Avant 2012, transiter par un des grands aéroports américains était lent mais pas aussi lent que depuis 2012 où le Transport Security Administration (TSA) a semble-t-il décidé d’être encore plus zélé pour ses fouilles.

Mais malgré ces ralentissements qui allaient en empirant, ce n’était rien comparé au week-end du 28 mai 2016 où, là, les files s’étendaient sur des distances apparemment inédites.

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Même si plusieurs agents du TSA semblent briller par leur incompétence, le processus de fouilles demeure un immense irritant pour les voyageurs qui, pour la quasi-totalité sont d’honnêtes citoyens qui empruntent l’avion par affaires ou par plaisir mais pas pour commettre un acte de terreur, dans l’avion dans lequel ils se préparent à monter.

New York, Chicago, Los Angeles et Atlanta sont les plus grands aéroports et incidemment, c’est là où il y a eu les pires files d’attentes, aux fouilles.

D’ailleurs, le mot clic #IHateTheWait a connu des records d’usage dans Twitter alors que les passagers mécontents se plaignaient de la perte de temps. Les fouilles ne fonctionnaient tout simplement plus de façon fluide. C’était le bordel. Ni plus, ni moins.

Raisons

Vendredi, le 27 mai 2016, le Congrès des États-Unis a accordé une enveloppe spéciale de 34M$ (ce qui n’est rien, toutes proportions gardées) pour payer les heures supplémentaires des employés de la TSA et en embaucher 768 nouveaux sous peu, en plus d’affecter davantage de chiens renifleurs pour alléger le temps passé aux fouilles. Or, selon le syndicat de la TSA et d’autres observateurs, toutes ces mesures demeurent insuffisantes puisque c’est quelques 6,000 employés de plus qu’il faudrait engager pour entrevoir un retour à la normale.

Le problème, c’est que ça pourrait prendre plusieurs mois avant que ces mesures ne donnent des effets (bénéfiques) aux zones de fouilles et là, on commence la saison estivale où l’achalandage des aéroports américains est plus élevé.

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Et on souligne aussi le problème des frais excessifs sur les bagages (et leur poids qui doit être de plus en plus léger). Puisque les passagers ne veulent plus payer pour confiner leurs bagages dans la soute, ils en emmènent autant qu’ils peuvent dans leurs bagages à main qui doivent, incidemment, être inspectés dans la zone de fouilles, de la TSA.

Ça augmente encore plus le temps d’attente, pour tout le monde, même ceux qui n’emmènent qu’un tout petit bagage à main. Mais aucune compagnie aérienne ne semble intéressée à baisser ses frais pour le poids des bagages en soute alors ce problème des trop nombreux bagages à main va probablement aller en empirant.

Les voyageurs qui passent par ces aéroports surchargés vont être pris pour prendre leur mal en patience.

Réalité internationale

Ce n’est pas un hasard si ce sont les grands aéroports américains où les fouilles sont beaucoup plus pénibles.

C’est là où arrivent des avions, bondés de centaines de passagers, depuis des pays présentant un plus haut niveau de risque, comme l’Arabie Saoudite ou la Chine.

Lorsque ces passagers veulent transiter pour un autre vol, depuis les États-Unis, ils doivent absolument passer aux fouilles et des problèmes de langue ou de culture peuvent ralentir le processus normal, au point de donner l’impression d’avancer à la vitesse d’une tortue.

Le travail des employés du TSA américain n’est pas toujours évident. La loi leur exige de poser des gestes qui indispose les gens. Ça créé des frictions et ça ralentit le rythme des fouilles. Il faut quand même s’y attendre mais justement, ça devrait envoyer un signal au TSA qu’il faut davantage de personnel ou de ressources pour que les fouilles cessent d’être un goulot d’étranglement pour les voyageurs qui, pour un bon nombre, doivent se rendre à leur quai d’embarquement pour leur prochain vol. S’ils manquent ce vol, ils sont pris pour attendre le suivant et ça peut causer aussi bien des désagréments que des dépenses supplémentaires. Et le TSA se lave les mains de ces problèmes, pourtant causés par son incapacité à s’acquitter rapidement de la fouille des passagers.

Nouveau danger

Avec autant de pression sur les fouilles, il se pourrait que les agents du TSA finissent par ne plus aussi bien détecter les dangers.

Qui sait ce qu’un terroriste pourrait passer sous le nez des agents qui peinent à effectuer leur travail, dans un contexte de plus en plus stressant.

Ironiquement, ce système byzantin d’invasion de la vie privée des citoyens qui a été mis en place —en théorie— pour les protéger pourrait donc éventuellement les exposer à de nouveaux dangers.

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Auparavant, les agents de fouille s’occupaient des cas louches et ils étaient très efficaces pour les détecter mais maintenant, tout le monde est un suspect.

La démesure pourrait finir par nous coûter notre sécurité.

Éviter les États-Unis

Oui, même l’aéroport d’Orlando est engorgé alors si vous pouvez atterrir ailleurs, dans un plus petit aéroport régional, pour aller visiter Disney, faites-le.

Si vous allez au Mexique, essayez de prendre un vol direct vers Mexico et transitez depuis cet endroit.

Même logique pour l’Amérique Centrale, allez directement à Panama City et prenez un plus petit avion pour finir votre trajet, vers le Costa Rica, par exemple.

Ça pourrait coûter un peu plus cher mais c’est mieux qu’être pris, comme du bétail humain, dans un des gros aéroports américains où les fils se forment à perte de vue.

À vous de voir si le passage par un grand aéroport américain pour attraper une correspondance en vaut vraiment la peine.

Les vols directs devraient gagner en popularité puisque c’est la seule façon d’éviter une fouille, à votre arrivée.

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