaux, à raison de, encore, par exemple, né d’une pure spéculation, quelques 50 milliards de dollars par année… ben non! Il ne faudrait surtout pas déranger les Australiens, surtout que c’est impossible d’aller en Australie pour les terroriser et leur réclamer de l’argent. Le fisc canadien préfère concentrer ses efforts ici pour réclamer quelques milliers de dollars à la plèbe plutôt que d’aller chercher plusieurs milliards de dollars de plus d’une seule compagnie qui ne dit peut-être pas tout.

Ce deux poids, deux mesures vient, en quelque sorte, ajouter l’insulte à l’injure pour des contribuables canadiens déjà pris à la gorge par le coût élevé de la vie et le niveau indécent d’imposition des particuliers.

Mais…

Personne n’a le droit de se plaindre!

Il faut faire comme si on était Jésus Christ en qu’on marchait sur l’eau à tous les jours, à savoir que « nul n’est censé ignorer la loi »! Quelle phrase creuse et inapplicable! Même les meilleurs avocats passent des semaines à préparer leurs grandes cause avant de se présenter au tribunal tellement la loi est complexe. La loi de l’impôt ne fait pas exception et embaucher un comptable n’est absolument pas une garantie d’avoir un rapport d’impôt 100% conforme. Alors on se retrouve à se battre contre des spécialistes de l’impôt qui courent après les cennes, pour justifier leur salaire.

Personne ne voudrait empêcher nos valeureux fonctionnaires de l’impôt de faire leur travail mais ce serait intéressant de les voir jeter leur dévolu sur des milliardaires au lieu d’embêter des contribuables stressés et endettés qui n’ont pas le temps de sauter dans leurs cerceaux.

Les quelques milliers de dollars que l’impôt réclame aux Canadiens visés ont fort probablement déjà été dépensés dans l’économie locale pour faire travailler quelqu’un d’autre. Ce n’est comme dans le cas des transnationales étrangères qui emmènent un maximum d’argent à l’étranger, souvent sans payer tout l’impôt qu’ils devraient et sans que l’ARC puisse y faire quoique ce soit.

Ayant eu l’occasion de discuter avec quelques employés de l’ARC avant de publier ce billet qui se veut d’abord une soupape humoristique et non un cri de guerre (personne ne veut la guerre, personne), les premières victimes de cette gestion en silos sont les employés, eux-mêmes qui ne peuvent exercer à peu près aucun synergie, entre-eux.

Pire, les employés de la révision doivent atteindre des quotas, parfois formels, parfois implicites, pour conserver leur emploi ou aspirer à de l’avancement.

On comprend pourquoi plusieurs d’entre-eux sont aussi désespérés pour « prendre » les contribuables au jeu pervers de l’impôt. La Canada devrait avoir honte de mettre ce genre de pression sur ses employés ce qui, par extension, nuit considérablement à la vie de ceux qui reçoivent ces avis de cotisation sortis de nulle part.

On pourrait jouer les béni-oui-oui et faire comme si c’était donc NORMAL de se faire « pointer » pour des cotisations jusqu’à 6 ans passés mais au fond, c’est un mécanisme de terreur exercé par des employés qui sont poussés à le faire par une structure malade qui s’acharne sur les petits contribuables tout en prenant soin de ne pas embêter les ultra-riches avec leur armée de fiscalistes, de comptables et de spécialistes en paradis fiscaux.

En tant que contribuables, il faut cependant remercier tous les répondants téléphoniques, les réviseurs, les gestionnaires et autres fervents défenseurs des contribuables qui œuvrent, depuis l’interne, à l’ARC, pour faire changer les choses afin d’arrêter de terroriser les petits contribuables pour de petites cotisations qui, au final, n’en valent tout simplement pas la peine.

Un mot aussi pour nos députés qui font un effort pour aider les contribuables qui ont des problèmes avec l’impôt et qui ont besoin d’aide. C’est à souhaiter que ceux-ci profiteront de leur siège de député, à Ottawa, pour simplifier DRAMATIQUEMENT l’ARC et son mandat afin d’éliminer la confusion et promouvoir une meilleur équilibre entre l’immense imposition des citoyens et la petite contribution des entreprises — un mécanisme qui tue notre pays par le jeu empoisonné de la concentration de la richesse.

Alors voilà, un billet sur l’ARC qui vous aura fait rire, souhaitons-le!

Au fond, c’est facile de rire de l’impôt parce que les règles n’en finissent plus et il faut une armée d’individus pour maintenir à flot cette lourde structure qui —au lieu de s’améliorer— continue à sombrer dans la complexité, l’incompréhension générale et les contradiction.

Si vous avez de bonnes histoires à propos de l’impôt, soyez respectueux et ne dévoilez pas de noms ou de détails mais de grâce, faites-nous rire et publiez un commentaire.

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